Chronique Culture du 4 mai 2012

Sur France Ô, la Chronique Culture du 4 mai 2012 :

1. À voir l’exposition, Le Corps découvert à l’Institut du monde arabe. Parmi les 70 artistes, 200 œuvres, je retiendrai le travail photo de l’artiste franco-marocaine Majida Khattari. Cette série a pour titre Les Parisiennes. Majida Khattari a déjà présenté des défilés performance sur le voile et la burqa. Voir le site de l’artiste.


Ces deux photos s’inspirent ouvertement de la période orientaliste d’Eugène Delacroix qui a peint en 1834 Femmes d’Alger dans leur appartement, un tableau exposé au Louvre, une vision réaliste du monde arabe, non fantasmée, une référence directe pour Majida Khattari, qui s’attache à un érotisme subtil à peine voilé.


Le Corps découvert est une exposition ouverte jusqu’au 15 juillet à l’Institut du monde arabe à Paris.

L’écrivain martiniquais Raphaël Confiant m’offre une transition évidente avec Rue des Syriens (Mercure de France), nom donné à la rue François Arago à Fort-de-France qui regroupe les commerçants levantins.


Ce n’est pas son meilleur roman, mais lui aussi tombe à pic, en résonance involontaire avec l’actualité du monde arabe. Il a le grand mérite de compléter sa « Comédie créole », (au sens de la Comédie humaine balzacienne) dont il nous avait déjà donné plusieurs composantes avec l’histoire des engagés indiens dans La panse du chacal et la présence chinoise (sa grand-mère paternelle était chinoise) avec Case à Chine.

À noter, à titre anecdotique, dans Rue des Syriens, la Guadeloupe est nommée par les candidats syro-libanais à l’exil, « Oued el-Houb », c’est-à-dire « la Rivière de l’amour ».

3. À quelques jours du festival de Cannes, voici un film présenté au festival l’an dernier, film du mexicain Gerardo Naranjo, Miss Bala. C’est l’histoire d’une miss beauté otage d’un cartel de la drogue, fléau qui a déjà fait 35 000 morts dans le pays.
Poignant ce portrait d’une femme belle emportée dans une logique de guérilla urbaine où chacun de ces choix peut être fatal, grand rôle mélancolique pour Stéphanie Sigman et superbe rôle de méchant intelligent Noe Hernandez, le chef de gang, deux comédiens impeccables.

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