Patrick Deville, prix Femina 2012 pour « Peste & Choléra »

Sur ce roman magnifique consacré à la vie héroïque d’Alexandre Yersin, découvreur du bacille de la peste, déjà salué par le prix du roman Fnac, voir le billet Papalagui, du 28/08/12 : « Patrick Deville, Prix Fnac 2012 : « Ce n’est pas une vie que de ne pas bouger » ». Deville est toujours en lice pour le Goncourt (en concurrence avec Ferrari) et le Renaudot.

Julie Otsuka a été récompensée par le prix Femina étranger pour Certaines n’avaient jamais vu la mer (éditions Phébus), un roman sur l’exil de milliers de jeunes Japonaises parties au début du siècle dernier épouser leurs compatriotes déjà installés en Californie.

Tobie Nathan est lauréat du prix Femina essais pour Ethno-roman (Grasset).

Prix littéraire 2012 de la Fondation France Israël à Nathacha Appanah

Cinq ans après, Nathacha Appanah est récompensée du Prix littéraire 2012 de la Fondation France Israël pour son roman Le dernier frère, déjà prix du roman Fnac 2007 (Papalagui, 27/08/2007).

« Nathacha Appanah revient sur un aspect peu connu de la diaspora juive à travers l’histoire d’amitié de deux jeunes garçons. De sa plume bouleversante, l’auteur explore les espoirs naïfs de la jeunesse, tout en menant une réflexion sur l’injustice et la fragilité de la vie. », précise le communiqué de la Fondation.

 

 

Renaudot 2012 (ultime sélection)

La dernière sélection avant décision,  le 7 novembre :

Cinq romans français

L’enfant grec, Vassilis Alexakis (Stock)
Une certaine fatigue, Christian Authier  (Stock)
Les patriarches, Anne Berest  (Grasset)
Peste et choléra, Patrick Deville  (Seuil)
L’homme des haies, Jean-Loup Trassard  (Gallimard)

Trois essais
Le pérégrin émerveillé : Paris-Moscou et retour(s), Jean-Louis Gouraud,  (Actes Sud)
Le dernier modèle, Franck Maubert,  (Fayard)
Le frémissement de la grâce : le roman du Grand Meaulnes, Jean-Christian Petitfils,  (Fayard)

Prix roman France Télévisions 2012 (sélection)

Choisis par des journalistes littéraires de France Télévisions, voici les six titres sélectionnés pour le prix roman France Télévisions :

Christine Angot, Une semaine de vacances (Flammarion)
Antoine Choplin, La nuit tombée (La fosse aux ours)
Maryse Condé, La vie sans fards (Lattès)
Patrick Deville, Peste et choléra (Le Seuil)
Jean Echenoz, 14 (Éditions de Minuit)
Joy Sorman, Comme une bête (Gallimard).

Le prix sera décerné par un jury de vingt-et-un téléspectateurs le 5 décembre 2012.

Prix des libraires 2013 (1ère sélection)

Olivier Adam, Les lisières (Flammarion)
Metin Arditi, Prince d’orchestre (Actes Sud)
Thierry Beinstingel, Ils désertent (Fayard)
Julia Deck, Viviane Elisabeth Fauville (Minuit)
Nathalie Démoulin, La grande bleue (Editions du Rouergue)
Patrick Deville, Peste et choléra (Seuil)
Joël Dicker, La vérité sur l’affaire Harry Québert (Fallois),
Lionel Duroy, L’hiver des hommes (Julliard)
Nicolas d’Estienne d’Orves, Les fidélités successives (Albin Michel)
Eric Faye, Devenir immortel et puis mourir (Corti)
Jérôme Ferrari, Sermon sur la chute de Rome (Actes Sud)
Yannick Grannec, La déesse des petites victoires (Anne Carrière)
Cécile Guilbert, Réanimation (Grasset)
Thierry Hesse, L’inconscience (L’Olivier)
Fabrice Humbert, Avant la chute (Le Passage)
Serge Joncour, L’amour sans le faire (Flammarion)
Fabienne Juhel, Les oubliés de la lande (Editions du Rouergue)
Marie-Hélène Lafon, Les pays (Buchet-Chastel)
Sébastien Lapaque, La convergence des alizés (Actes Sud)
Mathieu Larnaudie, Acharnement (Actes Sud)
Douna Loup, Les lignes de ta paume (Mercure de France)
Catherine Mavrikakis, Les derniers jours de Smokey Nelson (Sabine Wespieser)
Hubert Mingarelli, Un repas en hiver (Stock)
Derek Munn, Mon cri de Tarzan (Leo Scheer)
Makenzy Orcel, Les Immortelles (Zulma)
Joy Sorman, Comme une bête (Gallimard)

Avec Vassilis Alexakis, la langue française c’est pas du Grand-Guignol

Vassilis Alexakis vient d’être désigné lauréat du Prix de la langue française 2012. Doté de 10.000 euros, sa récompense sera remise lors de la Foire du livre de Brive, le
vendredi 9 novembre 2012.

Écrivain grec de langue française, il publie L’enfant grec (Stock) qui met en scène la littérature dans les flâneries au jardin du Luxembourg. Parmi les héros du roman, les marionnettistes du théâtre de Guignol dont il nous dévoile les coulisses : « Les figurines à fil sont des princesses, Guignol est un paysan. Je le trouve en même temps plus vivant : il est aussi vivant que ma main. C’est une main qui parle. »

Le dernier descendant du théâtre de Guignol Jean-Guy Mourguet vient de mourir. Les gazettes nous apprennent avec l’AFP que « le créateur de Guignol, Laurent Mourguet, était un canut (ouvrier indépendant travaillant la soie) poussé à trouver des activités complémentaires pour nourrir sa famille alors que le travail sur métier à tisser est arrêté à la veille de la Révolution française. Reconverti en camelot, puis arracheur de dents, il attire les clients en utilisant des marionnettes représentant Arlequin ou Polichinelle. Puis il crée une nouvelle marionnette de canut, et c’est la naissance de Guignol, en 1808. 

Rapidement, Guignol, rejoint par sa femme Madelon et son compère, l’ivrogne Gnafron, connaissent le succès auprès du peuple pour lequel il prend fait et cause contre les autorités établies, à commencer par les gendarmes, les propriétaires et les concierges. »

Dans L’enfant grec, la fréquentation des marionnettes (à propos desquelles Jean Cocteau affirmait : « Il y a trop d’âmes en bois pour ne pas aimer les personnages en bois qui ont une âme »), Vassilis Alexakis vient à s’interroger (du moins son narrateur, mais on excusera le lecteur de les confondre) :

– Pourquoi écrivez-vous ? interroge-t-on aussi.

Est-ce une activité saugrenue, comme la cleptomanie ou le saut en parachute ? (…) J’ai découvert de bonne heure que la vie n’avait rien de plus beau à m’offrir que des mensonges. Je l’ai su grâce aux lectures que me faisait ma mère le soir. Je ne rêvais pas encore d’écrire; pour la bonne raison que je ne savais même pas lire, j’envisageais cependant de devenir un grand menteur. Je m’appliquais d’ailleurs à mentir le plus possible, ce qui me valait un certain succès. J’ai su très tôt en somme que la meilleure façon de raconter un événement était de l’inventer. »

L’enfant grec nous amène à relire le Théâtre de Guignol (qu’on n’a pas vraiment lu, mais vu, soyons net et honnête) :

GUIGNOL.

Oui, mais avec tous tes états… aujourd’hui, nous avons pas encore déjeuné… & v’là l’heure du dîner que s’avance.

GNAFRON.

Tiens ! (Il réfléchit.) Nous dînons !… Fais-toi dentiste.

GUIGNOL.

Est-ce que je connais la dentisterie ? te me prends pour une mâchoire.

GNAFRON.

T’as tout ce qu’il faut pour être dentiste… Faut un toupet d’aplomb, & être un bon menteur.

GUIGNOL.

Oh ! alors, ça te convient : t’as une dose de menterie que se porte bien.

GNAFRON.

Par exemple ! est-ce que je t’ai jamais dit un mensonge ?

GUIGNOL.

Allons ! pourquoi donc que te m’as dit l’autre jour que t’avais été au bois de Roche-Cardon chercher des nids, & que t’avais trouvé dans un nid dix œufs de lapin ? Est-ce que les lapins font des œufs ?

Nous lisons dans L’enfant grec, p. 78 : « »Gnafre » signifie cordonnier dans le jargon lyonnais.»

Que Vassilis Alexakis, tout récent lauréat du prix de la langue française, manifeste une telle maîtrise du patois lyonnais nous comble de joie.

Prix Médicis 2012 (2e sélection)

Les six romans français sélectionnés

Patrick Deville « Peste et choléra » (Seuil)
Philippe Djian « Oh ! » (Gallimard)
Leslie Kaplan « Millefeuille » (P.O.L.)
Emmanuelle Pireyre « Féerie générale » (L’Olivier)
Patrick Roegiers « Le Bonheur des Belges » (Grasset)
Abdellah Taïa « Infidèles » (Seuil)

Les six romans étrangers

Margaux Fragoso « Tigre, tigre » (Flammarion) Etats-Unis
Antonio Lobo Antunes « La Nébuleuse de l’insomnie » (Bourgois) Portugal
Salman Rushdie, Joseph Anton : une autobiographie (Plon)
Juan Gabriel Vasquez « Le Bruit des choses qui tombent » (Seuil) Colombie
Ferdinand von Schirach « Coupables » (Gallimard) Allemagne
Avraham B. Yehoshua « Rétrospective » (Grasset) Israël

Les six essais

François Bon, « Autobiographie des objets « (Seuil)
Jean Clair, « Hubris : la fabrique du monstre dans l’art moderne : homoncules, géants et acéphales » (Gallimard)
Ivan Alechine, « Oldies » (Galilée)
Rachel Polonsky, « La lanterne magique de Molotov : voyage à travers l’histoire de la Russie » (Denoël)
David Van Reybrouck, « Congo, une histoire » (Actes Sud)
André Tubeuf, « Dictionnaire amoureux de la musique » (Plon)Point final

Prix Renaudot 2012 (2e sélection)

Pour le prix Renaudot 2012, qui sera décerné le 7 novembre, il reste huit romans  :

Vassilis Alexakis, L’enfant grec (Stock) ;
Florian Zeller, La Jouissance (Gallimard) ;
Henri Lopes, Une enfant de Poto-Poto (Gallimard) ;
Patrick Deville, Peste et choléra (Seuil) ;
Anne Berest, Les Patriarches (Grasset) ;
Mohamed Boudjedra, Le parti des coïncidences (Alma) ;
Jean-Loup Trassard, L’homme des haies (Gallimard) ;
Christian Authier, Une certaine fatigue (Stock) ;

et cinq essais :
François Bon, Autobiographie des objets (Seuil) ;
Jean-Christian Petitfils, Le Frémissement de la grâce. Le roman du Grand Meaulnes (Fayard) ;
Jean-Louis Gouraud, Le pérégrin émerveillé (Actes Sud) ;
Emmanuel de Waresqueil, Entre deux rives (L’Iconoclaste) ;
Franck Maubert, Le Dernier modèle (Mille et une nuits) ;
Prochaine et dernière liste le 29 octobre. Le jury du Renaudot se compose de Christian Giudicelli, Dominique Bona, Franz-Olivier Giesbert, Georges-Olivier Châteaureynaud, Jean-Marie Gustave Le Clézio, Jean-Noël Pancrazi, Louis Gardel, Patrick Besson, Jérôme Garcin et Frédéric Beigbeder.