Sélection du prix roman France Télévisions 2008

La sélection du prix roman France Télévisions réunit six ouvrages. A noter l’éclectisme de la sélection, de l’expérience littéraire de Mathias Enard, Zone (une phrase de 500 pages) au polar de Fred Vargas, Un lieu incertain, en tête des ventes de l’été…

Jean-Marie Blas de Roblès, Là où les tigres sont chez eux, Zulma ; Mathias Enard, Zone, Actes Sud ; Annie Ernaux, Les années, Gallimard ; Yasmina Khadra, Ce que le jour doit à la nuit, Julliard ; Christian Oster, Trois hommes seuls, Minuit ; Fred Vargas, Un lieu incertain, Viviane Hamy. Le point commun entre Blas de Roblès et Vargas ? Ils sont tous deux archéologues de métier.

Un jury de 25 télespectateurs se réunira le 7 novembre prochain pour élire l’un de ces titres.  

Poète piéton primé

Extrait du communiqué du Festival international de poésie de Trois-Rivières (Québec), organisé du 3 au 12 octobre 2008 :

 » À l’instar du poète mexicain Jaime Sabines et du poète québécois Gaston Miron, Nicolas Kurtovitch, de Nouvelle-Calédonie, écrit des poèmes de piéton. Sa poésie est celle de « l’homme-en-marche », de l’homme migrant vers la plénitude de sa définition d’homme. Il s’y applique à suivre les pistes des humains et de la vie, dans sa permanence comme son actualité, pour habiter pleinement la sienne. Ce mouvement, qui préside à sa quête, a séduit les membres du jury du Prix international de poésie Antonio Viccaro. (…)

Nicolas Kurtovitch est homme de lieux, de routes et de trajets. De ceux qui bruissent de la parole des hommes, mais aussi, surtout peut-être, de leurs silences, partagés ou non, et des questions que renvoie à chacun la présence de l’Autre. Divers segments de philosophies orientales irriguent également cette recherche d’humanité, où il s’agit, par l’écriture, de travailler à être soi parce qu’en cela réside notre seule chance de se faire véritablement présent aux autres. Comme tout art, écrire pour Nicolas Kurtovitch, est de l’ordre du geste d’un homme debout s’efforçant de s’y tenir, simplement. Une telle démarche s’accompagne certes d’une grande solitude, qu’il évoque parfois comme un exil en lui-même. Mais il en assume la condition, tout en portant haut ce sentiment d’amitié dont il sait, qu’avec celui de la beauté, il est de ceux qui nous sauvent de notre propre exil en nous-mêmes. Son écriture est donc tout à la fois acte d’existence et de résistance, traversée par les thématiques croisées de l’enracinement et de l’exil. Un enracinement vécu, un exil pleinement accepté par un poète qui s’efforce de « respirer avec le monde ». « 

Sélection Goncourt 2008

[Voir la mise à jour avec la sélection définitive du 5 novembre, en cliquant ici.] 

Une éducation libertine de Jean-Baptiste Del Amo (Gallimard), Le Silence de Mahomet de Salim Bachi (Gallimard), Le Rêve de Machiavel de Christophe Bataille (Grasset), C’était notre terre de Mathieu Belezi (Albin Michel), Là où les tigres sont chez eux de Jean-Marie Blas de Roblès (éd. Zulma), Un brillant avenir de Catherine Cusset (Gallimard), Où on va, papa ? de Jean-Louis Fournier (Stock), Qui touche à mon corps je le tue de Valentine Goby (Gallimard), Une nuit à Pompéi d’Alain Jaubert (Gallimard), La Beauté du monde de Michel Le Bris (Grasset), Jour de souffrance de Catherine Millet (Flammarion), La Traversée du Mozambique par temps calme de Patrice Pluyette (Seuil), Syngué Sabour d’Atiq Rahimi (POL), Un chasseur de lions d’Olivier Rolin (Seuil), La Domination, de Karine Tuil (Grasset).

Le prix Goncourt sera attribué le 10 novembre 2008.

Pour la rentrée, sortez les pavés !

Le prix 2008 du roman Fnac largement mérité récompense Jean-Marie Blas de Roblès pour son roman Là ou les tigres sont chez eux, publié par les éditions Zulma . Un roman-monde comme on les aime, un pavé de 775 pages d’émerveillement, entre Brésil et l’Italie, l’histoire mémorable d’Athanase Kircher, jésuite savant du XVIIe siècle et de son double (?) sur terre, aujourd’hui, Eléazard, correpondant de presse dans la bonne ville d’Alcântara, province de Maranhão…

Sur l’auteur, sur l’ouvrage, sur l’éditeur, j’y reviens tantôt. Avec délectation.

(En 2007, le prix avait pour lauréate Nathacha Appanah, auteure de Le Dernier frère, édité par L’Olivier. Papalagui, 27/08/07.)

Nathacha Appanah, rebelote

Le prix des Lecteurs de L’Express 2008 récompense Nathacha Appanah pour Le dernier frère (L’Olivier).

Ce roman avait déjà reçu le prix Culture et bibliothèques pour tous en mai dernier et le prix du Roman Fnac en 2007 [critique dans Papalagui, 27/08/07].

Le prix de l’Essai, créé cette année, a récompensé Virginie Linhart pour Le jour où mon père s’est tu (Le Seuil).

Prix Joseph Kessel à Sorj Chalandon

« Il trahissait depuis près de vingt ans. L’Irlande qu’il aimait tant, sa lutte, ses parents, ses enfants, ses camarades, ses amis, moi. Il nous avait trahis. Chaque matin. Chaque soir. » Le Prix Joseph Kessel 2008 est décerné par la SCAM à Sorj Chalandon pour son roman Mon traître (Grasset), le samedi 10 mai, à 17 heures, à Saint-Malo, dans le cadre du Festival Etonnants Voyageurs.

Nimrod, prix Ahmadou Kourouma

Les Suisses aiment le chocolat et la littérature africaine. Ils le font savoir une fois de plus avec le prix Ahmadou Kourouma décerné ce 1er mai à Genève au Salon africain du livre, de la presse et de la culture à Nimrod pour son roman Le Bal des princes (Actes Sud), ce qui n’est pas usurpé, puisque Nimrod connaît des passages entiers par coeur du Soleil des indépendances. Ce prix s’ajoutent à d’autres, déjà mentionnés [Papalagui, 21/03/08].

Nimrod lauréat de deux prix

Le prix Benjamin Fondane a été remis aujourd’hui, à l’Institut culturel roumain de Paris, à Nimrod, poète, essayiste, romancier, auteur de trois livres publiés en ce mois de mars : Le Bal des princes, La Nouvelle Chose française, Rosa Parks : Non à la discrimination raciale.

Ce prix est décerné le jour de la célébration de la lutte contre la discrimination raciale et le lendemain de la Jounée internationale de la francophonie, ce qui fait de Nimrod un poète très célébré. Il est également le poète lauréat du prix Edouard Glissant 2008.

Le prix Fondane distingue chaque année un écrivain francophone dont la langue maternelle n’est pas le français. Les deux premiers lauréats furent le tchèque Petr Kral (2006) et le tunisien Abdelwahab Meddeb (2007).

Benjamin Fondane (1898-1944), dont l’œuvre essentielle, influencée par la pensée existentielle, fut écrite en français, est mort à Auschwitz. Il a notamment écrit Baudelaire ou l’expérience du gouffre (éditions Complexe, 1999).

Sélection 2008 pour la bourse du premier roman de l’académie Goncourt

L’académie Goncourt a sélectionné neuf premiers romans en vue de sa bourse qui sera attribuée le 4 mars.

Lors de sa prochaine réunion, le 1er mardi de mars, l’académie Goncourt décernera sa bourse du premier roman à l’un des titres suivants :
Corps volatils, Jakuta Alikavazovic (L’Olivier) ;
Le théorème d’Almodova
, Antoni Casas Ros (Gallimard) ;
La main de Dieu, Yasmine Char (Gallimard) ;
Circuit,  Charly Delwart (Seuil) ;
Le passé devant soi, Gilbert Gatoré (Phébus) ;
La désœuvre, Karine Henry (Actes Sud) ;
L’obscur, Jeanne Labrune (Grasset) ;
La donation, Florence Noiville (Stock) ;
La princesse et le pêcheur, Minh Tran Huy (Actes Sud).