Haïti : « un peuple d’artistes incroyables » (Benjamin Struelens)

À Bruxelles, la Charge du Rhinocéros, association de production et de diffusion de théâtre, et son mur de photos, celles de Benjamin Struelens, un jeune photographe belge. Il a photographié Haïti avant le séisme du 12 janvier, comme ces deux enfants au carnaval de Jacmel.

Sa soeur, son frère et l’épouse de Benjamin sont Haïtiens.

« C’est un coup de coeur, sans arrière-pensée. Je remercie les libraires et  tout ceux qui ont travaillé bénévolement pour donner le jour à ce livre et bien sur le public, qui en l’achetant, nous aidera à soutenir ce peuple qui a bien besoin aujourd’hui de notre solidarité. Haïti, ce n’est pas que la misère et les aléas  climatiques mais aussi un peuple d’artistes incroyables et une population dont la culture est d’une ouverture immense. »

Ce livre de photos est une opération de solidarité pour l’ONG Geomoun qui travaille auprès de six-cents enfants d’Haïti depuis de 10 ans. « 100% du prix de vente ira à Geomoun, garantit Benjamin Struelens, pas seulement les bénéfices. »

Les îles subantarctiques pour « changer de perspective »

Papalagui ne pouvait l’ignorer plus longtemps, ce blog Les îles subantarticques : « Drôle de perspective que cette Terre à l’envers pôle Sud vers le haut. Chacun met son pays au centre de la mappemonde, nous, les Américains, les Chinois… Changer de perspective, c’est changer sa manière de voir, c’est voir cette France la tête en bas, cette France extrême. »

C’est le blog du sénateur de l’Union centriste Christian Gaudin, auteur d’une proposition de loi relative à « l’élagage des abords des voies communales ».

Autrement dit, on peut être au Centre, vouloir légiférer sur le voisinage et considérer les Extrêmes pour « changer de perspective ».

Voir « Papalagui et la carte du monde upside down  » (21/08/06).

À venir : une projection de « L’Archipel des forçats »

Projection du documentaire-fiction « l’Archipel des forçats » (93 mn), de Jacques-Olivier Trompas, mercredi 24 mars à 19 heures à la Maison de la Nouvelle-Calédonie, à Paris. Le film a été écrit en collaboration avec Louis-José Barbançon, historien et écrivain calédonien, auteur du livre du même nomn, qui sera présent pour un débat à l’issue de la projection.

Attendue, une anthologie de la poésie du Tout-monde (Edouard Glissant)

 

« Diriez-vous qu’un poème peut être coupé, interrompu, qu’on pourrait en donner des extraits, morceaux choisis et décidés par l’action de vents malins ? Oui, quand les morceaux ont la chance c’est-à-dire la grâce de tant de rencontres, quand ils s’accordent entre eux, une part d’un poème qui convient à un autre poème, à cette part nouvelle, et devient à son tour un poème entier dans le poème total, que l’on chante d’un coup.

Une anthologie de la poésie du Tout-monde, celle que voici, aussi bien ne s’accorde pas à un ordre, logique ni chronologique, mais elle brusque et signale des rapports d’énergie, des apaisements et des somnolences, des fulgurations de l’esprit et de lourdes et somptueuses cheminaisons de la pensée, qu’elle tâche de balancer, peut-être pour que le lecteur puisse imaginer là d’autres voies qu’il créera lui-même bientôt. » – Édouard Glissant

La Terre, le Feu, l’Eau et les vents, cette anthologie est attendue pour le Salon du livre de Paris (Porte de Versailles, Pavillon des 30 ans), avec deux moments, annoncés par son éditeur Galaade :

Le 26 mars à 14h, discussion entre Edouard Glissant et Edwy Plenel autour de l’Anthologie de la poésie du Tout-Monde.

Le 31 mars à 18h, Récital avec les comédiens Marianne Basler, Michael Lonsdale, Alexandra Fournier, Sophie Bourel et Greg Germain ainsi que les poètes Pierre Oster, Antoine Raybaud, André Velter et Elias Sanbar vous présenteront en avant-première des extraits du livre.

Une lecture par Michel Herland, professeur de sciences économiques à l’Université des Antilles et de la Guyane, Martinique, Antilles françaises, sur le blog de Mondes francophones : « Les curiosités contenues dans ce recueil ne sont pas que poétiques, au demeurant. E. Glissant s’est autorisé des incursions dans des genres littéraires divers : le roman (Joyce…), la nouvelle (Faulkner…), l’essai (Elie Faure, Antonin Arthaud…), le témoignage historique (Inca Garcilaso…), etc. En définitive, l’anthologie du Tout-Monde est passionnante au premier chef parce que, n’ayant pas d’autres partis-pris que ceux de son auteur, elle autorise les rencontres les plus inattendues. »

 

Mot du jour : « baisement dans la cour Patel »

A La Réunion, pour désigner un « ennui », une « fessée », ou comme dans l’explication détaillée dans ce journal de l’île de la Réunion, une « bagarre », on utilise « baisement dans la cour Patel ». Cela n’a rien a voir avec le sens religieux admis (« baisement de l’anneau pontifical », par exemple). Qu’on en juge…

« Le G.R.A.H.TER (Groupe de Recherches sur l’Archéologie et l’Histoire de la TErre Réunionnaise) a publié en avril 2002, le livre du docteur Amode Ismaël Daoudjee “Les Indo-Musulmans Gujaratis”. Je suis frappé par l’itinéraire de Hadjee Amode Patel.
Employé de commerce à Saint-Louis de 1931 à 1936, puis fabriquant de limonade… il fut comptable et tenait les livres des commerçants “z’arabes” en gujarati. Amode Mamode Patel traduisait leurs écritures en français.

C’est en 1939 qu’il s’associe avec son oncle Sulliman Patel pour créer une entreprise de transports en commun… Et le fameux car « courant d’air » est né. Ils ont la ligne Saint-Louis / Cilaos. Actuellement, nous disons que c’est une route dangereuse. L’imaginons-nous en 1939 ? Et pourtant, il fallait travailler. Cilaos fut ainsi désenclavé.
La pénurie d’essence pendant la guerre va lui permettre de mettre au point un carburant à base de 90% d’alcool et de 10% d’essence. De même pour le moteur, il utilise l’huile de bancoul fabriquée localement. Hadjee Amode Patel était un précurseur d’une grande ingéniosité. C’est par la souffrance, dans la douleur que la création s’est faite. La guerre a été cet élément-là.

Pour résoudre le problème d’énergie, 60 après, l’idée revient d’actualité, par le bio-carburant.
Hadjee Amode Patel développera l’entreprise de transports. En 1950, cette entreprise sera le premier transporteur de voyageurs avec près de 20 cars « courant d’air » et des lignes régulières jalonnant l’île. Le garage de l’entreprise se situait dans la cour de la médersa, et parfois, des bagarres éclataient entre les voyageurs qui attendaient leurs cars, d’où le terme devenu familier de « baisement dans la cour Patel ». »

source : Témoignages, journal du Parti communiste réunionnais, 4/09/07.

Michel Admette en a fait une chanson :