l’île, l’anomalie et la création

Pratique d’astronomie par les Néerlandais à Dejima (tableau japonais, XVIIIe-XIXe siècles. Source : Wikipédia.

« Je voyageais dans la région de Nagazaki et je me suis égaré. Je recherchais désespérément un endroit pour déjeuner, mais au lieu de tomber sur Chinatown j’ai atterri sur cette île [l’île de Dejima]. Avec ses maisons coloniales blanches, alors qu’autour tout a été reconstruit après la guerre,  j’ai compris que cet endroit était une anomalie et l’anomalie est toujours un très riche matériau romanesque. »
David Mitchell interviewé par Elisabeth Philippe pour Les Inrockuptibles (18/01/12) à propos de son roman Les Mille Automnes de Jacob de Zoet (L’Olivier), traduit de l’anglais par Manuel Berri.

À venir : Anthony Phelps, Nomade je fus de très vieille mémoire

Attendu avec impatience lors d’Étonnants voyageurs (Haïti, 1er-4 février 2012), Anthony Phelps viendra avec une nouveauté, l’anthologie de son œuvre poétique publiée par les éditions Bruno Doucey dans leur collections Tissages sous le titre de Nomade je fus de très vieille mémoire (à paraître en France le 9 février 2012). Un volume de 240 pages.

À noter dans l’œuvre poétique de cet auteur vivant à Montréal : Mon pays que voici. (P.J. Oswald, 1968, réédition Mémoire d’encrier, 2007) ; Une phrase lente de violoncelle (Éditions du Noroît, 2005) et Une plage intemporelle (Éditions du Noroît, 2011).

Lire une notice complète sur Île en île.

Dans la chronique Culture du 20 janvier 2012

En prolongement de la chronique Culture de France Ô, vendredi 20 janvier 2012, à 18h30, les liens des événements cités :

Théâtre (Comores) : Un dhikri pour nos morts, de et par Sœuf Elbadawi,  Confluences

Théâtre (Madagascar) : Des Ruines, de Jean-Luc Raharimanana, mise en scène Thierry Bédard, interprété par Phil Darwin Nianga, et le dimanche : Excuses et dires liminaires de Za, Maison de la Poésie.

Lire les interviews de J.L. Raharimanana et Phil Darwin Nianga dans Jeune Afrique du 5/11/2010 et du 25/10/10. Et de l’auteur, « La langue comme une arme », La Terrasse, janvier 2012.

Exposition Orphelins de Fanon, de Mathieu Kleyebe Abonnenc à La Ferme du Buisson, Marne-la-Vallée et des tables rondes les 21 et 22 janvier.

La revue Mwà Véé du Centre culturel Tjibaou, Nouméa, et son numéro spécial « 40 ans de culture kanak ».

Recommandé : Millenium : Les hommes qui n’aimaient pas les femmes

Cette adaptation par David Fincher du roman best-seller suédois se distingue par la trajectoire étonnante de Lisbeth Salander, femme rebelle anti-héros, interprétée brillamment par la révélation Rooney Mara, qui devient au fur et à mesure une redoutable enquêtrice et apporte tout le sel nécessaire à ce revigorant Millenium où Daniel Craig tire son épingle du jeu en Mikael Blomkvis, journaliste d’investigation aux prises à un âpre secret de famille.

Le mot du jour : cluster (Syto Cavé / Alain Blondel)

Alain BLONDEL (Né en 1950)  Cluster Huile sur toile. Signée, datée «2010» et titrée au dos. 100 x 51 cmAlain Blondel, Cluster, huile sur toile. Signée, datée « 2010 » et titrée au dos. 100 x 51 cm

Cluster, le mot du jour, « grappe, groupe, ensemble », disons « agrégat » en français, titre d’une série de toiles d’Alain Blondel, qui aime aussi travailler dans l’écho amical du poète et dramaturge haïtien Syto Cavé, rencontrés tout deux aujourd’hui dans l’atelier du peintre, à Paris. Ces deux-là constituent un beau cluster d’amitiés et de créations, Syto aimant les villes où l’ont s’attache, Alain aimant la proximité de l’ailleurs.

Le poète venait d’émouvoir les quelques trop rares spectateurs du Dansoir, à Paris toujours, où il avait lu l’avant-veille, un extrait d’une belle poésie du mot du macadam et de la belle amour (forcément humaine, hein Lyonel ?), poésie-qui-ne-s’auto-célèbre-en-rien, extraite d’un livre récent, publié par Roger Tavernier chez Zellige, Une rose rouge entre les doigts :

« L’Artibonite est un fleuve… L’Artibonite est une chanson à mort… Il est fleuves comme des villes auxquels un chant redonne une âme : Paris, Syracuse, Port-Salut. »


Les mots de Syto sont comme une Artibonite d’aphorismes que dynamite un phrasé de rocs et de pluies. Son dernier recueil (Une rose rouge…) est bien dans l’esprit « cluster », un agrégat de textes anciens ou récents, un phrasé rocailleux mais plein d’amour, plein de couleur : « Le ciel était tout bleu et ma mangue houlait rouge. Elle faisait flot de lune et roulis d’un grand air, et me venait au cœur, et me prenait au nez, ronde et brune, dansait rouge sur la dune, et me tapait aux yeux, et me brûlait le corps jusqu’à me faire sauter ! Le ciel était tout bleu, mais le sol se fit rouge. Je me suis cassé les os, à cause de la lune, à cause d’un mango, à cause des mamelles de Madame Lopez. » (Voisin-voisine, Une rose rouge… p. 49)

Le mot d’un jour prochain, qui sait : houler.

Dans la chronique Culture du 13 janvier 2012…

Dans la chronique Culture du 13 janvier 2012 (France Ô, 18h30), spéciale Haïti :

. Exposition Haïti 500 ans d’histoire, à l’ENS, Lyon, jusqu’au 24 février ;

. Exposition Haïti, les villes imaginaires, à Bordeaux, jusqu’au 17 janvier ;

. Revue numérique, Intranqu’îllités, en lien sur Papalagui du 12 janvier ;

. Concert de Jowee Omicil au festival Kreol jazz, Neuilly (Hauts-de-Seine), 14 janvier, 19h.