L’esclavage, côté négriers (le musée de l’Armateur au Havre)

La ville du Havre, bombardée en 1944, a réussi à conserver une maison de négociants, construite en 1790. Elle témoigne d’un patrimoine et d’une classe sociale, celle de grands commerçants, enrichis par la traite négrière. Car, comme Nantes ou Bordeaux, Le Havre a un passé négrier. Dans la cité normande, l’esclavage est vu sous l’angle des commanditaires du commerce triangulaire. D’où cette impression ambivalente lors de la visite : un riche patrimoine, conservé en l’état, est le témoin en creux d’un marché honteux. À visiter notamment le 10 mai, journée commémorative de l’abolition de l’esclavage dans l’Hexagone, commémoration fixée le 27 avril à Mayotte, le 22 mai en Martinique, le 27 mai en Guadeloupe, le 10 juin en Guyane, le 20 décembre à La Réunion.

Reportage : Images : Leïla Zellouma ; son : Bernard Blondeel ; montage : Harold Horoks.
Interview : Elisabeth Leprêtre, Directrice des musées historiques de la ville du Havre.

Voir la Maison de l’Armateur. sur le site de la ville du Havre.

Ferrailler pour battre le record de traversée du Pacifique

Quand l’actualité du Pacifique rattrape la fiction des Caraïbes…

Paraît aujourd’hui au Diable Vauvert dans sa traduction française (par Sara Doke) le livre palpitant — et hautement recommandé — de l’Américain Paolo Bacigalupi, un roman d’anticipation pour adolescents. Les ados héros du roman, eux, rêvent d’un ailleurs à la fin du XXIe siècle, de beaux clippers et d’une morale de vie dans une Louisiane dévastée par les chamboulements climatiques et les tempêtes tueuses de villes.

A été annoncée hier une tentative de record du Pacifique à la voile par l’équipage d’Alain Thébault, sous le titre publié dans Le Télégramme : « L’Hydroptère veut y retourner » : « Alain Thébault et ses trois équipiers (Yves Parlier, Jacques Vincent, Jean Le Cam) se lanceront, à partir de la fin mai, à l’assaut du record de la traversée du Pacifique entre Los Angeles (Californie) et Honolulu (Hawaï) avec l’Hydroptère.

« L’enjeu sera de contrôler la vitesse du bateau, de ne pas être trop déraisonnable », a expliqué Thébault lors d’une présentation de son projet à Paris. Il a rappelé que l’Hydroptère -un trimaran de 18,28 m à foils – est capable de vitesses très élevées puisqu’il a franchi la barre des 50 nœuds (92,6 km/h). L’objectif, sur une distance d’environ 2.200 milles en route directe, sera de maintenir « une vitesse raisonnable de 30-35 noeuds » pour ne pas casser. Thébault et ses compagnons voulaient tenter de battre le record l’an dernier mais ils étaient arrivés trop tard à Los Angeles pour bénéficier d’une bonne fenêtre météo. Ils avaient dû renoncer. »

Cent cinquante choristes normands chantent Césaire

Parmi les hommages à Aimé Césaire à l’occasion de l’année du centenaire de sa naissance, saluons à la veille du 5e anniversaire de sa disparition, le 17 avril 2008, la performance des 150 choristes de six chorales de Normandie (les chorales Gloria N’Kembo, d’Hérouville (dont la jeune soliste Edmée Doudy) , À cœur joie, de Ouistreham, le Violet Calix bridge gospel et Arpador, toutes deux de Caen, et À cœur joie, de Normandie. Elles ont interprété l’œuvre de Lorenz Maierhofer, « Ethno-Messe pour la paix », sous la direction du chef de chœur Denis Thuillier (remarquable, comme on le voit dans le reportage de France Ô). Il s’agit d’une pièce pour chœurs, solistes et percussions, composée de chants gospels, africains, amérindiens entre lesquels sont incorporés des textes d’Aimé Césaire. Ceux-ci ont été lus par la comédienne Karinn Helbert..

En novembre prochain, 70 de ces choristes feront le voyage de la Martinique pour chanter Césaire avec des chœurs de son île natale.

À l’origine de ce projet un couple franco-congolais, qui a créé une association humanitaire pour venir en aide à l’éducation des jeunes de RD Congo, association humanitaire Kiamvu-Le pont.

Chef de chœur : Denis Thuillier, comédienne lectrice de Césaire : Karinn Helbert, Percussionnistes : Ne Nkamu Luyindula, Aimé Kifoula, Pianiste : Noël Letertre.

Voir le site dédié à cet événement.

« Le plus grand poète français du XXème siècle est Aimé Césaire » (Boubacar Boris Diop)

« Pour moi, le plus grand poète français du XXème siècle est Aimé Césaire. Mais Aimé Césaire était noir, nous avons été obligés de reconnaître son génie, mais en le confinant à un endroit où il ne pouvait pas bouger. Si Aimé Césaire avait été un poète français blanc, son pays lui aurait construit un monument national. Aujourd’hui, en plus de la poésie, le théâtre et la prose sont plus vivants hors de France. Mais nous ne devons pas chercher à mieux écrire que les Français, l’important pour nous, je crois, est de développer nos langues maternelles pour nouer un contact direct avec nos peuples. »

Lire son interview par Luis Martinez Andrade, publiée initialement par la revue mexicaine Círculo de poesía, reprise en français dans Palestine Solidarité.

[Centenaire Césaire] : Une rue Aimé Césaire à Audincourt (Doubs)

La rue Aimé Césaire d’Audincourt sera inaugurée le 5 avril à Audincourt (département du Doubs, région de Franche-Comté) en présence de Pierre Moscovici, ministre de l’économie et des finances (et ancien président de la communauté d’agglomération du pays de Montbéliard) et de Serge Larcher, sénateur de la Martinique.

Source : Fadome.

[Centenaire Césaire] : dimanche, au Salon du livre de Paris

Revenu de Dakar, si vous venez dimanche au Salon du livre de Paris, si vous avez raté le grand télescopage des rencontres Césaire, samedi après-midi (voir Papalagui 26/02/13), vous avez d’autres occasions d’assister à des tables rondes césairiennes :

– à 11h, sur le stand France Télévisions, une émission de radio (Martinique 1re), animée par Dominique Roederer, réunit Henri Lopez, David Alliot, Pierre Bouvier, Suzanne Dracius, Joël Des Rosiers

– à 16h sur le stand H65 du bassin du Congo, une table ronde « Aimé Césaire et Douta Seck, deux destins, une passion commune, le théâtre » réunit Gisèle Bourquin, présidente de Femmes au delà des mers, Emmanuelle de Fonseka, fille de Douta Seck, Dominique Houdart, auteur dramatique, Romuald Fonkoua, Aimé Césaire, Ed.Perrin.
Lectures de poèmes de Jean-Yves Berthogal, extrait de son recueil de poésie L’écho des conques ultramarines, Ed. Xérographes.
Animation : Dominique Loubao, présidente du Salon de la Plume Noire.

[Centenaire Césaire] en Martinique les 15 et 16 mars

. « Aimé Césaire au carrefour des imaginaires », second volet de la conférence de Joseph Jos à la Mairie de Schoelcher, vendredi 15 mars, à 18 h. Organisé par l’association Dodine, entrée libre, contact : 0596.72.72.72.

. Cahier d’un retour au pays natal interprété est interprété par Jacques Martial à l’Habitation Clément, au François, samedi 16 mars, à 19 h. Contact : 0596.54.75.51

Les absents du François (et de Rome !) pourront se consoler avec la vidéo :

[Centenaire Césaire] Une semaine de folie… de Paris à Dakar

Coïncidence ? Salon du livre ? Printemps ? La semaine du 18 mars réunit de nombreuses manifestations consacrées au centenaire d’Aimé Césaire (né le 26 juin 1913 à Basse-Pointe (Martinique) et mort le 17 avril 2008 à Fort-de-France). Sans être exhaustive, voici une liste de quelques rendez-vous :

lundi 18 mars, 18h30, à Paris, Cercle France Amériques : Conférence « Aimé Césaire, poète nègre des Caraïbes », par Xavier d’Arthuys, Conseiller de coopération et d’action culturelle.

du mardi 19 au vendredi 22 mars, à Dakar, « Cahier d’un retour au pays ancestral », par l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) « pour honorer l’œuvre d’un grand humaniste ». Seront associés Léon-Gontran Damas et Léopold Sédar Senghor. Ensemble, ils ont apporté une contribution considérable au rayonnement de la langue française. » Présentation de La tragédie du Roi Christophe d’Aimé Césaire le 19 avec la présence de délégations venues de la Martinique, de la Guadeloupe, de la Guyane et d’Haïti.

Programme du colloque : Dakar.Colloque Césaire

jeudi 21 mars, à 20h30, Université Paris-Dauphine : La Carte du printemps est toujours à refaire, poèmes d’Aimé Césaire.

vendredi 22 mars, Gare Saint-Lazare, Paris (8e), deux événements successifs :

à 12h30, danse & percussions martiniquaises par la Cie Difé Kako « devant la terrasse du Starbucks » : « Représentation d’un mélange de danses et de percussions antillaises avec une inspiration issue du Bèlè (danse des esclaves) et qui se rattache à l’engagement du poète Aimé Césaire (langage chorégraphique basé sur un métissage des danses africaines et antillaises et répertoires musicaux traditionnels et contemporains).

à 13h, toujours Gare Saint-Lazare, André Lucrèce vient de Martinique pour présenter son livre Aimé Césaire – Liturgie et poésie charnelle (éd. L’Harmattan) et « exposer aux voyageurs curieux ou aux passionnés l’oeuvre littéraire et poétique du poète martiniquais à la Salle des Expositions (accès Quai 27- Hall Londres).

samedi 23 mars, à Paris, Salon du livre, plusieurs rencontres consacrées à l’œuvre de Césaire :

– à 14h30, stand B54, du ministère des outre-mer, « Variations Césaire ».

– à 15h, stand U70, de l’Institut Français, « Aimé Césaire : postérité et continuité d’une œuvre »

– à 16 h 30, avec Le Point et France Culture, « Césaire, l’homme de la Caraïbe ».

 

Depuis octobre 2012, quelques titres publiés sur Césaire :

– Jeunesse :

  • Aimé Césaire : non à l’humiliation, par Nimrod, éditions Actes Sud junior
  • Aimé Césaire, « Une tempête » : d’après « La tempête » de Shakespeare, adaptation pour un théâtre nègre, de Huguette Emmanuel Bellemare, éditions Honoré Champion, coll. Entre les lignes
  • Césaire en toutes lettres, abécédaire coordonné par Marie Frémin, éditions L’Harmattan
  • Je suis… Aimé Césaire (public scolaire), de Françoise Michot-Cheymol, éditions J. André

– Deux biographies tout public :

  • Aimé Césaire (1913-2008), de Romuald Fonkoua, réédition en poche (coll. Tempus), Perrin
  • Le communisme est à l’ordre du jour : Aimé Césaire et le PCF, de l’engagement à la rupture, 1935-1957 , de David Alliot, éditions Pierre-Guillaume de Roux

– Études critiques des textes :

  • Introduction à « Moi, laminaire… » d’André Césaire : édition critique, par Mamadou Souley Ba, René Hénane et Lilyan Kesteloot, éditions L’Harmattan
  • Du fond d’un pays de silence… : édition critique de « Ferrements » d’Aimé Césaire, par Lilyan Kesteloot, René Hénane, Mamadou Souley Ba, éditions Orizons
  • Aimé Césaire : cavalier du temps et de l’écume : étude thématique et critique de « Comme un malentendu de salut, Noria« , par René Hénane, éditions L’Harmattan

– Essai littéraire :

  • Aimé Césaire : liturgie et poésie charnelle, d’André Lucrèce, éditions L’Harmattan