« Il est drôle de remarquer que la situation de l’Allemagne en tant qu’État autrefois divisé et celle de l’Ex-Yougoslavie sont diamétralement opposées. Les Allemands ont une langue unique mais deux héritages culturels différents. Dans les Balkans, chacun parle une langue diffente. Pourtant, les traditions, les valeurs et les souvenirs se distinguent très peu les uns des autres. » raconte Jurica Pavcic, critique culturel croate et auteur de romans policiers à propos de la littérature balkanique contemporaine. C’était en mars dernier lors de la foire aux livres de Leipzig. C’est rapporté aujourd’hui dans un reportage intitulé » Arc-en-ciel littéraire à Leipzig » du Journal Europa .
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Après l’Australie, le Canada s’excuse auprès de son peuple autochtone

Après l’Australie , le Canada : le Premier ministre Stephen Harper a présenté aujourd’hui des excuses officielles historiques aux anciens élèves des pensionnats indiens et demandé pardon aux élèves pour les souffrances qu’ils ont endurées et les incidences néfastes des pensionnats sur la culture, le patrimoine et la langue autochtones.
Pendant un siècle et jusqu’en 1970, une politique d’assimilation destinée à » tuer l’Indien dans l’enfant « , a regroupé quelque 150.000 enfants, dont beaucoup ont été maltraités et ont subi des agressions sexuelles.
« Le traitement des enfants dans les pensionnats indiens représente un triste chapitre de notre histoire a déclaré le Premier ministre Harper. Aujourd’hui, nous savons que cette politique d’assimilation était mauvaise, qu’elle a causé énormément de torts et qu’elle n’a pas sa place dans notre pays. Le gouvernement du Canada s’excuse sincèrement et demande pardon aux peuples autochtones du pays pour avoir trahi leur confiance si profondément. »
La suite sur le site officiel du Premier ministre.
Impuissance ou pouvoir de la littérature ?
Joli propos que nous annonce le site de recherche littéraire Fabula pour un colloque en avril 2009 à Tunis sur le thème » Impuissance(s) de la littérature » !
» Affres du style et horreur de la page blanche, limites de la représentativité et fin de la mimésis, règne de l’informe et structure éclatée, autonomisation et retrait du monde, excès du signifiant et refus de l’illusion référentielle, divorce entre fiction et narration, fin des grandes polémiques littéraires… l’impuissance de la littérature est de nos jours un objet central de réflexion dans la création littéraire, au point qu’elle a tendance à éclipser le thème du pouvoir de la littérature. » Appétissant, non ?
Slam debout à Bobigny ; Assises de questions à Lyon
Recherche don d’ubiquité
Ubu roi chez soi
Loi du mot à mot
De moi à toi
D’équité
En toute intranquillité…
→ A Lyon, les Assises internationales du roman, An II
A noter, ce mardi, à 19h30, la table ronde » La fissure géographique » avec Nuruddin Farah (Somalie), Fatos Kongoli (Albanie), Dany Laferrière (Québec / Haïti) et Elif Shafak (Turquie), présentée ainsi :
» Un des personnages de La bâtarde d’Istanbul d’Elif Shafak dit vivre dans une fissure géographique. Cette métaphore suggestive traduit la complexité de certaines identités nationales et territoriales qui sont des zones de conflit. Ayant du mal à s’apaiser, elles laissent ouverte la question de leur définition. Comment les romanciers peuvent-ils rendre compte de la réalité de ces zones de faille géopolitique et souvent de la diversité de leurs langues ? Vers quel type de langage s’orientent-ils qui puisse saisir les écarts et les différences qui mettent en crise leur pays ? Leur lien avec ces identités complexes a-t-il nécessairement une influence sur leur écriture ? Quelle liberté peuvent-ils trouver ? Quelle distance peut leur donner le roman par rapport à ces questions sensibles ? »
→ A Bobigny, le Grand slam de poésie, An II :
Une centaine de slameurs français et étrangers participent du 27 au 31 mai aux joutes de poésie urbaine du « Grand slam de poésie » et à la Coupe du monde de slam. Les épreuves éliminatoires ont débuté mardi soir. Seize équipes de quatre poètes sont en compétition dans ce tournoi. Quarante ans après 1968, les organisateurs promettent une poésie « des plus contestataires et subversives ».
Parallèlement, les slameurs de 16 pays s’affronteront en « Coupe du monde ». Les performances des artistes (textes de trois minutes maximum, sans musique d’accompagnement) seront « notées » à chaque round du tournoi par des juges choisis parmi le public.
A suivre, en particulier, Tsiky, 17 ans, terminale L au Lycée Français de Tamatave, gagnante du Grand Slam national de Madagascar. Sa profession de foi : » Pour moi le slam n’est qu’un nom qui permet d’identifier un art ancestral qui se pratique encore à Madagascar : kabary, hain-teny, angano, tononkalo… Le verbe est sacré sur cette île de culture et de tradition orales oú la parole est reine et l’orateur un roi.

Umar Timol (site rénové)
» Le français demeurera langue inconnue, étrange et étrangère, mais elle sera aussi langue nouvelle, langue rêvée, langue de l’inimaginé, ma langue, mo langaz, langue macérée et mélangée, langue-océan qui réensemence mes origines et qui embrase mes lendemains. « , extrait du site rénové du poète mauricien Umar Timol. A consulter en français ou en créole…
Avant la grève, Le Petit Chaperon rouge
Le Petit Chaperon rouge, dans une mise en scène de Joël Pommerat, est joué ce mercredi 21 mai à 14h30 à la Scène Watteau Théâtre de Nogent-sur-Marne, face à la station RER E Nogent-Le Perreux, la veille d’une grève annoncée des transports. Profitez-en ! C’est absolument admirable !
Esclavages et libertés au Festival du conte et de la parole
» Esclavages et libertés » est le thème du Festival international du conte et de la parole, les 22, 24 et 25 mai à Bobigny (Seine-Saint-Denis).
Organisé depuis deux ans à Gorée (Sénégal) sur le thème de l’esclavage, c’est la première fois qu’une déclinaison française est proposée : » Il y aura là de grands conteurs venus des quatre coins du monde [Babacar Mbaye Ndaak (Sénégal), Sani
Bouda (Tunisie), Catherine Zarcate (France), Mimi Barthélémy (Haïti), Manféï Obin (Côte d’Ivoire), Suzy Ronel (Guadeloupe, France), Sani Bouda (Niger)] mais aussi des musiciens, des danseurs et des chanteurs. Tous parleront des esclavages et libertés pour que les spectateurs puissent entendre de leur bouche, en situation théâtralisée, des histoires qui sont restées gravée dans la mémoire, et qui pour certains, ont été vécues par leurs propres grands-parents… «
Le festival s’associera vendredi 23 mai aux commémorations organiséee par des associations antillaises, notamment à Saint-Denis (Seine-Saint-Denis), dans le cadre de la journée récemment officialisée par le président de la République comme « journée commémorative » pour les associations de Français de l’Outre-mer vivant en métropole, en plus de la journée nationale de commémoration du 10 mai.
Des nouvelles des colloques : Glissant, Frankétienne et Césaire
» Edouard Glissant ou la poétique de la ritournelle » est le thème de la conférence d’Aliocha Wald Lasowski, lauréat de la bourse Edouard Glissant 2008, le 23 mai à 15h30, Maison internationale de la Cité internationale universitaire de Paris, Salon David Weill.
Frankétienne est au programme du colloque » La création face à la langue de bois « , les 19 et 20 juin 2008 à l’Université Paul Valéry – Montpellier III . Colloque pluridisciplinaire de jeunes chercheurs organisé par l’Ecole doctorale « Langues, littératures, cultures, civilisations ». Marie-Edith Lenoble (Université Paris IV – Sorbonne) tiendra son auditoire en haleine, le 19 à 16h avec Les langues totalitaires à l’épreuve de la schizophonie. Etude de L’Oiseau Schizophone de Frankétienne.

Un colloque international Aimé Césaire est organisé par l’université West Indies de Barbade, du 15 au 17 octobre 2008. » Tout en revisitant l’histoire et les écrits de la négritude, ce colloque vise également à explorer les nouvelles directions des littératures antillaise et africaine », signalent les concepteurs. Annonce détaillée en français sur le site de recherche littéraire Fabula .
Le cristallographe et l’utopie : Brice Hortefeux chez Xavier Darcos
Lu dans Libération ce jour à propos de » La veillée d’armes de Xavier Darcos « , ministre de l’éducation nationale, racontée par Véronique Soulé :
12 h 30 «Il n’y a pas de grande carrière sans les épouses» : visage rouge sous la chaleur, le ministre affectionne le ton familier du notable de province. Il remet la médaille de chevalier de la Légion d’honneur au recteur de Clermont-Ferrand, Gérard Besson, cristallographe, spécialiste des ordres et désordre des matériaux – «prémonitoire pour être recteur». Ses collègues Valérie Pécresse (Enseignement supérieur) et Brice Hortefeux (Immigration) sont venus. Le médaillé conclut joliment en citant Edouard Glissant : « L’utopie n’est pas un rêve, mais ce qui manque dans le monde. » Au menu du déjeuner : gaspacho, cannette à la polenta, pêche melba façon Lenôtre.
La question qui vient immédiatement à l’esprit est celle de la réaction de Brice Hortefeux à cette citation d’Edouard Glissant. L’auteur de Tout-Monde est aussi le co-auteur avec Patrick Chamoiseau de Quand les murs tombent. L’identité nationale hors-la-loi ?, publié par Galaade éditions, un pamphet qui dénonce l’existence même du ministère de l’immigration, de l’intégration, de l’identité nationale et du co-développement [Papalagui, 31/08/07].
Extrait :
« Ainsi en plein 21ème siècle, une grande démocratie, une vieille République, terre dite des « Droits de l’Homme », rassemble dans l‘intitulé d’un ministère appelé en premier lieu à la répression, les termes : immigration, intégration, identité nationale, co-développement. Dans ce précipité, les termes s‘entrechoquent, s’annulent, se condamnent, et ne laissent en finale que le hoquet d’une régression. La France trahit par là une part non codifiable de son identité, un des aspects fondamentaux, l’autre en est le colonialisme, de son rapport au monde : l’exaltation de la liberté pour tous (…) Mais la folie serait de croire inverser par des diktats le mouvement des immigrations.
Depuis, le dernier terme d’un ministère identitaire à rallonge » co-devéloppement » a été remplacé par » développement solidaire « .
Donc quelle tête faisait Brice Hortefeux écoutant citer Glissant ? Césaire a-t-il été cité ? Autant de questions qui tarabustent l’esprit et tracassent.
Francophonie, tes papiers !
» Les artistes francophones, dans le spectacle vivant contemporain, sont les héritiers d’une francophonie politique, mais ils ne revendiquent pas nécessairement d’appartenance à une « francophonie artistique ». »
Pour interroger ce paradoxe, Equip’arts et l’Odéon-Théâtre de l’Europe présentent Francophonie, tes papiers ! ce jeudi 15 mai 2008 à 14h aux Ateliers Berthier. La langue française dévoilée dans tous ses états et dans tous ses éclats.
Francophonie : jeu de mots, jeu de scène, jeu d’idées. « Francophonie : tes papiers ! ».
avec Koffi Kwahulé, Odile Sankara, Marie-Agnès Sevestre, Dgiz, Gustave Akakpo, Délo, Paulin F. Foduop, Nathalie Vairac, etc.
