États généraux du multilinguisme (Guyane, 14-18 décembre 2011)

par culture-gouv

Voir les douze vidéos.

Écouter sur RFI La danse des mots d’Yvan Amar, toutes qualités de langues : Ces langues qu’on parle outre-mer et Histoire et réalité du créole réunionnais.

Et les émissions Paris-sur-Mer, de Radio Ô (conception et entretiens Dominique Roederer) sur ces États généraux du multilinguisme.

Un kanji de l’année, un lien et Glissant

Après un séisme meurtrier, après Fukushima, le caractère japonais (kizuna), qui signifie « lien », a été choisi par l’Association pour l’examen des capacités en caractères chinois pour devenir le kanji de l’année 2011, nous apprend le site Japanvibes, qui publie une photo du temple bouddhique de Kiyomizu-dera, où a été annoncé la nouvelle :

Selon Philippe Pons, envoyé spécial du Monde à Kyoto : « Sur les 500 000 propositions soumises à l’Association, 12 % ont fait du « lien » le symbole de l’année 2011 (…) L’idéogramme de l’année est une tradition récente. Elle remonte à 1995, après un autre drame : le séisme de Kobe (6 500 morts). Cette année-là fut choisi « tremblement ». Pour le supérieur du Kiyomizu, Seihan Mori, « toute reconstruction passe par le lien ».

Ce kanji de l’année nous rappelle le souvenir d’Édouard Glissant, disparu cette même année 2011, un 3 février, dont la Philosophie de la Relation était l’un des engagements cardinaux. Nous lisons p. 72 de cet essai publié chez Gallimard en 2009 : « Les poétiques relatent, elles ne racontent pas, elles disent. La Relation se renforce quand elle (se) dit. Ce qu’elle relate, de soi-même et pour soi-même n’est pas une histoire (l’Histoire), mais un état du monde, un état de monde. Les histoires des peuples en sont partout les reflets consécutifs. La relation n’est pas le récit, et cet état du monde n’est en rien le révélé d’une fiction. Nous tremblons à le penser.

Il se réalise alors que la Relation n’a pas de morale, elle crée des poétiques et elle engendre des magnétismes entre les différents. »

La Relation, le tremblement… tout serait-il contenu dans un kanji de l’année 絆 (kizuna), qui fait lien et donc fait sens ?

 

Le 20 décembre… 1848

« La Fête Kaf ou Caf’ – fête des Cafres – fête du 20 desamb, fête du 20 décembre 1848, fête de la liberté… est célébrée à La Réunion presque comme une fête nationale. A cette occasion, les Cafres (les Noirs descendants d’anciens esclaves), les Malgaches, les Comoriens, les Indiens, mais aussi les yabs (les petits blancs des Hauts), ainsi que les zoreils (les métropolitains) se retrouvent le temps d’une journée pour commémorer à l’unisson l’abolition de l’esclavage. »

La suite sur Linfo.re

Leonardo Padura, prix Carbet de la Caraïbe 2011

L’Homme qui aimait les chiens de Leonardo Padura (éditions Métailié, traduction remarquable de René Solis et Elena Zayas) vient d’être récompensé à Cayenne (Guyane) du 22e Prix Carbet de la Caraïbe, présidé jusqu’à sa mort le 3 février dernier par Édouard Glissant.

Cette distinction s’ajoute aux trois autres reçues cette année, le Prix des librairies Initiales (en littérature étrangère), le Prix Roger Caillois (littérature latino-américaine), l’élection du Meilleur roman historique par le magazine Lire.

Dans une recension des raisons qui ont conduit le jury a décerné à Leonardo Padura le prix, Patrick Chamoiseau écrit une véritable plaidoirie, pour admirer la « lucidité » d’une « voix de l’intérieur » qui n’a pas choisi « les possibles de l’exil « , « cette voix qui s’empare d’une des idéologies du XXème siècle, non pour en articuler une critique postérieure et facile, mais pour montrer combien elle a constitué le lieu même du plus beau des soleils et de la pire des ombres, et combien elle a façonné les faces contemporaines les plus visibles et les plus invisibles de notre Caraïbe :
cette dérive d’une belle générosité érigée en système de pensée, ou pensée de système, et à laquelle Edouard Glissant a opposé une poétique du tremblement et de la relation, se retrouve au cœur de ce roman, entre Staline et Trotski. »

Ce prix Carbet de la Caraïbe est pour Patrick Chamoiseau « une somptueuse occasion d’un salut à Cuba, au Cuba de nos plus beaux espoirs, au Cuba de nos justes et profondes inquiétudes, au grand Cuba de nos attentes, et de nos exigences, à ce Cuba qu’il nous appartient d’exhorter, de soutenir et de construire ensemble. »

 

Papalagui a évoqué précédemment la sélection du Prix Carbet de la Caraïbe, le Prix Roger Caillois, le prix des librairies Initiales, le critique dans le quotidien canadien Le Devoir, l’optimisme de Padura à la Foire du livre de Hanovre, une admiration personnelle, Les Brumes du passé, précédent roman de Padura. Sur le site des éditions Métailié, lire le portrait que lui a consacré Philippe Lançon.

Nous avions rencontré Leonardo Padura lors de son voyage à Paris pour la présentation de son roman L’Homme qui aimait les chiens :

 

PRIX CARBET 2011
DECLARATION DU JURY

Le roman que le jury du Prix Carbet de la Caraïbe et du Tout-monde a décidé d’honorer cette année, illustre plusieurs des préoccupations de celui qui fut notre président durant plus de 20 ans, et auquel cette 22ème édition rend un hommage où le sentiment de l’irremplaçable et l’infinie reconnaissance, tiennent des places égales ;
Edouard Glissant aurait aimé entendre cette voix qui s’empare d’une des idéologies du XXème siècle, non pour en articuler une critique postérieure et facile, mais pour montrer combien elle a constitué le lieu même du plus beau des soleils et de la pire des ombres, et combien elle a façonné les faces contemporaines les plus visibles et les plus invisibles de notre Caraïbe :
cette dérive d’une belle générosité érigée en système de pensée, ou pensée de système, et à laquelle Edouard Glissant a opposé une poétique du tremblement et de la relation, se retrouve au cœur de ce roman, entre Staline et Trotski, leurs soldats et leurs chiens, ouverte en plein cœur du Cuba d’aujourd’hui, sur les défaites et les réalités humaines les plus sensibles, les plus tragiques, les plus irrémédiables et les plus rémanentes ;
Dès lors,
CONSIDERANT que sans haine ou autre acrimonie, le romancier a su dresser le compte de ces erreurs, de ces excès et absolus aveugles qui n’en finissaient pas de se durcir de mensonges en mensonges, d’aller aux trahisons et à la vilénie, de fréquenter la peur, et l’usure des illusions devenues mécaniques, jusqu’à constituer des perversions quasi inéluctables ;
CONSIDERANT qu’il a su affecter un talent des plus exceptionnels à la description d’un assassinat dont la force symbolique apparaît sans limites, éclaboussant toutes les îles, toutes les âmes, et tous les continents ; un assassinat où les bourreaux et les victimes, directes ou indirectes, relevaient des mêmes rêves et des mêmes mensonges, des même élévations et de l’abîme d’une même défaite qui nous concerne tous ;
CONSIDERANT qu’il a su conserver son lieu incontournable, et que c’est au plus quotidien de son île qu’il dissèque le grandiose mensonge, les paysages de ses lentes perversions, et qu’il installe tout cela dans le tragique indémêlable de ses personnages, nous démontrant ainsi que les rêves et les échecs, les stérilités et les brusques jaillissements, ont constitué des volontés, des ardeurs, des destins et des hommes, et que tout cela a fondé un pays, Cuba, une nation considérable, Cuba, tout autant chahuté par ce qui provient du fond de son histoire que par ce que lui ont asséné les vieux vents, les cyclones, les idéologies, tous ces cataclysmes qui sont d’une même violence ;
CONSIDERANT que la dénonciation des pensées de système est ici radicale, sans que jamais ne se voient désertés l’élégance du verbe, la pertinence des explorations existentielles, l’éclat de la métaphore, les détours très subtils du dévoilement qui ne se formule pas, et la beauté — la beauté littéraire, la beauté signifiante — qui terrasse un à un les chiens des certitudes et le troupeau des absolus ;
CONSIDERANT à quel point la grande Histoire rejoint l’intime, combien la grande espérance peuple les désespérances, et combien le crime sordide se nourrit d’une noble illusion, et combien tout cela transformé en système ne fleurit qu’en erreurs, petites fatalités, certitudes sans sortie et vérités empoisonnées ;
CONSIDERANT combien le brassage alterné des histoires, des époques et des lieux, se retrouvent à convoquer le monde dans la matière la plus déterminante de l’île, et combien la dérive d’un écrivain raté qui symbolise Cuba, se conjure, et se dépasse, dans l’ironie d’une narration tout à fait exemplaire ;
CONSIDERANT combien la réalité cubaine est soumise aux acuités d’une vigilance qui jamais ne renonce, et combien la critique de la soviétisation, des censures, des silences imposés, des empêchements, des manques et restrictions, ne déserte jamais une éthique élégante de la complexité, toute pleine de mesure et de délicatesse, tant et si bien que c’est juste la beauté implacable du refus qui souligne à jamais, et la condamne autant, l’irrecevable des renoncements ;
CONSIDERANT que cette voix provient de l’intérieur, qu’elle n’a pas choisi les possibles de l’exil, et que sa lucidité maintenue au cœur de Mantilla, dans une banlieue de la Havane, rejoint celles de Pedro Juan Gutierrez, de Wendy Guerra, Ena Lucian Portela, ou Nancy Morejon… ;
CONSIDERANT qu’il y a là comme un hommage rendu à des millions de morts, et à tout autant d’illusions, d’espoirs et de rêves échoués, et à toute une charge de souffrance et de sang, et cela sans qu’aucune aigreur ne porte atteinte à ce talent qui, par sa simple autorité, nous fait soleil et horizon, et nous laisse entrevoir le beau chant des possibles et la vigueur d’un devenir ;
CONSIDERANT ENFIN qu’il y a là une somptueuse occasion d’un salut à Cuba, au Cuba de nos plus beaux espoirs, au Cuba de nos justes et profondes inquiétudes, au grand Cuba de nos attentes, et de nos exigences, à ce Cuba qu’il nous appartient d’exhorter, de soutenir et de construire ensemble,
le jury
décerne
à la majorité des voix
le prix Carbet de la Caraïbe et du Tout-monde de l’année 2011 à

monsieur LEONARDO PADURA
pour son roman « L’HOMME QUI AIMAIT LES CHIENS »

Cayenne, le 18 décembre 2011.

L’Autre citoyen, une thèse par Syliane Larcher

L’Autre citoyen. Universalisme civique et exclusion sociale et politique au miroir des colonies post-esclavagistes de la Caraïbe française (Martinique, Guadeloupe, années 1840-années 1890).
Tel est le titre d’une thèse de doctorat en études politiques de l’EHESS (École des hautes études en sciences sociales) que Syliane Larcher soutiendra le mardi 13 décembre 2011 à 14h au Collège de France, 3 rue d’Ulm, 75005, Paris.
Le jury est composé de Pierre Rosanvallon, Professeur au Collège de France, Directeur d’études à l’EHESS (directeur de thèse), Etienne Balibar, Distinguished professor, University of California, Irvine & Université Paris Ouest-Nanterre-La Défense, Justin Daniel, Professeur de science politique, Université des Antilles et de la Guyane (pré-rapporteur), Laurent Dubois, Marcello Lotti Professor of Romance Studies & History, Duke University (pré-rapporteur), Serge Paugam, Directeur d’études en sociologie, EHESS, Patrick Weil, Directeur de recherches au CNRS, Université Paris-1 Panthéon-Sorbonne.

 

« Résumé :  Ce travail invite à reconsidérer de manière plus complexe la dynamique croisée entre question sociale, exclusion politique et « race » dans la construction de la citoyenneté française au XIXe siècle.

Cette thèse interroge l’apparente « contradiction » entre égalité civile et politique et mise en dehors du droit commun dont font l’objet les citoyens des colonies des Antilles françaises après l’abolition de l’esclavage. Abordé pour sa fonction heuristique, ce paradoxe est resitué à l’intérieur de l’économie générale de la citoyenneté française et au croisement de l’histoire des statuts juridiques des personnes dans l’empire colonial français durant le second XIXe siècle.

L’enquête retrace, dans le temps long, une généalogie conceptuelle de la citoyenneté française à partir de sa marge. Elle montre que l’égalité civile et politique des individus n’entraîne pas la pleine inclusion dans la cité : la communauté des citoyens ne s’achève pas avec l’octroi des droits. La mise à l’écart des citoyens anciens esclaves se fonde en effet sur l’évaluation politique et morale, à l’aune de l’idéal de coïncidence entre individu autonome libéral et citoyen moderne, des héritages sociaux et historiques des sociétés auxquelles ils appartiennent : l’universalisation des droits et la généralisation de la loi requièrent l’appartenance des individus à un même éthos social.

En d’autres termes, à l’aune même des principes modernes, l’altérisation des égaux repose sur l’assignation des individus aux héritages sociaux et historiques qui les ont façonnés. Elle opère en cela comme un mécanisme de racisation : l’exclusion procède d’une politisation des origines. Ainsi, la citoyenneté française ne fut pas toujours unitaire ni abstraite — autant pour inclure que pour exclure. Sa construction historique s’est articulée à une certaine modalité de la « race », celle-ci étant ici comprise non simplement en termes coloristes, mais en termes « civilisationnels », ou dirions-nous aujourd’hui, « culturels ».

Enfin, l’étude des conceptions sociales que les acteurs concernés au premier chef se font de leurs droits, de l’égalité mais aussi de l’idée républicaine, invite à envisager la citoyenneté, plus que comme un simple statut juridico-politique ou comme l’objet d’une imposition d’État, mais encore comme un processus social et historique polémique.

Mots clefs : colonies, esclavage, citoyenneté, individu autonome, question sociale, droit commun, constitution, assimilation, héritages, post-esclavage, état social, race. »

 

Prix Carbet de la Caraïbe et du Tout Monde (Cayenne, 13-17 décembre)

Le prix Carbet de la Caraïbe et du Tout Monde réunit sa 22e édition en Guyane du 13 au17 décembre 2011. Hommage à Édouard Glissant. Proclamation du prix le 17, choisi parmi ces titres :

1 – Jean Marc BEAUSOLEIL (Haïti), Blanc Bonsoir, Triptyque, 2011
2 – Louis Philippe DALEMBERT (Haïti), Noires blessures, Mercure de France, 2011
3 – Joël DES ROSIERS (Haïti), Gaïac, poésie, Triptyque, 2010
4 – Jean DUROSIER DESRIVIÈRES (Haïti), lang nou souse nan sous / notre langue se ressource aux sources, poésie, Caractères, 2011
5 – Emmanuel GOUJON (Martinique), L’Imperméable, Vents d’ailleurs, 2011
6 – Christian LANGOU (Guadeloupe), De l’ombre à la lumière, Panthéon, 2010
7 – Christine LARA (Martinique/Guadeloupe), Si le jour se lève, Mon petit éditeur, 2011
8 – Andréa LEVY (Jamaïque), Une si longue histoire, Traduit de l’anglais par Cécile
Arnaud, La Table ronde 2011
9 – Patrick MALHERBE (France), Devant le Chinois, Ibis rouge éditions, 2011
10 – Alain MENIL (Martinique), Les voies de la créolisation, Essai sur Edouard Glissant, De l’incidence éditeur, 2011
11 – Makenzy ORCEL (Haïti), Les latrines, Mémoire d’encrier, 2011
12 – Leonardo PADURA (Cuba), L’homme qui aimait les chiens, Métailié, 2011
13 – Lucien PAVILLA (Martinique), Tunnel éphémère ou L’épisode dramatique,  Edilivre.com, 2011
14 – Guy REGIS Jr (Haïti), Le trophée des capitaux, Vents d’ailleurs, 2011
15 – Rodney SAINT-ÉLOI (Haïti), Récitatif au pays des ombres, poésie, Mémoire d’encrier, 2011
16 – Lyonnel TROUILLOT (Haïti), La belle amour humaine, Actes sud, 2011
17 – Léo URSULET (Martinique), Le bonheur l’attendait ailleurs, Agathe, 2011
18 – Marvin VICTOR (Haïti), Corps mêlés, Gallimard, 2011

Le hip-hop comme un art de la combine

Vu du hip hop comme un ballet boxé avec talent et pour cause il offre le mariage du noble art (la boxe) avec l’art de la rue (le hip-hop) et la musique classique (du Quatuor Debussy). Cette première partie, L’adapté – Autour du spectacle Boxe Boxe, était chorégraphiée par Mourad Merzouki… un ancêtre dans le monde du hip-hop, avec ses 15 ans de pratique, tout comme l’auteur d’une autre proposition tout aussi ambitieuse et réussie…
celle de Farid Berki, dont la palette oscille entre danse, vidéo et formes qui veulent rappeler les tableaux de Kandinsky et porte le titre ésotérique de Vaduz 3036.
La suite au festival H2O à Aulnay-sous-Bois jusqu’au 11 décembre 2011.

Une heure avec Guila Clara Kessous, la mulâtresse solitude

Le Tarmac / La scène internationale francophone, propose ce 5 décembre à 20h, Une heure avec Guila Clara Kessous, artiste Unesco pour la Paix 2011, animée par Bernard Magnier, en présence de Simone Schwarz-Bart.

Cette rencontre sera suivie d’une lecture d’extraits de La mulatresse solitude d’André Schwarz-Bart avec Jacques Schwarz-Bart qui ponctuera cette lecture de moments musicaux au saxophone.

Réservation indispensable au 01 43 64 80 80.

La diffusion périphérique de L’Ordre et la Morale

Le film L’Ordre et la Morale sera bien diffusé en Nouvelle-Calédonie, mais par un circuit périphérique, à partir du 14 décembre 2011 (voir historique de l’affaire, Papalagui 25/10/11). »Loin de toute polémique, la décision du Conseil d’Administration [de la Fédération des œuvres laïques, FOL] de diffuser cette œuvre cinématographique se veut constructive et facilitante. Il s’agit de faire grandir la notion de destin commun en acceptant une pratique saine du désaccord », selon un communiqué de la FOL.

Les projections des 14, 17, 22 et 30 décembre seront suivies d’un débat.

Pour les administrateurs de la FOL, il reviendra à chacun de se faire un avis sur ce film qui n’est qu’un point de vue sur cet évènement tragique. Il n’est pas un appel à la haine mais revisite un évènement douloureux et symbolique de l’histoire du pays et à ce titre revêt une place particulière dans les œuvres cinématographiques disponibles. Il s’agit donc d’en permettre une large diffusion, mais aussi de créer du débat sur les questions et douleurs qu’il engendre. «