
五島高資
Ichinoseki
le soleil brûle
jusqu’au ciel
إتشينوسيكي
الشمس تحترق
حتى السماء

五島高資
Ichinoseki
le soleil brûle
jusqu’au ciel
إتشينوسيكي
الشمس تحترق
حتى السماء
Leurs chevaux
donnent des ailes
grotte de Lascaux

Exil
en pièces détachées
trafic d’organes

« Parfois dans cet univers cosmique des caravanes sortent bruyamment de l’horizon, et comme une vision mythologique prennent possession du ciel ; sur son énorme méhari blanc au col de cygne, un targui hiératique dirige la migration en psalmodiant la geste de sa tribu, derrière suivent les bergers, les esclaves, les chameaux et les chambellans, et plus loin trottinent les chèvres et les moutons soudanais à jambes d’échassier et à poil de veau, et puis les gosses tout nus bleus de peau et blancs de sable comme des sorciers animistes de la grande forêt du sud, et alors viennent les femmes lentes et dédaigneuses, grandes, effilées et souples comme des lianes, drapées de haillons et souveraines, accueillantes et faciles, puis soudain sans raison méprisantes et impénétrables.
Et il semble, tant l’espace à parcourir est insondable, que le ciel roule sans fin sur leurs têtes et que la caravane ne bouge plus. »
Ces deux phrases de Roger Frison-Roche sont citées par Henri Lhote dans Les Touaregs du Hoggar, livre édité par Payot en 1944, cote 68261 à la Bibliothèque nationale d’Algérie, où elles ont été recopiées en 1980, quelques jours avant une traversée entre l’Assekrem et Tamanrasset…
Un haïku de Bashô, trois traductions :
LA SCÈNE :
Dans une crique, des pêcheurs ont disposé des pots où ils prennent les poulpes ; enclos entre les parois de leur prison, ils font « un court rêve » avant d’être dépecés pour servir de nourritures
VERSION 1 :
Comme la pieuvre prise au pot,
Nous rêvons encore un instant
En regardant la lune d’été.
(traduction de Kuni Matsuo et Emile Steinilber-Oberlin, 1936)
VERSION 2 :
Dans le piège
le poulpe poursuit un songe vain
lune d’été
(traduction René Sieffert, Le carnet de la hotte, 1976, cité par Marguerite Yourcenar
http://derives.free.fr/bashoyource.html)
VERSION 3 :
Dans le pot les poulpes
en un rêve éphémère
lune d’été
(traduction Vincent Brochard, 2009)
NEUVIÈME JOUR. BEAU TEMPS.
Cette nuit, la lune était pleine. Maître Tasse-de-Thé m’avait donné pour consigne de l’observer.
Je me suis assis dans l’arrière-cour de la Maison Poubelle. Le maître n’est sorti me voir qu’une seule fois pour à peine deux minutes ; puis il est rentré. Qu’est-ce qu’il peut ronfler !
J’y ai passé toute la nuit, mais enfin un haïku m’est venu :
Pas un fardeau
la lune sur les branches
ployées
***
DIXIÈME JOUR. CHAUD, HUMIDE.
Maître Tasse-de-Thé m’a fait part du poème qu’il avait écrit cette nuit là :
Pleine lune
Qui sort
Qui rentre…
Je lui ai confié le mien. Toujours pas de « Oui » sur les lèvres du Maître.
pp. 62-63, Fou de haïkus, David Gérard Lanoue, La Part commune, Rennes, 2008
Il songe le singe
à longueur de nuit —
comment saisir la lune ?
🌜
正岡 子規
Masaoka Shiki (1867-1902)
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#21juillet 1969 #Apollo #Armstrong (1930-2012) #lune #haiku
« Le silence vient dans les noms pour les faire éclater. »
Constance Chlore
L’Alphabet plutôt que rien, Aux éditions éoliennes.

Alizés et azurs
à tu à toi
terrasse d’Orly
À fleur d’onde
l’oiseau scrute alentour
et s’apaise
على سطح الماء
العصفور يتجسّس حوله
ويهدأ