Une heure avec Guila Clara Kessous, la mulâtresse solitude

Le Tarmac / La scène internationale francophone, propose ce 5 décembre à 20h, Une heure avec Guila Clara Kessous, artiste Unesco pour la Paix 2011, animée par Bernard Magnier, en présence de Simone Schwarz-Bart.

Cette rencontre sera suivie d’une lecture d’extraits de La mulatresse solitude d’André Schwarz-Bart avec Jacques Schwarz-Bart qui ponctuera cette lecture de moments musicaux au saxophone.

Réservation indispensable au 01 43 64 80 80.

Avec Stanislas Nordey, Dieudonné Niangouna, artiste associé au festival d’Avignon 2013

 

Premier africain à être artiste associé, l’acteur et metteur en scène congolais Dieudonné Niangouna sera artiste associé au festival d’Avignon 2013 avec le metteur en scène et acteur français Stanislas Nordey, après le metteur en scène britannique Simon McBurney en 2012.

Né en 1976 à Brazzaville, Dieudonné Niangouna commence le théâtre dans les années 90, période de guerres civiles dans la République du Congo. Les Inepties volantes qu’il crée et interprète avec l’accordéoniste Pascal Contet, dans le cadre du Festival d’Avignon 2009, retrace la mémoire de cette traversée douloureuse. Un festival où il avait créé et interprété en 2007 Attitude clando.

« Son théâtre naît et vit dans les rues, en dehors des théâtres détruits par la guerre, inventant un nouveau langage provocant, explosif et dévastant », relate le site des Francophonies en Limousin où il a été en résidence en 2007.

Rencontré en 2005, au Théâtre de La Villette dans un très bel hommage à Sony Labou Tansi dans Un grand Silence Prochain par Jean-Paul Delore :

« Tu prends un homme – Puis un autre plus jeune – Tu les mets ensemble – Tu les agites dans une sorte d’atelier (donc l’un est peintre artiste et l’autre homme modèle) un endroit à obstacles et musiques, encombré de toutes sortes de choses propices au travail, à l’amusement, au bruit, au plaisir et à l’ennui ; en fait un espace clos où rien, ni matière, ni couleurs, ni sons, n’est définitif. Bon, tu vas observer – Tu provoques du hasard – Tu rapproches (le peintre et son modèle), les éloignes (même si l’espace est étroit) et tu notes évitements, abandons et ce qui reste après les chocs, après l’étreinte. Tu remarques tout ce que, liquide, l’épuisement amène, la chimie des esprits et des corps fatigués, organismes sophistiqués, délivrant flux de mots, sueurs et rires fous, tout ce qui gratte la vérité. Tu n’as pas peur : on laisse la lumière éclairée, il y a toujours du bruit et ce qui est vrai est mort depuis longtemps. »

En 2010, il rendait un autre grand hommage à un autre grand auteur, Jean Genet, à l’occasion du centenaire de sa naissance, avec « La dernière interview » :

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Villeneuve en scène : l’Afrique, l’enfermement et l’amitié

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Hassane Kassi Kouyaté met en scène deux pièces à Villeneuve-lez-Avignon, jusqu’au 27 juillet 2011 : Colonel Barbaque, nouvelle extraite du recueil de Laurent Gaudé Dans la nuit Mozambique, et The Island, écrite en 1973 par les Sud-Africains Athol Fugard, John Kani et Winston Ntshona.

« Colonel Barbaque » ou la fuite désespérée en Afrique noire d’un poilu rescapé des tranchées, vértiable « esprit cassé », comme on disait « gueules cassées ». La guerre n’a appris à Quentin Ripoll (interprété par l’excellent Pierre Rosat, devant neuf spectateurs ce samedi à 10h15) que le meurtre à la pointe de la baïonnette. L’armée n’a pas su aider cet ancien combattant à redevenir celui qu’il était avant la boucherie de 14-18. Mais pouvait-on redevenir, après une telle expérience cruelle et sanglante, soi-même, celui d’avant?
Quentin est écœuré par l’absence d’humanité envers les soldats des colonies: M’Bossolo, qui lui a sauvé la vie lors d’une charge, n’a pas eu droit d’avoir son corps rapatrié sur son sol natal. Quentin décide de partir pour ne plus revenir vers cette Afrique si belle et attirante. Là, de trafics en trafics, il deviendra un Dieu de la guerre, le colonel Barbaque, se battant aux côtés des premiers rebelles à la colonisation.
Mais la folie des tranchées le rattrapera et fera basculer son destin dans un autre enfer: celui de la lucidité désespérée.

Dans The Island, (Une « révolution » dans le théâtre sud-africain selon le Times) deux prisonniers résistent à l’absurde de l’enfermement avec leur imaginaire et grâce au théâtre. Le duo interprété par Habib Dembélé et Hassane Kouyaté fait mouche. Ils alternent le pleurer/rire et développent à la façon sud-africaine « un théâtre pauvre », un « théâtre immédiat » fait d’accessoires bouts de ficelle.
Le soir, dans leur cellule de Robben Island, aussi mort qu’ils peuvent l’être, ils recommencent à vivre en parlant, en riant, et surtout en essayant de ne pas se couper du monde. Pour cela l’imaginaire est leur seul échappatoire. Ils vont préparer une pièce de théâtre : Antigone. Elle doit être prête pour la fête de la prison dans une semaine…

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Points communs des deux pièces : Hassane Kouyaté, l’Afrique, l’enferment mental pour l’une, l’enferment carcéral et social pour l’autre, l’amitié dans les deux (entre un ancien Poilu et un tirailleur ; entre deux détenus), le goût de la transmission des souffrances passées à un public plus jeune.

Dans Colonel Barbaque, le talent de conteur-acteur de Pierre Rosat (qu’il travaille avec son metteur en scène) rend son jeu captivant.

Dans The Island, l’alternance du comique et grave du duo met le spectateur dans la confidence.