Pour décrire les fleurs d’amandier / لوصف زهر اللوز

لوصف زهر اللوز تَلْزمني زياراتٌ إلى
اللاوعي تُرْشِدُني إلى أسماءٍ عاطفةٍ
مُعلَّقَةٍ على أشجار. ما اسمهْ ؟
ما اسم هذا الشيء في شعريَّة اللشيء ؟
يلزمني اختراقُ الجاذبيّةِ و الكلام،
لكي أُحِسَّ بخفَّة الكلمات حين تصيرُ
طيفاً هامساً، فأكونُها و تكونُني
شفّافَةً بيضاء

Pour décrire les fleurs d’amandier,
j’ai besoin de visites
à l’inconscient qui me guident aux noms
d’un sentiment suspendu aux arbres.
Comment s’appellent-elles ?
Quel est le nom de cette chose
dans la poétique du rien ?
Pour ressentir la légèreté des mots,
j’ai besoin de traverser la pesanteur et les mots
lorsqu’ils deviennent ombre murmurante,
que je deviens eux et que, transparents blancs,
ils deviennent moi.

Mahmoud Darwich, « Pour décrire les fleurs d’amandier » in Anthologie (1992-2005), édition bilingue, traduction Élias Sanbar, Actes Sud, 2009

 

Nous voulons plonger dans l’inconnu نحن نريد ان نغوص في قاع المجهول

نَحْنُ نُريدُ ان هذه النار تحرق عقولنا

ان نغوص في قاع الهاوية او الجحيم او السماء ما الفرق ؟

في قاع المجهول للعثور على الجديد

 

Nous voulons, tant ce feu nous brûle le cerveau,

Plonger au fond du gouffre, Enfer ou Ciel, qu’importe ?

Au fond de l’Inconnu pour trouver du nouveau !

 

Charles Baudelaire, mort il y a 150 ans.

 

 

Le poème en entier ici

« Charles Baudelaire, dandy paradoxal », L’Orient littéraire, octobre 2017 à propos du livre Baudelaire, de Marie-Christine Natta, chez Perrin.