Haïti : la mort de Mamadou Bah

Mamadou Bah, ancien porte-parole de la Minustah, est mort dans l’effondrement de l’immeuble de l’Onu à Port-au-Prince. Il était depuis quelques semaines le plus proche collaborateur du numéro de 2 de l’organisation, Luiz Costa da Silva, lui aussi décédé dans le séisme.

« Mamadou Bah avait eu l’idée d’une coopération entre Bibliothèques Sans Frontières et la Minustah », nous raconte Patrick Weil, président de BSF [et co-fondateur de StreetPress, ndlr]. Il nous avait demandé des livres pour permettre l’ouverture d’une bibliothèque pour les adolescents purgeant une peine dans des centres pénitentiaires. »

Mamadou était « féru de littérature et de peinture »: Il croyait au développement par la culture. Juana Brachet, une amie témoigne : « A Port-au-Prince, il avait projet d’ouvrir une galerie, de soutenir des jeunes peintres. Vraiment, ce n’était pas du tout le bureaucrate onusien. Il avait un engagement total. »

En mission à Kinshasa de 2002 à 2006, il avait monté Radio Okapi.

Source : StreetPress.

Dany Laferrière est vivant et il parle de culture

« Quand tout tombe, il reste la culture. Et la culture, c’est la seule chose que Haïti a produite. Ça va rester. Ce n’est pas une catastrophe qui va empêcher Haïti d’avancer sur le chemin de la culture. Et ce qui sauve cette ville, c’est le peuple. C’est lui qui fait la vie dans la rue, qui crée cette vie. Il ne faut pas se laisser submerger par l’événement. » confie Dany Laferrière à la journlaliste canadienne Chantal Guy.

Dany Laferrière au court de tennis de l’hôtel Karibe, où des matelas ont été sortis en catastrophe dans la première nuit qui a suivi le séisme.

Photo: Ivanoh Demers, La Presse

 

Haïti chérie (Stanley Péan)

N’eut été les événements d’hier en Haïti, je serais à bord du vol Delta Airlines en direction de New York, d’où je devais repartir à 9h00 pour Port-au-Prince. Aucun moyen de rejoindre quiconque dans la capitale haïtienne, mais je sais désormais que le festival Étonnants Voyageurs auquel je devais prendre part à compter de demain…

écrit l’écrivain Stanley Péan, sur son blog après Alain Mabanckou, signalé hier.

Musiciens victimes en Haïti

Parmi les victimes du séisme : Joubert Charles, Ricky Juste et le rappeur Jimmy O, et King Kino, blessé et coincé dans les décombres de son hôtel, selon le journal canadien La Presse.

Rémy Junior Moschino, promoteur montréalais d’origine haïtienne, a confirmé le décès de Joubert Charles, l’un des plus importants promoteurs de musique à Port-au-Prince, par ailleurs manager de la formation konpa kreyol la. Il a péri sous les décombres de sa demeure.

Jean-Raymond Lecompte, que d’aucuns considèrent comme le plus accompli des ingénieurs du son dans la capitale, possédait un studio d’enregistrement où plusieurs artistes ou groupes enregistrent leur « meringue carnavalesque », chanson populaire que l’on crée annuellement pour les célébrations du Mardi Gras – qui devaient normalement se tenir les 14, 15 et 16 février prochains. Ce studio de Jean-Raymond Lecompte n’existe plus. Plusieurs musiciens auraient rendu l’âme sous les décombres de l’édifice. On attend les confirmations.

Selon nos sources, King Kino, chanteur du groupe konpa Phantom, serait pris sous les décombres d’un hôtel et Ricky Juste, ex-batteur du groupe Kadans, aurait succombé au tremblement de terre.

Protégé du célébrissime Wyclef Jean, le rappeur Jimmy O n’est plus.

Haïti, un reportage de Chantal Guy

 Pétionville, Villa Créole, 16h50. Je suis dans ma chambre d’hôtel en train d’écrire mon reportage sur Dany Laferrière, qui nous a fait découvrir la veille « son » Port-au-Prince. Journée magnifique: le soleil brille, les lézards sont paresseux, on entend les bruits de la ville grouillante et soudain… immense secousse. Comme si l’hôtel avait le hoquet. Puis, tout de suite, un tremblement extrêmement puissant et bruyant. Dans ma chambre, plus rien ne tient en place. Le plancher bouge, les miroirs tombent et se brisent, la télé tombe sur mon ordinateur, j’arrive avec peine à faire deux pas pour me rendre à la porte et sortir.

Ainsi débute le reportage de Chantal Guy, journaliste présente en Haïti pour un portrait de Dany Laferrière (sain et sauf), qui a réussi a envoyer son article à son journal, à Montréal, La Presse.

Mabanckou, Black Bazar en Haïti

« Catastrophe naturelle. Injustice de la nature. Séisme aveugle qui vient de s’abattre sur cette terre d’Haiti, ma terre d’adoption, la terre de mes frères, de mes amis les plus chers dont Dany Laferrière, mais aussi Rodney Saint-Eloy, Lyonel Trouillot, Louis-Philippe Dalembert. Tous sont sur place. Nous devrions nous rencontrer ce jeudi pour le festival Etonnants Voyageurs. » 

Ainsi débute le nouveau blog d’Alain Mabanckou, Black Bazar, en grande affection de ses amis écrivains d’Haïti dont Dany Laferrière et de son roman L’énigme du retour, dont il salue le « sens prophétique » dans son billet « Haïti, l’énigme du séisme ».

Haïtiens et sympatisants se rassemblent à Paris

La Plateforme d’associations franco-haïtiennes (PAFHA) organise ce 13 janvier à partir de 18h30 une réunion d’urgence après la catastrophe qui vient de frapper Haïti.

Associations, membres, journalistes, pasteurs, commerçants, artistes, étudiants et intellectuels etc. sont invités à cette réunion afin de former une grande chaîne de solidarité avec Haïti.

Il y a l’urgence des secours à organiser, mais il faut dès maintenant penser à l’aide aux victimes pour la reconstruction.

Adresse du rassemblement : Bourse du travail de Saint-Denis, 11 rue Génin à Saint-Denis – Métro Saint-Denis Porte de Paris – ligne 13

D’ores et déjà, la PAFHA vous remercie.

Remerciements à la Mairie de Saint-Denis qui met à notre disposition une salle de 400 places.

Moussa Sanou, un métro d’avance

Drôle, sympa, plein d’humour, Moussa Sanou, vu au Théâtre des Amandiers, dans son propre texte, Je t’appelle de Paris, qu’il met en scène sur sa propre vie de comédien arrivant en France par un vol Air France et s’étonnant de tout, des habitudes ou des valeurs des Français, comme de leur métro (la capitale serait-elle construite par-dessus ?), un métro qu’il verrait bien dans sa ville burkinabée de Bobo Dioulasso.
Un second personnage interprété par Mamadou Koussé, d’abord endormi, puis dans l’échange de politesse infini, donne piquant et humour supplémentaire aux lettres persanes dites avec une profonde tendresse par Moussa Sanou, déjà vu dans Médée, dans le même théâtre, en début de saison.

Je t’appelle de Paris, Théâtre Nanterre Amandiers jusqu’au 14 février 2010.

Schwarz-Bart, marranes et marrons

Avec André Schwarz-Bart, le miroir Juif / Noir prend des couleurs, « figure de passeur étonnant » pour Kathleen Gyssels, qui organise un séminaire, ouvert au public, à l’université d’Anvers, le 29 avril 2010, sous le titre de « André et Simone Schwarz-Bart, diasporas entretissées et écritures connectées : l’oeuvre romanesque de deux auteurs marranes et marrons ».

A lire sur le site de l’Institut d’études juives de l’université d’Anvers :

Mort en 2006 dans un silence assez troublant, ce « Juif de nulle part » (Kaufmann 2008) demeure toutefois une figure de passeur étonnant : entre-tissant de manière originale, voire ingénue, des liens entre la diaspora juive et diaspora noire, il incarne le «maillon» entre communautés dispersées et minorités opprimées. Avant l’âge des « postcolonial studies », il œuvre non pour le « conflit des mémoires », mais pour les interstices textuels et les interactions entre des communautés réduites en esclavage dans dans systèmes totalitaires et des univers concentrationnaires.

Ce qui m’a touché, dès le début, chez les Antillais, ce qui m’a fait véritablement les regarder comme des frères… c’est le mot ‘esclavage’. (…) Ce mot me touchait en tant que descendant lointain d’un peuple né en esclavage et qui en émergea voici trois mille ans. (Schwarz-Bart, Pourquoi j’ai écrit La Mulâtresse Solitude», Le Figaro littéraire, 26 janvier 1967, pages 1, 8-9).