Lettres de Guyane

Nouveau lien avec le livre en Amérique amazonienne, le Blog de Promolivres, avec un billet sur le récent Salon du livre de Belem et les auteurs annoncés au prochain Salon du livre de Cayenne (19 au 22 mai 2010), centré sur la connaissance des origines et de leurs imaginaires :

« Si nous ne comptons plus les Guyanais « d’origine » syro-libanaise, chinoise, hmong, fondus dans un même peuple, si nous ajoutons les migrants issus des mêmes ailleurs, que savons-nous des histoires des ancêtres qui ont fondé notre originalité, des imaginaires qui nous unissent plus qu’ils nous distinguent ?

Ce salon souhaite donc rendre hommage à l’Orient des Amériques et de la Guyane en invitant des auteurs d’ici, de régions proches ou éloignées, et ce dans la plus grande fraternité. »

« Beaucoup d’immigrés, beaucoup d’étrangers, qui ont donné des lettres à notre alphabet », nous dit le poète Yvon Le Men, dans « le y ».

Le Drehu dans le texte et le son

La Bibliothèque publique d’information (BPI) du Centre Pompidou édite un livre d’initiation au Drehu, langue de Lifou (îles Loyauté, Nouvelle-Calédonie), l’une des vingt-huit langues kanak de l’archipel, et qui compte le plus grand nombre de locuteurs avec 12 000 personnes.

A la fois guide de conversation et recueil d’expressions idiomatiques, de proverbes et de chants, de mythes et de poésies, cet ouvrage bilingue est accompagné d’un CD pour faire entendre la langue. C’est le second ouvrage de cet éditeur pour le Pacifique francophone, après une méthode d’auto-apprentissage du Tahitien, Ia Ora Na, ouvrage cependant plus ambitieux que ce Drehu.

Par effraction

Que la goutte d’encre violette

s’immisce

dans l’entrelacs de notre conscience aveugle,

Qu’elle réveille cette endormie,

présence taciturne

volcanique engeance,

et dessine par effraction un tourbillon

de ce magma puissant,

basaltique naissance de pensées sauvages,

marronnes,

loin des mignardises affétées.

Goutte, fleuve, océan,

Mot, phrase, poème.

Le « quart-monde » de la littérature aborigène (Vernay)

« En pleine émergence dans les années 1960, la littérature aborigène se distingue par des préoccupations qui lui sont propres. Alors que la mouvance générale de la littérature australienne reflétait encore un certain lien à l’Angleterre, les auteurs aborigènes cultivaient, selon la formule de Jean-Marc Moura, une « esthétique de la résistance » par la mise en valeur du concept d’aboriginalité, écrit Jean-François Vernay sur son blog, Australiana.
La littérature aborigène est une littérature du « quart-monde », pour reprendre le mot de Colin Johnson. En d’autres termes, c’est une littérature d’une minorité indigène submergée et gouvernée par une majorité environnante et dominante. »

JFV nous propose une conférence « avec powerpoint » sur le roman aborigène le 5 janvier 2010, à Paris, Maison de la Nouvelle-Calédonie.