Les 10 millions de créolophones dans le monde ont sans doute de quoi se réjouir en ce 28 octobre, Journée internationale de la langue et de la culture créole. Les Simon aussi, dont c’est la fête aujourd’hui.
Dans leurs archipels de résistance, les francophones du Pacifique, estimés au nombre d’1 million sur les 200 que compte la planète, peuvent aussi pavoiser : le premier forum francophone du Pacifique a été inauguré ce mardi soir en Nouvelle -Calédonie. Selon l’AFP, » La Nouvelle -Calédonie doit être un point de rayonnement pour la francophonie dans cette région du monde », a déclaré Christian Philip, représentant personnel de Nicolas Sarkozy pour la francophonie. Dans cette région à dominante anglosaxone, M. Philip a déclaré : » la francophonie n’est pas un combat contre l’anglais, mais un combat pour la
diversité linguistique « .
Nonobstant, on apprend que Radio France Internationale (RFI) envisage d’arrêter la diffusion de ses programmes en six langues (allemand, albanais, polonais, serbo-croate, turc et laotien), faute d’audience. D’autres langues devraient en revanche être développées, selon le projet de la direction : le français, l’anglais, le » portugais-brésilien « , l’espagnol, le haoussa (langue officielle au Nigeria, parlée par 50 millions de personnes en Afrique de l’Ouest) et le swahili (langue de 30 à 50 millions de personnes en Tanzanie, Congo, Comores et Mayotte).
On pense à Edouard Glissant qui aime à dire : » J’écris en présence de toute les langues du monde. » Dans un entretien accordé à Anne Laffeter des Inrockuptibles, publié ce jour, le poète répond à la question » L’imprérialisme culturel, notamment celui de la langue, va-t-il perdurer ? «
Réponse d’Edouard Glissant :
Non. L’hégémonie de l’anglo-américain ne peut se faire qu’au détriment de la langue anglaise en premier lieu. L’anglo-américain est une langue que l’on pourra parler avec entre 500 et 1 000 mots pour gérer les relations internationales, le commerce, les techniques scientifiques, etc.
Or une langue est un corps vivant, qui avance, qui recule, qui a des zones d’ombre, d’hésitation. Je ne crois pas que ce soit une solution viable, pour ce que j’appelle le Tout-Monde, qu’il y ait un usage exclusif d’une langue, puissante dans son étendue, faible dans sa structure. Je crois à l’avenir des petits pays, des lieux qui échappent à la logique infernale des globalisations, qui vivent d’inventions, de ce que vous appelleriez des expédients. Je crois que dans le monde brassé, multiple vers lequel nous allons, les langues vont multiplier leurs possibilités d’existence et de relation. »
A RFI, 6 langues supprimées, 6 langues » développées » ? Le compte y est-il ? Dans le Tout-Monde, des langues qui vivent » d’expédients « … Dix vers cités, dix langues sauvées.