Au cimetière
des oliviers corps noués
deux danseurs

Au cimetière
des oliviers corps noués
deux danseurs

Contempler les fleurs
se dit d’un mot au Japon
”hanami”
[Shiori Ito]
Aux Folies de Belleville
sourit le pastis en kabyle
le café attendra
في فولي من بيلفيل
يبتسم الباستيس بالأمازيغية
ستنتظر القهوة
« Humboldt a révolutionné notre conception de la nature il a inventé le concept de toile du vivant. Il disait que la terre était un organisme vivant dans lequel tout était interconnecté. Et il a été un des premiers à avertir du changement climatique provoqué par l’homme. »
Andrea Wulf, biographe de Alexander von Humboldt (1769 – 1859), dans le film docu-fiction Humboldt et la redécouverte de la nature, de Tilman Remme (Allemagne, 2018, 55 min), diffusion Arte.
Son livre : L’invention de la nature, Les aventures d’Alexander von Humboldt, traduit de l’anglais par Florence Hertz, Les Editions Noir sur Blanc.

« Toutes les fois que tu liras, même vite, même tout bas, passant, le nom que voilà, tu me ressusciteras. »
Dominique Noguez (1942-2019), dans les derniers mots de son livre Projet d’épitaphe (éditions du Sandre, 2016).

« C’est des poèmes que j’ai commencé par écrire, enfant. Puis je n’ai jamais vraiment cessé, glissant des épigrammes, des élégies, des chansons ou des proses poétiques dans mes livres – et en gardant d’autres sous le coude pour un hypothétique recueil.
En voici des échantillons, certains à forme fixe. Il y a une griserie à suivre une forme fixe, presque aussi grande qu’à trouver une image inattendue.
Ce petit opus se termine par un essai d’épitaphe, dernière étape avant ce qu’il y a de plus beau en poésie : le silence. »
on visite une grande horloge
pour toi le temps passe vite
pour moi c’est différent
Amélia Hernandez (9 ans) , Montréal, 1er prix de haïku au Japon.
Lire :
Une jeune Montréalaise gagne un premier prix à un concours de haïkus au Japon, Radio-Canada
Cent ans après sa mort, il n’est pas exagéré de dire que l’époque a besoin de Segalen. L’époque… elle souffre de ses va-t-en-guerre, de ses prédateurs carbonés, de ses fins de moi difficiles. De son uniformité sous des apparences de chic et choc, hype et in. De son monolinguisme, de ses tyrannies à grande et petite échelle, de sa quête de sens, alors que Segalen lui avait trouvé un sens : un Orient de beauté, à la fois continental chinois et archipélique polynésien.

De nombreux événements, rencontres, colloques, publications, sont prévus en ce printemps 2019 pour commémorer le centenaire du médecin, poète, voyageur, mort mystérieusement le 21 mai 1919, dans la forêt de Huelgoat en Bretagne.
Parmi eux une nouvelle édition , le 17 avril, de Victor Segalen, aux Cahiers de L’Herne, et la parution en édition de poche, le 9 mai, du livre de Jean-Luc Coatalem, Mes pas vont ailleurs, prix Femina Essai 2017.

Victor Segalen fera son entrée dans la Bibliothèque de la Pléiade dans une édition par Gallimard du premier tome de ses œuvres programmée pour fin 2019 – début 2020.
Sans attendre la date du centenaire, le 21 mai, l’Espace culturel André Chedid à Issy-lès-Moulineaux célèbre Segalen avec fastes par des expositions (début 7 mai), conférences, film, musique.
Poète, médecin, aventurier, chantre de la diversité, mort à 41 ans dans une forêt de Bretagne, il avait traversé la Polynésie et la Chine au point d’en laisser des livres majeurs.
Les « Immémoriaux » dédié « aux Maoris des temps oubliés » donne la parole aux Polynésiens ; « Stèles », un recueil de poésie « chinois » tant il est près d’une culture dont il avait appris la langue ; « Essai sur l’exotisme », livre posthume essai sur l’altérité, un éloge du Divers avant-gardiste, tel l’avait reconnu Édouard Glissant (« Introduction à une poétique du Divers », 1995), avant même l’urgence environnementale actuelle, lorsqu’il écrivait, en 1878 : « Le divers décroît. Là est le grand danger terrestre. C’est donc contre cette déchéance qu’il faut lutter, se battre, mourir peut-être avec beauté. »

Un Divers avec D majuscule, défini ainsi, le 2 octobre 1918, puis publié dans son livre posthume Essai sur l’exotisme :
« Je conviens d’appeler « Divers » tout ce qui jusqu’à aujourd’hui fut appelé étranger, insolite, inattendu, surprenant, mystérieux, amoureux, surhumain, héroïque et divin même, tout ce qui est Autre… »
Le centenaire de la mort de Victor Segalen sera commémoré à l’École des filles de Huelgoat, du 30 mai au 2 juin, sous le titre « Victor Segalen dans son dernier décor », avec deux académiciens, François Cheng et Erik Orsenna, en quatre journées d’hommage au médecin, sinologue, poète, mort le 21 mai 1919, à quelques pas de l’École.
Chaque année, depuis sept ans, lors du week-end de l’Ascension, l’association des amis de l’Ecole des filles organise dans l’espace d’art, l’Ecole des filles, des Rencontres Victor Segalen : « Cette démarche s’inscrit dans le projet culturel et éducatif de cette ancienne école communale de jeunes filles, construite en 1910, réhabilitée en espace d’art. »
Consulter le programme Segalen à l’Espace Andrée Chedid d’Issy-les-Moulineaux et les hommages à Huelgoat.