Outrenoir

A l’occasion de la rétrospective Soulages au Centre Pompidou, citons sa référence à « l’outrenoir » :

« Le noir est antérieur à la lumière. Avant la lumière, le monde et les choses étaient dans la plus totale obscurité. Avec la lumière sont nées les couleurs. Le noir leur est antérieur. Antérieur aussi pour chacun de nous, avant de naître, « avant d’avoir vu le jour ».  Ces notions d’origine sont profondément enfouies en nous. Est-ce pour ces raisons que le noir nous atteint si puissamment ? […] J’aime l’autorité du noir, sa gravité, son évidence, sa radicalité. Son puissant pouvoir de contraste donne une présence intense à toutes les couleurs et lorsqu’il illumine les plus obscures, il leur confère une grandeur sombre.

Un jour je peignais, […] les différences de textures réfléchissaient plus ou moins faiblement la lumière et du sombre émanait une clarté, une lumière picturale dont le pouvoir émotionnel particulier animait mon désir de peindre […]. Mon instrument n’etait plus le noir mais cette lumière secrète venue du noir. […] Pour ne pas les [les peintures] limiter à un phénomène optique j’ai inventé le mot Outrenoir, au-delà du noir, une lumière transmutée par le noir et, comme Outre-Rhin et Outre-Manche désignent un autre pays, Outrenoir désigne aussi un autre pays, un autre champ mental que celui du simple noir. »

Pierre Soulages, Le Noir. Dictionnaire des mots et expressions de couleur XXe-XXIe siècle Annie Mollard-Desfour, CNRS Éditions.

 

« Une balle dans les mots »

Saisissant de découvrir que la Bibliothèque nationale d’Australie comme ma bouquiniste du marché de la place des Fêtes détiennent tous deux un exemplaire du livre d’Alain Jouffroy, L’incurable retard des mots, publié en 1972 par Jean-Jacques Pauvert.

Saisissant mais pas étonnant… L’un de premiers recueils de poèmes de l’inventeur de la « Société secrète de l’écriture » portait ce titre, en 1966 : Aube à l’antipode. On peut y lire : « Écrire un poème, c’est se tirer une balle dans les mots. »

Monsieur le Président, je vous écris des îles Chagos

On ne pourra pas dire que Le Clézio ne se sert pas de son prix Nobel de littérature (2008) :

 » Monsieur le président, vous êtes un homme de paix et de justice, vous avez le pouvoir de changer le sort de ce peuple venu d’Afrique de l’Est au temps de l’esclavage. Vous avez le pouvoir d’autoriser ces gens et leurs enfants à revenir vivre sur le sol natal, à y travailler (sur la base militaire, pourquoi pas ?), à y honorer leurs défunts. Ce ne serait pas un acte de charité, mais de justice. Ecoutez, je vous prie, la voix de la grande dame des Chagos, Charleezia, qui chante sur un rythme de séga la douleur de l’exil et l’espoir du retour. Elle en dit plus long que tous les discours.  » ainsi s’adresse dans une lettre ouverte aujourd’hui un prix Nobel de littérature, Jean-Marie Gustave Le Clézio à un prix Nobel de la Paix, Barack Obama, à propos des Chagossiens condamnés à la retraite forcée, loin de leur archipel des Chagos, île principale Diego Garcia, base militaire américaine qui rayonne sur l’ensemble de la région.

Ananda Devi m’a anéanti

Un père à l’agonie mais lucide, méchant et misogyne, alité dans sa maison de Curepipe à l’île Maurice, est veillé par sa fille et sa petite-fille, deux adultes qui sont toute haine pour lui et lui pour elles. Le Sari vert d’Ananda Devi (éditions Gallimard) joue avec les nerfs du lecteur, car au-delà de son apparent manichéisme, l’écriture est subtile et violente, belle et incisive, elle plonge profondément dans les arcanes psychologiques des personnages.

Qualifier l’écriture d’Anandi Devi de « violente » est un euphémisme. Relire Moi l’interdite ou Eve de ses décombres : la violence est constitutive de ses personnages, exsudation morbide d’un mal-être existentiel.

Incipit :

 » Je ne suis pas l’apôtre du dire poli. Je ne souscris pas à l’hypocrisie de ces belles et vides formules dont notre époque est si friande. Je ne suis ni jeune, ni riche, ni faible, ni gentil, ni femme, ni blanc, ni noir, ni pauvre, ni affamé, ni obèse, ni beau, ni contrefait, ni minorité brimée, ni majorité insensible, ni politicien hâbleur, ni prophète apocalyptique, ni mère Teresa, ni Berlusconi — bref, ni le meilleur, ni le pire. « 

Dans Le Sari vert, « Docter-Dieu » est l’archétype du mal en huis clos, notable déchu qui cache les lourds secrets de sa longue vie, misanthrope véritable, à l’opposé de sa vocation de soignant.

Mais l’écriture d’Ananda Devi ne se limite pas à grossir par effet de loupe la violence intérieure. Elle réussit à prendre le lecteur dans le jeu d’une ambivalence très étroite. Ce lecteur hésite entre la répulsion pour ce mourant qui exprime sa pitoyable vision de l’humanité et un sentiment inverse, la compassion qu’il inspire comme victime de cette humanité, au fur et à musure de son long monologue intérieur, réminiscence d’une vie miteuse.

Lecture éprouvante et captivante à la fois, qui a nécessité de grandes ressources pour l’auteur, comme elle le raconte sur son site :

« Est-ce le fait d’avoir écrit un livre si dur que j’ai moi-même de la peine à le relire? J’ai la sensation d’avoir franchi des espaces sauvages. Restent sur mon corps des traces de griffures, les balafres de ce voyage dans l’esprit herissé de lames du Dokter-Dieu, tandis que je contemple, atterrée, cette épopée sanglante. J’ouvre mes mains sur des paumes constellées d’entailles. C’est moi qui ai fait cela? Ce livre m’anéantit. J’ai l’impression de ne plus pouvoir écrire autre chose, après cela. » 

Cultures Sud, tout net

Est-ce une bonne nouvelle ? Une revue qui passe de la version papier à la version Internet, telle Cultures Sud qui, à partir d’aujourd’hui se décline uniquement sur un portail  » dédié à l’actualité des littératures du Sud « . Signalons les chroniques quotidiennes et un dossier mensuel. Sur ce point, apprécions à sa juste valeur une première analyse de la rentrée littéraire version Sud par Sami Tchak :  » Pour la rentrée littéraire 2009, paradoxalement, alors que le volume total de publications a baissé, celui de ces auteurs-là a fait un bond : neuf au total, tous déjà confirmés, plus ou moins connus du grand public « . Ajoutons au menu un photographe à l’honneur et la très remarquable base de données d’un millier d’ouvrages.

Est-ce une bonne nouvelle la disparition d’une revue papier ? Tous les lecteurs disséminés dans  » un Sud mondialisé  » vont-ils trouver leur compte ? Internet, réseau mondial certes, donne-t-il accès à tous les lecteurs potentiels ? Les anciens lecteurs papier des différentes bibliothèques de Ségou, Windhoek et Port-au-Prince auront-ils plus de chance de lire sur écran ce qu’ils auraient pu lire sur papier ? La revue de Culturefrance a-t-elle été victime de coupes budgétaires ? Que signifie ce changement de profil dans la politique française de diffusion de la culture ?

Coïncidence : à l’heure où l’Elysée annonce une réforme des filières littéraires du lycée (16,6% de bacheliers seulement), le Quai d’Orsay passe au numérique…

Le roman  » Tuimata » traduit pour la première fois en français

 

Après « le » Karl Von den Steinen, Les Marquisiens et leur art, livre de référence sur les tatouages marquisiens, traduite en français et publié par les éditions le Motu, une autre traduction tardive vient enrichir le patrimoine et la mémoire polynésienne : le roman  » Tuimata » est lui aussi traduit pour la première fois en français, 65 ans après sa première édition en norvégien par son auteur Bjarne Kroepelien ! Tahitpresse (11/10/09) évoque la souscription de cet ouvrage publié par les éditions Haere Po.

 » Peu avant la fin de la Première Guerre mondiale, un jeune Norvégien de 28 ans, Bjarne Kroepelien, découvrait Tahiti… et Tuimata. Ce négociant en vin, qui deviendra plus tard un grand collectionneur des premiers imprimés tahitiens et des publications relatives à la Polynésie, relate ce voyage dans un roman largement autobiographique.

Ce récit d’un séjour à Tahiti – qui est aussi celui d’une rencontre, entre le jeune Norvégien et la Tahitienne Tuimata – date de la fin de la Guerre de 14-18 et a été publié en… 1944 en Norvège et en 1946 au Danemark. Il n’avait jamais été traduit en français. Il a été traduit par Joëlle Petersen à la demande de Johan Frederik Kropepelien, le fils de Bjarne, qui en a d’ailleurs écrit la préface et édité parles éditions Haere Po.

Au travers de l’histoire de la rencontre de Kroepelien avec quatre jeunes Tahitiennes, Tehina, Tuimata, Vahine et Ahuura, l’auteur y décrit sa nouvelle vie qui se partage (entre 1917 et 1920) entre une maison sur le lagon, à Taunoa (Papeete) et une autre sur les hauteurs de Papenoo. On y découvre, en trente chapitres, tout un pan de l’histoire de Tahiti, au début du XXème siècle. Avec des épisodes étonnants comme cette ascension du Mont Orohena, le plus haut sommet de Tahiti – sans doute gravi pour la première fois – et dont l’expédition Jay retrouvera la trace, dans les années 50, grâce à un message laissé dans une bouteille… Tour de l’île, cinéma Bambou, mais aussi la fameuse grippe espagnole dont mourra Tuimata… sont parmi les innombrables histoires que Kroepelien (1890-1966) a consigné en près de 300 pages.« 

La Quinzaine nous le donne en mille !

Quelques morceaux d’anthologie dans La Quinzaine littéraire n° 1000 (du 1er au 15 octobre 2009).  » Pari tenu  » titre Maurice Nadeau qui conclut son éditorial par cette humble adresse, après  » quarante-trois années de labeur, de joies et de soucis  » :  » La Quinzaine littéraire, dans ce monde qui a pas mal changé, doit prendre un nouveau plumage. En a-t-elle les moyens ? A vous amis lecteurs, de le dire.  »

Parmi les hommages des fidèles, il y a les radicaux, comme Jean-Jacques Lefrère, qui fait un sort aux  » coups de cœur des libraires (qui) se croient obligés de donner leurs jugements sur des livres qu’on ne leur demande que d’exposer et de vendre « , qui règle son compte à  » la critique littéraire (…) remplacée par la réclame de copinage, les perpétuels renvois d’ascenseur, les comptes-rendus fadasses « , qui assassine allègrement l’époque, les suppléments littéraires des quotidiens, les premiers romans  » de tant de petits cons  » :  » À l’heure où la  » rentrée littéraire  » voit éclore six cents romans chaque automne, tous pareils, tous médiocres, tous inutiles (…) à l’heure où la littérature devient conformiste jusque dans sa subversion même « .

Parmi les fidèles, citons le  » pédagogue  » Nobert Czarny, qui a passé vingt années à La Quinzaine. Il écrit un beau papier sur la poésie de Queneau, intitulé  » L’intime, l’universel « . Il se confesse humblement (sans doute l’école Nadeau cette humilité, une marque de fabrique) :

 » Écrire un article me prend un temps fou. Je crains de me tromper sur le sens de tel passage, sur la dimension symbolique ou que sais-je d’autre. (…) Je suis plutôt fier de mes efforts.  » Dix pour cent d’inspiration, quatre-vingt dix de transpiration  » expliquait un vieux détective dans Baisers volés de Truffaut. Je pourrais en dire autant.

Le pédagogue évite les effets inutiles et aime la clarté. Je déteste les formules définitives, les adjectifs dévalués, les superlatifs ou comparaisons qui font d’un jeune romancier le nouveau Faulkner ou le fils spirituel de Beckett (…) J’ai besoin de citations, de références, de preuves formelles.  »

Sur le travail de critique, lire  » Ne jamais être acquis à soi-même  » de Christian Mouze : « Auteur, lecteur et critique sont les faisceaux d’une même source lumineuse qui leur reste une énigme. Cette lumière dessille et aveugle. Nous lisons, nous disons de multiples choses pour arriver à quoi ? Comme tout un chacun je garde les défauts de ma vue. L’imperfection et l’insuffisance nous lient, mais l’amour que l’on porte aux livres, à quelque chose ou à un être nous délie.  »

Enfin (mais tous sont à lire), remarquons le travail de La Quinzaine littéraire sur  » La Polynésie, les Antilles, l’Afrique, l’océan Indien… Glissant, Ananda Devi, Nimrod, Farah, C.T. Spitz…  » avec Patrick Sultan qui signe un article plaidant pour  » Une critique d’affinité  » :

 » Sous les images chatoyantes, le critique doit percevoir en quoi, dans des formes généralement empruntées à l’Europe et mêlées à d’autres venues de partout, s’exprime le grand lamento des nations dépossédées, le deuil des peuples ou des multitudes traumatisés (…) Il doit accéder à une écoute  » post-coloniale « . (…)

Pour tenir ce cap difficile et éviter ces écueils, peut-être faut-il s’efforcer de pratiquer une lecture que je dirais  » d’affinité  » ; j’entends par là, une critique qui cotoie l’œuvre, se déplace vers ses frontières, en éprouve les limites, apprécie sa beauté, circonscrit son lieu qui, bien qu’il soit enraciné dans l’histoire et la géographie (coloniales ou décoloniales), demeure singulier et offert librement à tout lecteur qu’il soit d’Europe ou d’ailleurs, à tout lecteur fraternel. « 

Porteurs de livres, porteurs de valises

Des hauteurs de Belleville, la vue sur Paris par soleil couchant, en ce samedi d’automne, ciel dégagé, brume de chaleur léchant les toits, a quelque chose de doucement merveilleux. Ô spectacle tranquille ! De ce promontoire les piétons plongent le regard dans le décolleté de la capitale. Son panoramique se déploie au grand angle, quiétude qui révèle une cité chatoyante, aux myriades de lucioles lointaines, pointillés démultipliés à l’envi.

Sous l’emprise d’un Muscadet bio, on pourrait s’abîmer dans la contemplation de ce tableau pour peintre impressionniste. Mais, en-deçà, résonnent les ambiances de la rue des Envierges et de son bar de proue, le bien nommé La Mer à boire. Karlex se prépare pour le concert du soir, organisé par le Collectif 2004 images. Aux murs des photos de Fred Kœnig, des peintures d’Elodie Barthélémy.

Les militantes de l’association Monique Calixte font les comptes. Elles ont vendu pas mal de livres en cette  » journée d’escale haïtienne « . L’argent ira aux bibliothèques de Port-au-Prince.

Elles envoient de l’argent mais des livres aussi. Il y a quelques jours un voyageur bénévole est parti avec plusieurs dizaines d’ouvrages. Pas n’importe lesquels ! Que du nécessaire, du bon et du neuf, pas des papiers empoussiérés, tirés de vide-greniers expéditifs, mais des titres jeunesse ou classiques. Il faudrait plus de livres universitaires. Et comme on fait bien les choses, le curieux ou le sympathisant pourra consulter la liste des titres sur le site de l’association…

 

Qu’on en juge : des romans, tel celui de Chris Abani, Graceland, traduit de l’anglais (Nigéria) par Michelle Albaret-Maatsh, ou les Nouvelles de l’île Maurice signées Shenaz Patel, Vinod Rughoonundun, Anada Devi, Sailesh Ramchurn et Bertrand de Robillard, éditées par Magellan & Cie/Courrier international, ou encore le livre de Mia Couto, Chronique des jours de cendre, traduit du portugais (Mozambique) par Maryvonne Lapouge-Pettorelli, ou encore : Zora Neale Hurston, Une femme noire, traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Françoise Brodsky, L’Aube poche, ou encore : Ken Saro-Wiwa, Mister B. Millionnaire, traduit de l’anglais (Nigéria) par Kangni Alem, Dapper, coll. Au bout du monde. Même la belle littérature haïtienne vient en Haïti, comme le montre cet envoi : Marie Vieux-Chauvet, La danse sur le volcan, préface de Catherine Hermary-Vieille, Maisonneuve & Larose, coll. Soley.

Entre 2003 et 2008, plus de 900 livres neufs et près de 15 000 euros ont été envoyés à la Bibliothèque Monique Calixte de Port-au-Prince.

Ce travail de fourmi, fait de passon pour le livre, d’attachement pour Haïti et de solidarité par le menu, complète admirablement des appels à  » l’insurrection des imaginaires  » lancés par Edouard Glissant et Patrick Chamoiseau, comme si, après l’époque des porteurs de valises, était venu le temps des porteurs de livres.

Haïti en mille morceaux

À signaler la pièce Thérèse en mille morceaux, mise en scène par Pascale Henry au Théâtre de l’Est parisien, du 13 au 24 octobre, d’après le roman de Lyonel Trouillot.
Avec Jean-Baptiste Anoumon, Marie-Sohna Condé, Stéphane Czopek, Analia Perego, Aurélie Vérillon, Mylène Wagram.
Thérèse en mille morceaux est le portrait d’une femme, le récit d’une insurrection, d’une fille de propriétaires terriens dans Haïti des années 60…
Le roman débute ainsi :
« Un jour de mars 1962, Thérèse Décatrel quitta la ville du Cap pour ne plus jamais y revenir. Pour tout bagage, elle emportait son journal intime et quelques piastres ».

Plume noire, Liban et Québec

A une voix près (5 voix contre 4), à l’ouverture du 14e Salon de la Plume noire (spécial Liban cette année), le Prix Léopold Sedar Senghor 2009 du premier roman francophone a été attribué au roman Les Carnets de Douglas de Christine Eddie, publié aux éditions Héloïse d’Ormesson (1ère édition Alto en 2007, prix littéraire France-Québec 2008).

Le jury, présidé par Louis-Philippe Dalembert, a voulu récompenser « un livre d’une grande authenticité, qui met en scène une histoire d’amour entre un homme et une femme, entre un enfant et ses parents adoptifs, entre l’homme et la nature. Le livre, à la langue très poétique et dont l’histoire se déroule dans la forêt canadienne, pose la question du modèle familial et de la transmission des valeurs. »
Christine Eddie qui a grandi en Acadie est aujourd’hui installée au Québec.

Sélection :
1.    Kiffer sa race de Habiba Mahani, Ed. J.C. Lattes, 2008 (Franco-Algérie)
2.    Les carnets de Douglas de Christine Eddie, Ed. Héloise d’Ormesson, (Québec)
3.    Punchlines de Christophe Gros – Dubois, Ed. Sarbacane, 2009 (France)
4.    Leila ou la femme de l’aube de Sonia Chamki, Ed. Elysad 2008 (Tunisie)
5.    Sikè de Auguste Léopold Mbondé,  Ed, Vents d’Ailleurs, 2009 (Cameroun)
6.    La Fille de Carnegie de Stéphane Michaka, Ed. Rivages/Noirs, 2008 (France)
7.    Les récidivistes de Laurent Nunez, Ed. Champvallon, 2008 (France)
8.    Dis oui Ninon de Maud Lethellieux Ed. Stock, 2009 (France)
9.    Saint-Denis bout du monde de Samuel Zaoui , Ed. de l’Aube, 2008 (Alger)
10.   Du Bon usage des étoiles de Dominique Fortier, Ed. Alto 2008, (Québec)
11.   Les Derniers de la rue Ponty de Sérigne M. Guèye 2009, Ed. Naïve (Franco-Sénégal)
12.   Qui a tué l’Ayatollah Kanuni ? de Naïri Nahapétian, 2009, Ed. Liana Lévi (Iran)