La mort de Ferdinand Léopold Oyono (Le vieux nègre et sa médaille)

L’écrivain et ex-ministre camerounais Ferdinand Léopold Oyono est décédé jeudi 10 juin à l’âge de 81 ans, après avoir été victime d’un malaise.
Né en 1929 à N’Goulémakong, il a été formé dans son pays et en France, où il a notamment étudié le droit et l’administration – il est diplômé de la Sorbonne et de l’Ecole nationale d’administration (ENA) de Paris. Il a été ambassadeur du Cameroun auprès de l’ONU et dans plusieurs pays, puis longtemps ministre chargé notamment de la Culture et des Affaires étrangères dans le régime de M. Biya.
Avant d’occuper ces fonctions, il s’était déjà fait connaître comme écrivain, en publiant de mi-1950 à 1960 trois oeuvres considérées comme majeures dans la littérature africaine: Le vieux Nègre et la médaille en 1956 (10-18), Une vie de boy la même année (Pocket), et Chemin d’Europe en 1960 (Julliard).
Les deux premiers livres sont inscrits au programme scolaire de plusieurs pays africains.
Ferdinand Oyono était ambassadeur itinérant pour la présidence de la République du Cameroun et accompagnait le président Biya dans ses déplacements à l’étranger.
(source : 10/18)

Signé BNF

À signaler les Signets de la Bibliothèque nationale de France qui « proposent une sélection commentée de ressources accessibles par Internet, choisies par les bibliothécaires de la BnF ».

Pour les littératures d’expression française, il est suivi un découpage géographique appétissant (Afrique, Québec, Belgique, Luxembourg, Caraïbe, Maghreb, Moyen-Orient, océan Indien, Pacifique, Suisse), mais hétérodoxe. On y retrouve bien entendu Île en île, mais aussi pour Haïti Mémoire de femmes site qui s’ouvre avec ce poème d’Eluard :

Sœurs d’espérance ô femmes courageuses
Contre la mort vous avez fait un pacte
Celui d’unir les vertus de l’amour
O mes sœurs survivantes
Vous jouez votre vie
Pour que la vie triomphe

Le jour est proche ô mes sœurs de grandeur
Où nous rirons des mots guerre et misère
Rien ne tiendra de ce qui fut douleur

 

Chaque visage aura droit aux caresses.

Ou encore Bernard Dadié ou le blog de Scholastique Mukasonga.

A découvrir, non pour son exhaustivité, mais pour ses sites méconnus, aux ressources infinies.

La fureur est tombée sur la ville écarlate, par Michel Lercoulois

La fureur est tombée sur la ville écarlate
La fièvre se recuit dans des bouges saumâtres
Un gamin négligent asperge le trottoir
Exhibant sans pudeur un sexe minuscule
Des hommes apeurés reluquent les mamelles
Des filles blondes aux longues jambes nues
Les mendiants se disputent quelques reliefs pourris
Des voleurs farouches jouent leur butin aux dés
Dans les palais les ministres comptent leur or
Un roi sans joie besogne la chambrière de la reine
Un cul de jatte hagard est posé contre un mur
Les aveugles en passant le piquent de leur canne
Des bourgeoises esseulées pleurent les jours d’antan
Les maris repus de trop de chère bedonnent au fumoir
De jeunes loups naïfs aiguisent leurs couteaux
Sans savoir qu’ils seront les premiers transpercés
Les tendres demoiselles découvrent l’art du stupre
Elles veulent les mâles mûrs affamés et brutaux
Pour cultiver l’obscène entre gens de bon goût
Ailleurs dans les fabriques un vain peuple s’agite
Gens de peu pauvres et puants
Qui triment pour le pain le vin et le taudis
Où s’entasse une marmaille infâme
Aigres parfums de bouffe de merde et de pisse
Avec des cris parfois ou des vagissements
Une vieille à l’article gémit sur son grabat
Peut-être entend-elle les râles du coït
Elle qui aimait tant jadis foutre avec fougue
En bas dans la rue deux ivrognes s’embrassent
Ils mélangent leurs langues sans s’embarrasser
Des relents du pinard
La piquette des dieux
Le nectar des vieux cons
Partout dans la ville la vermine grouille
On est tous frères en Jésus-Christ, pas vrai ?
Sauf que Lui a laissé sa vie dans un film gore
Alors que nous mourrons dans un chenil crasseux
Parce que nous sommes bien des chiens, n’est-ce pas darling ?
Dis-je en la prenant par derrière

[mai 2010]

Lire également Mondesfrancophones.com

Jean Métellus, Grand prix de la francophonie

Jean Métellus a été récompensé du Grand prix de la francophonie pour l’ensemble de son œuvre par l’Académie française dans sa séance du jeudi 10 juin 2010.

Voir le site du poète et son blog qui signale la réédition de l’un de ses premiers romans, publié initialement en 1982, La famille Vortex dans la collection L’imaginaire de Gallimard, ainsi résumé par l’éditeur :

« Le récit de vie d’une famille exceptionnelle illustre une réflexion politique sur Haïti. Les Vortex, ce sont Solon, le père, ancien marin, Olga, la mère, descendante des Arawaks, et leurs nombreux enfants : Joseph le prélat, Louis le professeur, Egard l’officier, Sylvain le médecin, Astrid, Sylvie et Ludovic. Leur destinée sera brisée par les tempêtes politiques et la lutte pour le pouvoir. »

Tapis de caniveau, roulures d’histoires oubliées

Au petit matin, un balayeur des rues entr’ouvre d’un geste laconique la vanne, et l’eau s’écoule d’un seul côté, orientée par un tapis de caniveau, nouement de tissus informels. « Tapis », belle antiphrase pour ce qu’on devine fait de chutes de vieilles serpillères, de moquettes usées, miasmes de mémoires, roulures d’histoires oubliées.

Un Américain de Paris, Douglas Brodoff les a magnifiés dans une exposition, « Les petits hommes verts ». Il milite aujourd’hui pour la création d’un musée des tapis de caniveaux. Laurent Alberti s’est ému de la disparition annoncée de ces « fagots des rues » dans son blog Les lignes de l’architecte, joliment sous-titré « Revue de détails urbains, de bribes architecturales et autres miscellanées ».

Ces tapis de caniveau ne sont pas que pieds de poésie de rue, mais glanures de gestes patchworks, précipités dans la fuite du temps, et dont les liens reconstitués témoignent d’une ultime trace, suintement à l’avant-jour.

Haïti : la Fokal parie sur la culture et le développement local

La reconstruction alternative ? La culture et la créativité comme moteurs de développement, le pari du développement local. En Haïti, d’autres voies sont-elles possibles ?

Deux représentantes de la Fokal (Fondation Connaissance et Liberté), Michèle Duvivier Pierre-Louis, ex Premier ministre d’Haïti et Lorraine Mangonès, directrice exécutive de la Fondation, proposent une rencontre publique à Paris, au Centre international de culture populaire (CICP) jeudi 10 juin à 19h30.

« Sur quelles bases nouvelles construire la société haïtienne de demain ? Des centaines de millions d’aide sont annoncés, mais à qui, à quoi seront-ils destinés ?
Le Cedetim (Centre d’études et d’initiatives de solidarité internationale), le Collectif Haïti de France et l’Association Monique Calixte ont invité deux protagonistes de l’action à la base pour la reconstruction à venir nous présenter les actions dans lesquelles elles sont engagées avec des habitants de quartiers populaires, des architectes, des artistes, des intellectuels, des paysans… »

Contacts :

Association Monique Calixte  06 62 84 19 48, 06 85 92 84 31, 06 66 35 46 17
Collectif Haïti de France 01 43 48 31 78
Cedetim 01 43 71 62 12

Nouveau : le Grand Prix du Roman Métis

Nouveau dans le paysage littéraire, le Grand Prix du Roman Métis récompensera à la fin de l’année « un roman adulte de langue française qui met en lumière les valeurs de diversité, d’échanges et d’humanisme, symboles de l’île de La Réunion.
Tous les romanciers francophones peuvent participer.

Les maisons d’édition ont jusqu’au 15 septembre 2010 pour faire parvenir un ou deux titres parus dans les douze derniers mois.

Le jury établira une présélection de dix à douze titres parmi lesquels il choisira un roman dont l’auteur recevra le Grand Prix du Roman Métis et une dotation de 5 000 € de la Ville de Saint-Denis. Il décernera une mention spéciale à un second auteur. La remise des prix aura lieu dans la première quinzaine de décembre. Un programme de résidence d’écriture sera ensuite proposé aux deux lauréats pendant l’année 2011.
Le jury 2010 se compose de six journalistes ou professionnels du livre et de la lecture de La Réunion et de six écrivains francophones : Mohammed Aissaoui, Nathacha Appanah, Isabelle Hoarau, Tahar Ben Jelloun, Amin Maalouf et Patrick Poivre d’Arvor. »
Contact : Grand Prix du Roman Métis 2010, La Réunion des Livres, 66 rue Saint-Joseph Ouvrier 97400 Saint-Denis.

Source : communiqué.