Lannion, tout un poème

Depuis vingt ans, la ville de Lannion (Côtes-d’Armor) réunit des poètes au printemps. Nous avons rencontré trois d’entre eux à l’occasion de la vingtième édition de Il fait un temps de poème.

Lannion est une ville d’estuaire du Nord-Bretagne, propice aux rencontres, organisées par l’un des rares poètes professionnels de France, Yvon Le Men.

En quelques mois, ce jeune poète de 60 ans publie une anthologie : Il fait un temps de poème, vol. 2 (Filigranes), un recueil de poèmes écrits en Haïti : Sous le plafond des phrases (éditions Bruno Doucey), un livre d’entretien avec Cypris Kophidès : La langue fraternelle (édition Diabase) et un recueil de nouvelles : Existence marginale mais ne trouble pas l’ordre public (Flammarion).

Souleymane Diamanka et Julien Barret sont les auteurs du livre Écrire à voix haute : rencontre entre un poète et un linguiste autour de la poésie orale d’aujourd’hui, préface de Dominique Boudou (L’Harmattan).

Alexis Gloaguen est l’auteur de deux titres de poésie narrative chez Maurice Nadeau : Les Veuves de verre et La Chambre de veille.

Le hérisson est plus piquant que la harissa

« Le hérisson est plus piquant que la harissa », nous dit ce titre des Nouvelles Hybrides, à propos du livre de Jean Zéboulon & Zaven Paré, Bestiaire pour les jours de cafard, édité par Harpo & (Pierre Mréjen). Et que mon ignorance jusque là ne m’avait pas permis de découvrir. Mais que ma curiosité alors saisie a rapproché d’une édition antérieure, au Seuil, que certains sites de vente proposent à près de 300 €… Or l’édition de chez Harpo & est superbe, composée sur linotype et gravée sur bois, aux pages non coupées. De l’édition grand art pour petites pépites où le jeu de mots devient magique, le calembour, geste de troubadour ou art poétique : « le ver de terre sous le bleu du ciel ».

« Le plus grand poète français du XXème siècle est Aimé Césaire » (Boubacar Boris Diop)

« Pour moi, le plus grand poète français du XXème siècle est Aimé Césaire. Mais Aimé Césaire était noir, nous avons été obligés de reconnaître son génie, mais en le confinant à un endroit où il ne pouvait pas bouger. Si Aimé Césaire avait été un poète français blanc, son pays lui aurait construit un monument national. Aujourd’hui, en plus de la poésie, le théâtre et la prose sont plus vivants hors de France. Mais nous ne devons pas chercher à mieux écrire que les Français, l’important pour nous, je crois, est de développer nos langues maternelles pour nouer un contact direct avec nos peuples. »

Lire son interview par Luis Martinez Andrade, publiée initialement par la revue mexicaine Círculo de poesía, reprise en français dans Palestine Solidarité.