Enseigner l’histoire coloniale en 2011

Nous avions vu cette exposition au festival d’Avignon 2009, 1947 (photos de Pierrot Men, textes de Raharimanana). Elle est présentée à nouveau à l’université Nanterre dans le cadre d’un ensemble de manifestations « Madagascar 1947, Histoire(s) et mémoire(s) coloniales », du 10 mars au 5 avril 2011 (détails ). Et ce livre édité par Vents d’ailleurs, en avant-première dans l’expo et au salon du livre de Paris.

À noter ce mardi 15 mars, à 17h, la table-ronde : Histoire(s) et mémoire(s). Enseigner l’histoire coloniale en 2011. Avec : Lydia Ait Saadi Bouras : Docteure en Histoire contemporaine du Maghreb,  Jamie Byrom : Consultant en éducation, auteur de manuels d’histoire au Royaume-Uni, Laurence de Cock : Professeure d’histoire-géographie au lycée Joliot-Curie de Nanterre, chercheuse en sciences de l’éducation, Université Lyon 2, Marie-Albane de Suremain : Maître de conférences en Histoire, Université Paris Est Créteil – IUFM, membre du laboratoire SEDET, Raharimanana : Écrivain – co-auteur de l’exposition « 47, Portraits d’insurgés ,
Jakob Vogel : Professeur d’Histoire de l’Europe et du colonialisme européen, Université de Cologne, Allemagne.

Césaire au théâtre des Déchargeurs

« Une saison chez Césaire » réunit des extraits des quatre pièces d’Aimé Césaire (1), un choix élaboré par Michèle Césaire, dramaturge et fille du poète, dans une relation aux articles de la Déclaration des droits de l’homme de 1948.
C’est au théâtre des Déchargeurs, du 1er mars au 09 avril 2011 à 21h45.
(1) * Et les Chiens se taisaient, tragédie: arrangement théâtral. Paris: Présence Africaine, 1958, 1997.
* La Tragédie du roi Christophe. Paris: Présence Africaine, 1963, 1993.
* Une Tempête, d’après La tempête de Shakespeare: adaptation pour un théâtre nègre. Paris:
Seuil, 1969, 1997.
* Une Saison au Congo. Paris: Seuil, 1966, 2001.

http://culturebox.france3.fr/player.swf?video=33781

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Édouard Glissant, l’Afrique, l’Europe et les Amériques

« Edouard Glissant, l’Afrique, l’Europe et les Amériques », est le thème de la revue Baobab de l’université Cocody d’Abidjan, qui sera publiée en octobre 2011. Le site Fabula détaille la thématique des diverses contributions auxquelles appelle l’animateur de la revue, l’universitaire Lacina Yéo :

« Il s’agira d’étudier l’impact de la pensée d’Edouard Glissant sur le devenir du monde tout en mettant en évidence la contribution de son oœuvre à la construction de sociétés modernes, démocratiques en suivant le trajet Afrique Europe Amériques. Les contributeurs se feront l’effort d’analyser les thèmes suivants :

– Diversité ethnique, richesse ou menace ?

– L’Afrique regorge-t-elle d’éléments culturels (alliances interethniques), susceptibles d’entrer en correspondance avec la pensée de Glissant ?

– Edouard Glissant et Senghor : différences et similitudes

– Edouard Glissant et Césaire : différences et similitudes

– Le concept de « Tout-Monde » chez Glissant et celui de « Civilisation de l’Universel » chez Senghor

– Glissant- Poète de la Négritude ou de la Migritude ?

– Métissage, hybridité, créolité, antillanité, particularité, universalisme

– Africanité, Antillanité, créolité et créolisation à l’ère de la mondialisation

– Glissant et le discours postcolonial

– Les transferts culturels Afrique-Europe-Amérique

– Les imaginaires du rhizome. »

 

Une semaine avec Édouard Glissant…

Hommages, cafés littéraires et reprise du séminaire de l’Institut du Tout-monde, la semaine à venir s’annonce richissime, un mois après la disparition du poète.

À Paris :

Samedi 12 Mars à 19 h au Paname Soul, Café littéraire autour de l’œuvre d’Édouard Glissant : « De l’antillanité au tout-Monde : parcours d’une œuvre aux multiples contours »
En présence de Boniface Mongo-Mboussa, professeur de littérature francophone à la Sarah Lawrence University de Paris (lire son hommage à Glissant sur le site Mondesfrancophones.com ), et Loïc Cery, directeur de l’IFUPE (Institut de formation universitaire pour étudiants étrangers), animateur du site officiel d’Édouard Glissant.

Paname Soul, 1 bis rue de la Forge royale, 75011 Paris

Dimanche 13 mars à 18h, le Bal créole organisé à La Bellevilloise s’empare du thème : « Un voyage au cœur des musiques marronnes caraïbes ». La soirée débutera par un hommage à Édouard Glissant sous la forme d’une projection du film de Federica Bertelli « Les attracteurs étranges », présenté ainsi : « Ce film, où convergent la parole d’Édouard Glissant, la peinture de Sylvie Séma et la musique de Bës et Piersy Roos, met en jeu une réflexion sur la mondialité.
Film proposé par Les périphériques vous parlent. Lecture d’un texte d’Édouard Glissant par Yovan Gilles.
Puis, de 19h30 à minuit, bal orchestré par Manuel Mondésir et ses musiciens.
La Bellevilloise 19 rue Boyer 75020 Paris.

Mardi 15 mars à 19h : Reprise du séminaire de l’Institut du Tout-Monde, qui pour l’année 2010-2011 a pris le titre : « La créolisation des pensées, imaginaires et écritures » 



Projection du film de Manthia Diawara : « Edouard Glissant, un monde en relation ».
 La projection sera suivie d’une discussion avec le réalisateur.

Ministère de l’Outre-Mer, 27 rue Oudinot, Paris 7e (salle Félix Éboué). L’entrée est libre, dans la limite des places disponibles. Voir le site de l’Institut.

Mercredi 16 Mars à 19h30 : Rencontre « L’imaginaire des langues de France et d’ailleurs » en compagnie de Lise Gauvin (pour « L’imaginaire des langues »avec Edouard Glissant et le colloque « Les littératures de langue française à l’heure de la mondialisation ») et Antoine de Gaudemar (pour la revue Riveneuve Continents).

Librairie La lucarne des Écrivains, 115 rue de l’Ourcq, Paris 19e.

Jeudi 17 mars à 20h, le Salon du livre de Paris rendra hommage sur la Scène des auteurs à Édouard Glissant, en présence de Patrick Chamoiseau, Elias Sanbar, Claudio Magris, Laure Adler, François Noudelmann, Edwy Plenel, Antoine Raybaud, et Christopher Yggdre.
Organisé à l’initiative du Salon du livre par Galaade, l’Institut du Tout-Monde et le Fonds de dotation Agnès b.

À Pointe-à-Pitre (Guadeloupe) : Hommage des universitaires à Édouard Glissant

Mardi 15 mars, à 17h30 (Campus de St-Claude), l’Université des Antilles Guyane propose une causerie.
Intervenants St-Claude :
Roger Toumson, professeur des Universités en Littératures francophones et comparées : Édouard Glissant, l’écrivain polygraphe.
Jean-Pierre Sainton, maître de conférences en histoire : Édouard Glissant, parcours d’une
relation à l’histoire.

Vendredi 25 mars, à 18h, Campus de Fouillole :

Intervenants Fouillole :
à Roger Toumson et Jean-Pierre Sainton s’ajoutent :
Jacky Dahomay, professeur de lettres : Introduction à la pensée philosophique et politique d’Édouard Glissant, et
Fred Réno, professeur des Universités en science politique : Le concept de créolisation d’Édouard Glissant au regard de la science politique.
À Port-au-Prince (Haïti) :

Lundi 14 mars à 18h, l’Institut français propose une soirée-hommage : « Entrer en relation poétique avec Glissant », avec James Noël et ses invités, notamment : Barbara Carlotti, Wooly Saint-Louis Jean, Mackenzy orcel, Garance Clavel.

À Dakar (Sénégal) :
Samedi 12 mars à 16h, l’Institut français organise un hommage à Édouard Glissant animé par Emmanuel Magou Faye, en présence de Sarah Frioux-Salgas, commissaire de l’exposition Présence Africaine et de Romuald Fonkoua, professeur à l’université de Strasbourg et rédacteur en chef de la revue Présence Africaine.

Voyage à dos de cerisier (René Depestre)

http://culturebox.france3.fr/player.swf?video=33649Invité d’honneur du Printemps des poètes, avec Michel Butor, André Velter et Kenneth White, l’écrivain René Depestre nous a reçu chez lui dans les Corbières (Sud de la France) avec un poème inédit qu’il a écrit pour cette édition spéciale. Une soirée événement aura lieu au musée du quai Branly, le dimanche 13 mars en l’honneur de ces quatre poètes.

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Édouard Glissant, une générosité sans limite (Alexandre Leupin)

Alexandre Leupin, professeur au département d’études françaises de l’Université d’Etat de Louisiane à Baton Rouge, auteur avec Édouard Glissant des « Entretiens de Baton Rouge » (Gallimard, 2008) :

 » Cette conversation fut pour moi un dépassement de soi. La pensée d’Édouard Glissant, visant à faire dialoguer le monde entier avec lui-même, est d’une générosité sans limite. Elle est aussi respectueuse du singulier: c’est la mise en pratique de ce qu’il appelle l’opacité, la part obscure et silencieuse des êtres et des cultures qui ne saurait être réduite à un discours quel qu’il soit. Comment ne pas souscrire à un tel projet ? ».
Lire l’entretien dans son intégralité sur swissinfo.ch.

Extrait, p. 55-56 :

Édouard Glissant. La notion de centre, de périphérie, je me souviens que je l’ai désignée dans La Lézarde, où, pour parler de la France et de Paris et du gouvernement, j’emploie le mot « Centre », avec un C majuscule.

C’est alors la première fois que j’utilise ce mot. Le problème est qu’en fait j’écris La Lézarde alors que je me trouve déjà en France. C’est-à-dire dans le Centre. On ne peut bien comprendre le rapport d’un centre à une périphérie qu’en faisant l’expérience du Centre. Parce que le Centre se désigne comme centre, mais ne rapport ce qu’il est qu’en se démarquant comme Centre. La figuration du centre peut apparaître comme mythique, vue de la périphérie.

Écrivant dans le Centre, on commence à comprendre que peut-être il y a une pensée excentrique, qui se déplace hors de la norme du centre. Et je peux dire, sans aller à des outrances ou à des enflures, que c’est à l’époque où j’écris La Lézarde que je commence à comprendre qu’il y a une donnée de la pensée excentrique, intéressante par rapport à une forme de la pensée centrée.