Dix mots à réseauter à qui mieux mieux

On se retrouve avec ces dix mots, qui sont proposés pour une Semaine officielle de la langue française, du 13 au 20 mars, « Dis-moi dix mots qui nous relient ».
Les heureux élus sont :
complice, fil, avec, cordée, harmonieusement, agapes, réseauter, chœur, accueillant, main.
Par quelle subtilité, un mot comme « réseauter » est-il parvenu à se hisser au plus près des petits fours ? Serait-ce avec dans la main du complice, tendu comme un fil sinon en cordée comme pour réseauter accueillant en chœur une promesse d’agapes ?

Tout cela serait-il cousu de fil blanc ?

L’œuvre des mers, sélectionné pour deux prix littéraires

http://culturebox.france3.fr/player.swf?video=32512Découvrez L’intégrale de l’Oeuvre des mers d’Eugène Nicole sur Culturebox !

L’œuvre des mers, d’Eugène Nicole (Saint-Pierre et Miquelon) et Corps mêlés, de Marvin Victor sont sélectionnés pour le 6e prix du livre France-Culture Télérama, qui sera remis lors du Salon du livre de Paris, le 17 mars, et pour le prix Louis Guilloux qui sera attribué le 15 mars.

France Culture et Télérama récompensent, chaque début de printemps, une œuvre littéraire écrite en langue française et publiée en janvier, février ou mars.
Doté de 5 000 euros, le prix sera remis lors de la soirée d’ouverture du Salon du livre de Paris, le jeudi 17 mars à 19 heures, sur le stand de Radio France.
Le jury a présélectionné les dix romans et récits suivants :
Ce qu’aimer veut dire, de Mathieu Lindon (éd. P.O.L.)
Les Liaisons ferroviaires, de Jean-Pierre Martin (éd. Champ Vallon)
Des Femmes disparaissent, de Christian Garcin (éd. Verdier)
L’œuvre des mers, d’Eugène Nicole (éd. de L’Olivier)
Dino Egger, d’Eric Chevillard (éd. de Minuit)
Bande-son, de Bertrand de la Peine (éd. de Minuit)
Tu verras, de Nicolas Fargues (éd. P.O.L.)
Une lointaine Arcadie, de Jean-Marie Chevrier (éd. Albin Michel)
La Lettre de Buenos Aires, d’Hubert Mingarelli (éd. Buchet-Chastel)
Corps mêlés, de Marvin Victor (éd. Gallimard)

Le prix Louis Guilloux, doté de 10 000 euros, récompense l’auteur d’un roman ou récit en langue française s’inscrivant dans la lignée littéraire de l’écrivain breton, privilégiant notamment la “dimension humaine d’une pensée généreuse, refusant tout manichéisme, tout sacrifice de l’individu au profit d’abstractions idéologiques”.

Son jury, présidé par Yvon Le Men, est majoritairement composé d’écrivains.

21 titres sont en compétition :
Yahia Belaskri, Si tu cherches la pluie, elle vient d’en haut, Vents d’ailleurs
Jeanne Benameur, Les insurrections singulières, Actes Sud
Vincent Borel, Antoine et Isabelle, Sabine Wespieser
Delphine Coulin, Samba pour la France, Le Seuil
Jean-Baptiste Del Amo, Le sel, Gallimard
Jérôme Ferrari, Où j’ai laissé mon âme, Actes Sud
Hervé Jaouen, Les sœurs Gwenan, Presses de la Cité
Dany Laferrière, Tout bouge autour de moi, Grasset
Maxim Leo, Histoire d’un Allemand de l’Est, Actes Sud
Andreï Makine, Le livre des brèves amours éternelles, Le Seuil
François Marchand, Plan social, Le Cherche Midi
Patrice N’Ganang, Mont plaisant, Philippe Rey
Eugène Nicole, L’œuvre des mers, L’Olivier
Anthony Palou, Fruits & légumes, Albin Michel
Bernard Ruhau, Salut à vous !, Maurice Nadeau
Lionel Salaün, Le retour de Jim Lamar, Liana Levi
Frédéric Valabrègue, Le candidat, P.O.L
Jean Védrines, La belle étoile, Fayard
Gary Victor, Le sang et la mer, Vents d’ailleurs
Marvin Victor, Corps mêlés, Gallimard
Frédéric Werst, Ward, Le Seuil

(source : Livres-Hebdo).

Une saison chez Césaire (mise en scène Ruddy Sylaire)

Une saison chez Césaire. Première mardi 1er mars 2011. La déclaration universelle des droits de l’homme annotée par Aimé Césaire

Texte : Aimé Césaire Dramaturgie : Michèle Césaire Mise en scène : Ruddy Sylaire Lumières : Marc-Olivier René Costumes : Catherine Matis Décors : Kanel Brosi Avec : Gladys Arnaud, Eric Delor, Jean-Bernard Ekam-Dick, Astrid Mercier

Théâtre les déchargeurs, Paris.

La mort de Jean-Marc Tera’ituatini Pambrun, intellectuel polynésien

L’anthropologue, écrivain et artiste polynésien Jean-Marc Pambrun est mort le 12 février à Paris à l’âge de 57 ans. Son nom marquait sa double ascendance, père originaire de l’île de Ra’iatea (Polynésie française), mère d’ascendance ariégeoise et bretonne.

« Jean-Marc Pambrun était un intellectuel engagé, ardent défenseur de la culture. Sa dépouille sera rapatriée dans les jours qui viennent sur le fenua » (Les Nouvelles de Tahiti).

“Je crois que l’on ne se rend pas compte encore que l’on vient de perdre un des rares intellectuels polynésiens”, confie Heremoana Maamaatuaiahutapu, directeur de la Maison de la culture de Tahiti (La Dépêche de Tahiti).

Réaction de Gaston Tong Sang, président de la Polynésie française :

« Exerçant jusqu’à son décès les fonctions de directeur du Musée de Tahiti et ses îles, Jean-Marc Pambrun, était un homme d’idée et de réflexion, totalement investi dans l’action au service d’une cause, le développement culturel et artistique de son Pays. Ethnologue, écrivain et artiste, féru de culture polynésienne, il n’en était pas moins passionné par l’art contemporain qu’il affectionnait tout particulièrement. A n’en point douter, Jean-Marc laisse un grand vide dans le paysage polynésien et marquera à jamais l’histoire et la culture de notre Pays.

Son portrait par Vaite Urarii le site littéraire Île en île :

« Personnalité dérangeante autant par ses actes que par ses écrits, (…) il a porté la contestation dans de nombreux domaines de l’activité polynésienne : culture, recherche, enseignement, environnement, syndicalisme, journalisme… , Autant de facettes qui font de cet humaniste et intellectuel engagé, un auteur à part et créatif qui écrit dans les genres les plus divers : pamphlétaire, conteur, poète, essayiste, dramaturge, auteur de nouvelles. Par son éclectisme déroutant, il reste pour le moment un auteur inclassable. »

« Sans doute son engagement social a-t-il quelque peu ralenti une carrière d’auteur qu’on aurait voulu plus abondante. », écrivait Jean-Loup Ra’iatea Pambrun en 2002 dans la revue Litterama’ohi.

L’hommage de Julien Gué dans Suite 101 :

« S’il a effectué l’essentiel de son parcours professionnel dans le monde de la culture, y occupant d’importantes fonctions, ses fortes convictions et sa personnalité entière lui ont valu un parcours chaotique dû, pour l’essentiel, à son refus des compromissions et du silence.

Ainsi, au fil des années, il a alterné les périodes de disgrâce avec des fonctions majeures : directeur du département des traditions du Centre Polynésien des Sciences Humaines, chef du service de la culture de la commune de Faa’a, directeur de la maison de la culture de Papeete, conseiller auprès du gouvernement local à deux reprises, pour finir par être nommé, en août 2005, directeur du Musée de Tahiti et des Îles, Te Fare Manaha.

Son franc parler lui valut d’être limogé à deux reprises par deux ministres de la culture du président Flosse. Pour indocilité… »

Les origines sont au cœur de ses premiers écrits : La Fondation du marae – La légende du Scolopendre de la Mer Sacrée (1998), comme de son dernier texte publié le 9 janvier sur son blog, L’écriturien (notons l’autodérision), et titré Pour une généalogie de l’histoire anthropologique, philosophique et littéraire de la vision européenne de l’origine des Polynésiens, dont il se demandait « Pourquoi tant de disputes à propos de nos origines ? » et sujet d’un ouvrage en préparation, dont il publiait le premier chapitre.

Voir la Bibliothèque insulaire de Jacques Bayle-Ottenheim

 


Édouard Glissant, l’Algérie doit lui rendre un grand hommage (El Watan)

« La question coloniale l’a toujours hanté et, dans le sillage de Frantz Fanon, il a toujours été en révolte. Sensibilisé par les actions et les écrits de ce dernier dont il avait lu les ouvrages sur le racisme et le colonialisme français en Algérie, Edouard Glissant s’est engagé dans le combat libérateur. Ainsi, la guerre d’indépendance en Algérie l’a poussé vers les nationalistes algériens dont il devint très proche et dont il a toujours défendu la cause. De ce point de vue, l’Algérie doit lui rendre un grand hommage.
N’oublions pas qu’il a signé en 1960 le Manifeste des 121, ce texte qui dénonçait la répression et la torture et revendiquait le droit à l’insoumission des jeunes appelés français. Edouard Glissant a participé à plusieurs actions de soutien au FLN. Son combat a été aussi, pour beaucoup, celui de la défense de la mémoire et de la souffrance des esclaves. »

Benaouda Lebdaï, El Watan, 12/02/11, « L’inventeur du Tout-monde ».

Édouard Glissant dans La Quinzaine littéraire

Le blog de La Quinzaine littéraire, afin de rendre hommage à Édouard Glissant, met en ligne ses archives concernant son oeuvre littéraire et poétique.

« Il était à l’origine d’une réflexion majeure sur l’antillanité et la créolisation des cultures, il a notamment participé à la revue Les Lettres Nouvelles avec Maurice Nadeau. »

Extrait d’un article de Tiphaine Samoyault  « La Poétique en archipel » , La Quinzaine Littéraire, à propos du « Traité du tout-monde – Poétique. IV. », Revue n°726 parue le 01-11-1997.

« Edouard Glissant a constitué le chaos en poétique: ni à organiser ni à inventer, il n’est pas non plus à déplorer mais à respecter. Le chaos, c’est la multiplicité dont l’unicité ne nous est pas donnée. Si nous voulons concevoir cette multiplicité sous les auspices d’une unité, il nous faut entrer dans la prolifération et ne pas réduire le monde à une parole. Car malgré tout, des invariants se dégagent de ce monde et la poétique du chaos-monde devient une poétique de la Relation. Ainsi voit-on les personnages en quête de traces et de passages qui donnent sens à leur si longue pérégrination.

En voyage dans cette parole vers le tout, les voix retrouvent toujours le pays natal, la Caraïbe, peut-être le dernier lieu où une totalité « archipélique » puisse s’entrevoir: celle de tous les paysages de son pays entre eux. « Il n’en était pas de même pour les paysages du monde. Vous deviez les approcher sans l’idée de leur relation interne, qui est à venir, ni de leur totalité, qui est à rêver » (Tout-monde).

Le pays natal, c’est aussi cette terre familière d’autres porte-voix du divers, les poètes du verset (avec cette belle analyse de Du mouvement et de l’immobilité de Douve), Michel Leiris, Aimé Césaire, Maurice Roche, Gaston Miron, tous ceux qui disent le monde, tous ceux qui disent, littéralement. La pensée de l’archipel relaie celle, « sommée », de l’universel. La voix, dans ce pays, se fait elle-même archipélique. »