Théâtre : lectures d’auteurs haïtiens contemporains le 28 septembre 2010

Une pièce pour Haïti !

Entrée libre pour des lectures des textes de trois auteurs dramatiques haïtiens : Charitable Duchens, Jean Durosier Desrivières, Guy Régis Junior.
Un communiqué de d’ETC Caraïbe : « Notre soutien aux auteurs haïtiens  ne doit pas fléchir!
Etc-Caraïbe, association d’auteurs dramatiques caribéens, a lancé dès le 14 Janvier un appel de fonds pour aider, sur place en Haïti, ses auteurs victimes du séisme du 12.
Dans le but de poursuivre ce soutien effectif  et de remercier ses donateurs Etc-Caraïbe,  en partenariat avec les Midis Libres du Théâtre du Rond Point à Paris, donne à entendre trois textes dramatiques haïtiens :

  • Acte de citoyen absolu de Charitable Duchens ;
  • Paroles en crue de Jean Durosier Desrivières ;
  • Le père de Guy Régis Junior.

Textes mis en lecture par François Marthouret et présentés par Mylène Wagram et Jacques Martial. Puis une rencontre-débat aura lieu en présence des trois auteurs.
Rendez-vous : Théâtre du Rond Point, mardi 28 Septembre 2010, 12h30.

Ecrivains mexicains, un documentaire de 13′

http://culturebox.france3.fr/player.swf?video=27961

Découvrez Carlos Fuentes, Martin Solares, rencontre avec des écrivains mexicains sur Culturebox !

A l’occasion du Salon du livre de Paris de l’an dernier, Christian Tortel proposait un documentaire de 13’, Écrivains mexicains 2009.

Carlos Fuentes, le doyen, l’ambassadeur, et Paco Ignacio Taïbo II, le biographe et l’auteur de polars, nous ont ouvert leur bibliothèque. Avec trois jeunes auteurs, ils sont nos guides dans un pays soumis à l’hyperviolence des narcotrafiquants, héritier de hautes cultures (olmèque, maya, aztèque, toltèque), où bouillonne une littérature solaire mais désenchantée, aux richesses méconnues.

Cette balade littéraire, mise en images par Jean-Pierre Magnaudet, nous emmène à Tampico, sur le Golfe du Mexique, en face des Caraïbes. Martín Solares s’est inspiré de sa ville natale pour écrire un roman policier aux résonances dans la terrible actualité du pays, Les minutes noires (Christian Bourgois éditeur, réédité en poche 10/18 en mai 2010).

A Coyoacán, quartier paisible d’une capitale démesurée, Guadalupe Nettel, grande lectrice d’Octavio Paz, raconte son goût pour toutes les formes de beauté, projet développé dans son recueil de nouvelles, Pétales et autres histoires embarrassantes (Actes Sud).

Plus au Sud, à Oaxaca, la rebelle, se rejoignent les traces des Codex, grands récits aztèques, et le tout premier recueil de poèmes en langue mazatèque, Tatsjejín nga kjabuya (« La mort n’est pas éternelle », bilingue espagnol). Juan Gregorio Regino nous dit ce qui change quand il écrit dans une langue
indienne, l’une des 65 du Mexique de 2009.

Écrivains mexicains 2009 s’inscrit dans une série de grands reportages littéraires : Écrivains voyageurs au Mali (2003), Écrivains mauriciens (2004), Écrivains et artistes haïtiens (2007).

James Noël : « J’écris pour avoir de mes nouvelles… »

« J’écris pour avoir de mes nouvelles, me convoquer en un tour de main. Et aussi répondre à chaque fois, comme par erreur, aux chants du cygne de ma terre malade ! La poésie me permet de partir, partir sans me fuir. »
Ainsi clôt l’excipit du recueil de James Noël, écrit avant le séisme du 12 janvier 2010, Des poings chauffés à blanc, l’un des quatre premiers titres des toutes nouvelles Éditions Bruno Doucey , ancien directeur éditorial de Seghers.
Ce poème « Dernière phase » donne le titre au recueil :
Je te tends mes poings
chauffés à blanc
des poings d’émeutier de la langue
des poings d’émeutier de la fin
la faim du monde
qui parle en langage
dans le ventre de la terre
etc.
Une poésie traversée par l’urgence de dire, car « ce n’est pas avec des gants roses qu’on assassine la mort et ses suppôts ».

Prix Médicis 2010, 1ère sélection

Dix-sept romans français :

Claude Arnaud, Qu’as-tu fait de tes frères ? (Grasset)
Dominique Barbéris, Beau rivage (Gallimard)
Robert Bober, On ne peut plus dormir tranquille quand on a une fois ouvert les yeux (P.O.L.)
Geneviève Brisac, Une année avec mon père (L’Olivier)
Jean-Baptiste del Amo, Le sel (Gallimard)
Philippe Forest, Le siècle des nuages (Gallimard)
Jean Guerreschi, Bélard et Loïse (Gallimard)
Jean-Baptiste Harang, Nos cœurs vaillants (Grasset)
Thomas Heams, Cent-seize Chinois et quelques (Seuil)
Fabrice Humbert, La fortune de Sila (Le Passage)
Claudie Hunzinger, Elles vivaient d’espoir (Grasset)
Maylis de Kerangal, Naissance d’un pont (Verticales)
Bernard Quiriny, Les Assoiffées (Seuil)
Jean Rodier, En remontant les ruisseaux: de l’Aubrac à la Margeride (L’Escampette)
Olivia Rosenthal, Que font les rennes après Noël ? (Verticales)
Balthasar Thomass, Le cercle des cendres (Philippe Rey)
Antoine Volodine, Ecrivains (Seuil)

Et dix romans étrangers:

David Vann, Sukkwan Island (Gallmeister)
Thomas Pynchon, Vice caché (Seuil)
William Boyd, Orages ordinaires (Seuil)
Sofi Oksanen, Purge (Stock)
Kate O’Riordan, Un autre amour (Joëlle Losfeld)
Gonçalo M. Tavares, Apprendre à prier à l’ère technique (Viviane Hamy)
Per Petterson, Maudit soit le fleuve du temps (Gallimard)
David Trueba, Savoir perdre (Flammarion)
Andreï Valerievitch Gelassimov, Rachel (Actes Sud)
Elisabetta Rasy, L’obscure ennemie (Seuil)

Verdict mercredi 3 novembre.

Prix Femina 2010, 1ère sélection

Femina 2010, 1ère sélection du prix qui sera décerné le 2 novembre.

Romans français:

– El-Mahdi Acherchour pour Moineau (Editions Aden)
– Claude Arnaud pour Qu’as-tu fait de tes frères ? (Grasset)
– Virginie Despentes pour Apocalypse Bébé (Grasset)
– Philippe Forest pour Le siècle des nuages (Gallimard)
– Gisèle Fournier pour Le dernier mot (Mercure de France)
– Mikaël Hirsch pour Le réprouvé (L’Editeur)
– Michel Houellebecq pour La Carte et le territoire (Flammarion)
– Fabienne Jacob pour Corps (Buchet Chastel)
– Maylis de Kerangal pour Naissance d’un pont (Verticales)
– Patrick Lapeyre pour La vie est brève et le désir sans fin (POL)
– Olivia Rosenthal pour Que font les rennes après Noël ? (Verticales)
– Violaine Schwartz pour La tête en arrière (POL)
– Antoine Volodine pour Ecrivains (Seuil)

Romans étrangers:

– Alberto Barrera Tyszka pour La maladie (Gallimard) – Venezuela
– Bernardo Cavalho pour Ta mère (Metaillé) – Brésil
– Shirley Hazzard pour La baie de midi (Gallimard) – Australie
– Michel Heyns pour Jours d’enfance (Philippe Rey) – Afrique du Sud
– Henrik B. Nilsson pour Le faux ami (Grasset) – Suède
– Audur Ava Olafsdottir pour Rosa candida (Zulma) – Islande
– Edna O’Brien pour Crépuscule irlandais (Sabine Wespieser) – Irlande
– Sofi Oksanen pour Purge (Stock) – Finlande
– Kate O’Riordan pour Un autre amour (Joëlle Losfeld) – Irlande
– Hwang Sok-Yong Shim Chong pour Fille vendue (Zulma) – Corée du sud
– Amanda Smyth pour Black Rock (Phébus) – Etats-Unis
– Gonçalo M. Tavares pour Apprendre à prier à l’ère de la technique (Viviane Hamy) – Portugal
– Maria Velho da Costa pour Myra (La Différence) – Portugal

Alain Mabanckou, bonheur piégé

http://culturebox.france3.fr/player.swf?video=27790

Découvrez « Demain j’aurai vingt ans », le nouveau roman d’Alain Mabanckou sur Culturebox !

« Mon père a baissé le son de la radio pour nous expliquer qu’Idi Amin Dada c’est un monstre plus méchant que le dragon et qu’il mangeait les gens avec du piment et du sel. Je suis étonné quand j’apprends qu’en fait il ne savait pas très bien lire, qu’il ne savait pas très bien écrire alors qu’il mesurait presque deux mètres. Pourquoi il n’a pas pris le temps d’aller très loin à l’école comme tout le monde ? D’accord, on va me dire que maman Pauline elle aussi elle ne sait pas bien lire et écrire, mais elle, elle n’a jamais tué personne et elle parle bien le français car on peut bien parler une langue même si on ne sait pas bien la lire ou bien l’écrire. Sinon comment on fait pour bien parler nos langues comme le lingala, le munukutuba, le bembé, le lari, le mbochi ou le vili alors qu’on n’a pas appris à les lire et à les écrire, hein ? » (extrait p. 130)

Alain Mabanckou, Demain j’aurai vingt ans, roman, Gallimard, 382p.

Juniot Diaz, La brève et merveilleuse vie d’Oscar Wao

Si vous ne l’avez pas lu, profitez de l’édition poche en 10/18 de La brève et merveilleuse vie d’Oscar Wao ainsi présenté par l’éditeur Plon :

 » Peu importe en quoi vous croyez, le fuku, lui, croit en vous « . Le fuku, c’est la malédiction qui frappe la famille d’Oscar, une très ancienne légende dominicaine. Oscar, lui, rêve de mondes fantastiques, s’imagine en Casanova ou Tolkien, au lieu de quoi il grandit au fond de sa classe et de son New Jersey, binoclard fou de SF, obèse et solitaire. Ses seuls superpouvoirs sont ses voyages dans l’histoire de sa famille. Nourrie des destins de ses aïeux brisés par la torture, la prison et l’exil, la vie d’Oscar s’écrit, fulgurante et désastreuse. Et rejoint la grande Histoire, celle de la dictature de Trujillo, de la diaspora dominicaine aux Etats-Unis, des promesses avortées du rêve américain. »

Je dirai que le roman de Junot Diaz n’a rien de « surdimensionné » . Il est tout simplement à la démesure du monde des jeunes latinos des Etats-Unis. Déjà dans son recueil de nouvelles « Los Boys  », le titre portait la marque de ce bilinguisme.
Avec « La brève et merveilleuse vie d’Oscar Wao », les phrases truffées d’hispanismes sont à la hauteur de ce roman du Tout-Monde américain (Nord et Caraîbes entremélés). D’ailleurs la traduction en français de Laurence Viallet est absolument remarquable. Fallait se coltiner avec cette langue qui mélange non seulement les langues mais les niveaux (de langue), le verlan comme les argots, les héros de Tolkien comme les héros de séries de fantaisy, base de métaphores propulsives : elle rendent captivante la lecture de ce roman merveilleux.
On passe des références de Glissant à Derek Walcott de Sainte-Lucie, de Trujillo, dictature persistante, à la police dominicaine actuelle, des rêves effondrés de notre Oscar à la chronique amère de sa destinée tourmentée. Qui écrit mieux que Diaz l’impossible attachement à son île d’origine, de ses multiples identités dans un monde fractal comme les Amériques ? A l’instar de « Candide » de Voltaire, plongé dans les horreurs de l’histoire de son temps, Oscar passe d’un pays à l’autre, d’un objet de désir à l’autre, d’un contexte étudiant à un contexte tyrannique, en toute candeur, mais une « candeur moderne », celle qui croit le monde à portée de main.