Haïti chérie (Stanley Péan)

N’eut été les événements d’hier en Haïti, je serais à bord du vol Delta Airlines en direction de New York, d’où je devais repartir à 9h00 pour Port-au-Prince. Aucun moyen de rejoindre quiconque dans la capitale haïtienne, mais je sais désormais que le festival Étonnants Voyageurs auquel je devais prendre part à compter de demain…

écrit l’écrivain Stanley Péan, sur son blog après Alain Mabanckou, signalé hier.

Musiciens victimes en Haïti

Parmi les victimes du séisme : Joubert Charles, Ricky Juste et le rappeur Jimmy O, et King Kino, blessé et coincé dans les décombres de son hôtel, selon le journal canadien La Presse.

Rémy Junior Moschino, promoteur montréalais d’origine haïtienne, a confirmé le décès de Joubert Charles, l’un des plus importants promoteurs de musique à Port-au-Prince, par ailleurs manager de la formation konpa kreyol la. Il a péri sous les décombres de sa demeure.

Jean-Raymond Lecompte, que d’aucuns considèrent comme le plus accompli des ingénieurs du son dans la capitale, possédait un studio d’enregistrement où plusieurs artistes ou groupes enregistrent leur « meringue carnavalesque », chanson populaire que l’on crée annuellement pour les célébrations du Mardi Gras – qui devaient normalement se tenir les 14, 15 et 16 février prochains. Ce studio de Jean-Raymond Lecompte n’existe plus. Plusieurs musiciens auraient rendu l’âme sous les décombres de l’édifice. On attend les confirmations.

Selon nos sources, King Kino, chanteur du groupe konpa Phantom, serait pris sous les décombres d’un hôtel et Ricky Juste, ex-batteur du groupe Kadans, aurait succombé au tremblement de terre.

Protégé du célébrissime Wyclef Jean, le rappeur Jimmy O n’est plus.

Haïti, un reportage de Chantal Guy

 Pétionville, Villa Créole, 16h50. Je suis dans ma chambre d’hôtel en train d’écrire mon reportage sur Dany Laferrière, qui nous a fait découvrir la veille « son » Port-au-Prince. Journée magnifique: le soleil brille, les lézards sont paresseux, on entend les bruits de la ville grouillante et soudain… immense secousse. Comme si l’hôtel avait le hoquet. Puis, tout de suite, un tremblement extrêmement puissant et bruyant. Dans ma chambre, plus rien ne tient en place. Le plancher bouge, les miroirs tombent et se brisent, la télé tombe sur mon ordinateur, j’arrive avec peine à faire deux pas pour me rendre à la porte et sortir.

Ainsi débute le reportage de Chantal Guy, journaliste présente en Haïti pour un portrait de Dany Laferrière (sain et sauf), qui a réussi a envoyer son article à son journal, à Montréal, La Presse.

Mabanckou, Black Bazar en Haïti

« Catastrophe naturelle. Injustice de la nature. Séisme aveugle qui vient de s’abattre sur cette terre d’Haiti, ma terre d’adoption, la terre de mes frères, de mes amis les plus chers dont Dany Laferrière, mais aussi Rodney Saint-Eloy, Lyonel Trouillot, Louis-Philippe Dalembert. Tous sont sur place. Nous devrions nous rencontrer ce jeudi pour le festival Etonnants Voyageurs. » 

Ainsi débute le nouveau blog d’Alain Mabanckou, Black Bazar, en grande affection de ses amis écrivains d’Haïti dont Dany Laferrière et de son roman L’énigme du retour, dont il salue le « sens prophétique » dans son billet « Haïti, l’énigme du séisme ».

Haïtiens et sympatisants se rassemblent à Paris

La Plateforme d’associations franco-haïtiennes (PAFHA) organise ce 13 janvier à partir de 18h30 une réunion d’urgence après la catastrophe qui vient de frapper Haïti.

Associations, membres, journalistes, pasteurs, commerçants, artistes, étudiants et intellectuels etc. sont invités à cette réunion afin de former une grande chaîne de solidarité avec Haïti.

Il y a l’urgence des secours à organiser, mais il faut dès maintenant penser à l’aide aux victimes pour la reconstruction.

Adresse du rassemblement : Bourse du travail de Saint-Denis, 11 rue Génin à Saint-Denis – Métro Saint-Denis Porte de Paris – ligne 13

D’ores et déjà, la PAFHA vous remercie.

Remerciements à la Mairie de Saint-Denis qui met à notre disposition une salle de 400 places.

Moussa Sanou, un métro d’avance

Drôle, sympa, plein d’humour, Moussa Sanou, vu au Théâtre des Amandiers, dans son propre texte, Je t’appelle de Paris, qu’il met en scène sur sa propre vie de comédien arrivant en France par un vol Air France et s’étonnant de tout, des habitudes ou des valeurs des Français, comme de leur métro (la capitale serait-elle construite par-dessus ?), un métro qu’il verrait bien dans sa ville burkinabée de Bobo Dioulasso.
Un second personnage interprété par Mamadou Koussé, d’abord endormi, puis dans l’échange de politesse infini, donne piquant et humour supplémentaire aux lettres persanes dites avec une profonde tendresse par Moussa Sanou, déjà vu dans Médée, dans le même théâtre, en début de saison.

Je t’appelle de Paris, Théâtre Nanterre Amandiers jusqu’au 14 février 2010.

Schwarz-Bart, marranes et marrons

Avec André Schwarz-Bart, le miroir Juif / Noir prend des couleurs, « figure de passeur étonnant » pour Kathleen Gyssels, qui organise un séminaire, ouvert au public, à l’université d’Anvers, le 29 avril 2010, sous le titre de « André et Simone Schwarz-Bart, diasporas entretissées et écritures connectées : l’oeuvre romanesque de deux auteurs marranes et marrons ».

A lire sur le site de l’Institut d’études juives de l’université d’Anvers :

Mort en 2006 dans un silence assez troublant, ce « Juif de nulle part » (Kaufmann 2008) demeure toutefois une figure de passeur étonnant : entre-tissant de manière originale, voire ingénue, des liens entre la diaspora juive et diaspora noire, il incarne le «maillon» entre communautés dispersées et minorités opprimées. Avant l’âge des « postcolonial studies », il œuvre non pour le « conflit des mémoires », mais pour les interstices textuels et les interactions entre des communautés réduites en esclavage dans dans systèmes totalitaires et des univers concentrationnaires.

Ce qui m’a touché, dès le début, chez les Antillais, ce qui m’a fait véritablement les regarder comme des frères… c’est le mot ‘esclavage’. (…) Ce mot me touchait en tant que descendant lointain d’un peuple né en esclavage et qui en émergea voici trois mille ans. (Schwarz-Bart, Pourquoi j’ai écrit La Mulâtresse Solitude», Le Figaro littéraire, 26 janvier 1967, pages 1, 8-9). 

L’Encyclopédie collaborative du patrimoine polynésien

Des maisons hantées, des pierres chargées de pouvoir, des animaux fantômes, des tunnels sous-marins, en Polynésie l’insolite est quotidien, la culture est dans la nature et la nature est un univers culturel si l’on consulte le remarquable site de l’Encyclopédie collaborative du patrimoine polynésien proposée par Tahiti Heritage, « une mise en commun moderne du savoir ancestral polynésien, auquel chacun peut apporter sa contribution (…) Il s’agit de réaliser un catalogue qui met en évidence les richesses et la biodiversité de nos îles. Un travail réconciliant nature et culture, passé et présent qui s’étoffera au cours du temps. »

Exemples :

Dans les îles Australes, l’Erythrina ou Atae est appelé l’arbre aux baleines car à partir de juillet, l’arbre perd totalement son feuillage pour se parer de magnifique fleurs rouges écarlates. Sa floraison est le signal de l’arrivée des baleines.

Ou encore le Point d’envol des âmes « ou rereraa varua, situés à la pointe nord-ouest des îles étaient aux temps anciens des endroits sacrés. Selon la conception polynésienne du monde, les âmes des défunts s’envolaient de ces points, plongeaient dans l’océan pour atteindre, par stages successifs, les régions délicieuses, situées au centre de la terre et comparables à notre paradis. »

Camus l’Algérien

La camunania envahit les ondes radiophoniques en ce jour du cinquantenaire de la mort de l’écrivain, un lundi 4 janvier 1960. France-Inter a ouvert la première l’antenne à 01h00 ce matin avec Alain Vircondelet et « l’humanité vibrante » de Camus l’Algérien.

Parmi les regards portés sur l’œuvre de Camus, notons ce qui suit dans la riche programmation de France-Culture et France-Inter en ce jour anniversaire : la présence de Benjamin Stora, auteur de Les guerres sans fin chez Stock, à France-Culture à partir de 7h et les émissions avec Maïssa Bey (Camus et les masques, France-Culture, 22h15, Hors-champs de Laure Adler) et Amazigh Kateb, fils de Kateb Yacine (Le regard des Algériens sur Camus, reportage de Philippe Reltien, France-Inter, 18h15, Et pourtant elle tourne, de J.M. Four.

Notons également à 9h35 sur France-Inter, Que représente Albert Camus pour les jeunes ? avec l’équipe du Bondy Blog, dans l’émission Comme on nous parle, d’Ali Rebeihi.