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Découvrez Festival Off d’Avignon 2010: Le spectacle Mâ Ravan’ de la troupe Taliipot sur Culturebox !
Nouveau dans le paysage littéraire, le Grand Prix du Roman Métis récompensera à la fin de l’année « un roman adulte de langue française qui met en lumière les valeurs de diversité, d’échanges et d’humanisme, symboles de l’île de La Réunion.
Tous les romanciers francophones peuvent participer.
Les maisons d’édition ont jusqu’au 15 septembre 2010 pour faire parvenir un ou deux titres parus dans les douze derniers mois.
Le jury établira une présélection de dix à douze titres parmi lesquels il choisira un roman dont l’auteur recevra le Grand Prix du Roman Métis et une dotation de 5 000 € de la Ville de Saint-Denis. Il décernera une mention spéciale à un second auteur. La remise des prix aura lieu dans la première quinzaine de décembre. Un programme de résidence d’écriture sera ensuite proposé aux deux lauréats pendant l’année 2011.
Le jury 2010 se compose de six journalistes ou professionnels du livre et de la lecture de La Réunion et de six écrivains francophones : Mohammed Aissaoui, Nathacha Appanah, Isabelle Hoarau, Tahar Ben Jelloun, Amin Maalouf et Patrick Poivre d’Arvor. »
Contact : Grand Prix du Roman Métis 2010, La Réunion des Livres, 66 rue Saint-Joseph Ouvrier 97400 Saint-Denis.
Source : communiqué.
À La Réunion, on dit d’un « patchwork » : « tapis mendiant ». Peut-on en faire un tapis volant ? Telle est la question, pour l’instant sans réponse certaine.

Caribulles, festival de BD en Guadeloupe, est organisé ce samedi au fort Fleur d’Épée au Gosier. « Nous souhaitons impulser une dynamique à la BD et au manga en Guadeloupe. Il y a eu un premier festival dans les années 1990. Les professionnels, mais aussi les amateurs de BD attendaient ce festival », explique Audrey Le Quintrec, directrice du festival à France-Antilles.

Extrait de l’interview de l’organisatrice sur le blog de André-Jean Vidal :
« Dans la Caraïbe, il y a toujours eu une dynamique sur la bande dessinée notamment en Martinique. Patrick Chamoiseau a d’ailleurs commencé par le scénario de BD avec l’album : Delgrés, les Antilles sous Bonaparte en 1981. (…)

En Guadeloupe, le lectorat de la bande dessinée restait assez peu nombreux. Dès 1990, un Karibulles (avec un « K ») « salon guadeloupéen de la BD », à l’initiative de Danik Zandwonis, se met en place et se poursuit durant quatre ans. A l’époque, des auteurs et caricaturistes renommés viennent au salon comme Plantu, Warnauts, Wiaz, Bilal, etc… Le festival est presque trop petit pour accueillir tous les visiteurs… Malheureusement, le festival s’éteint en 1997… Pendant toutes ces années rien n’est réellement mis en place pour remplacer ce salon.
La relance de Caribulles ?
En 2009, Danik Zandwonis et la génération des Karibulles 90 décide de remettre au goût du jour ce salon de la BD pour « tous les amoureux de la bande dessinée et aussi pour sensibiliser les jeunes guadeloupéens au 9e art ».
Le nom et le concept sont alors revisités en Caribulles : Festival Caribéen de la BD et du Manga. Pourquoi ? Tout d’abord pour donner une autre ampleur en créant un Festival. Caribéen, afin de connaître et promouvoir tous les auteurs des îles voisines de la Guadeloupe. Et puis une touche contemporaine a été ajouté : les mangas, car aujourd’hui c’est un style incontournable. »
Et pendant ce temps, Plantu est à La Réunion…

Lire la synthèse de Christophe Cassiau-Haurie, « La BD caribéenne francophone en mal d’auteurs et d’éditeurs », Africultures, 10/09/2008.
A La Réunion, pour désigner un « ennui », une « fessée », ou comme dans l’explication détaillée dans ce journal de l’île de la Réunion, une « bagarre », on utilise « baisement dans la cour Patel ». Cela n’a rien a voir avec le sens religieux admis (« baisement de l’anneau pontifical », par exemple). Qu’on en juge…
« Le G.R.A.H.TER (Groupe de Recherches sur l’Archéologie et l’Histoire de la TErre Réunionnaise) a publié en avril 2002, le livre du docteur Amode Ismaël Daoudjee “Les Indo-Musulmans Gujaratis”. Je suis frappé par l’itinéraire de Hadjee Amode Patel.
Employé de commerce à Saint-Louis de 1931 à 1936, puis fabriquant de limonade… il fut comptable et tenait les livres des commerçants “z’arabes” en gujarati. Amode Mamode Patel traduisait leurs écritures en français.
C’est en 1939 qu’il s’associe avec son oncle Sulliman Patel pour créer une entreprise de transports en commun… Et le fameux car « courant d’air » est né. Ils ont la ligne Saint-Louis / Cilaos. Actuellement, nous disons que c’est une route dangereuse. L’imaginons-nous en 1939 ? Et pourtant, il fallait travailler. Cilaos fut ainsi désenclavé.
La pénurie d’essence pendant la guerre va lui permettre de mettre au point un carburant à base de 90% d’alcool et de 10% d’essence. De même pour le moteur, il utilise l’huile de bancoul fabriquée localement. Hadjee Amode Patel était un précurseur d’une grande ingéniosité. C’est par la souffrance, dans la douleur que la création s’est faite. La guerre a été cet élément-là.
Pour résoudre le problème d’énergie, 60 après, l’idée revient d’actualité, par le bio-carburant.
Hadjee Amode Patel développera l’entreprise de transports. En 1950, cette entreprise sera le premier transporteur de voyageurs avec près de 20 cars « courant d’air » et des lignes régulières jalonnant l’île. Le garage de l’entreprise se situait dans la cour de la médersa, et parfois, des bagarres éclataient entre les voyageurs qui attendaient leurs cars, d’où le terme devenu familier de « baisement dans la cour Patel ». »
source : Témoignages, journal du Parti communiste réunionnais, 4/09/07.
Michel Admette en a fait une chanson :


C’est un livre qui tombe bien : Comprendre Haïti, Essai sur l’État, la nation, la culture. Signé Laënnec Hurbon, il a été publié à Paris par les éditions Karthala en… 1987, mais dont la seconde naissance est datée du 1er mars 2010 à Chicoutimi (Québec).
C’est un livre qui tombe bien, non seulement parce qu’il donne des clés de compréhension à l’heure où la reconstruction du pays est d’actualité mais aussi parce qu’il est disponible depuis ce 1er mars en version numérique, intégrale et gratuite en cliquant ici .
Cet Hurbon n’est pas un Huron : en se connectant à la bibliothèque virtuelle réunie par le sociologue Jean-Marie Tremblay, on découvrira Hurbon parmi 4 112 titres des Classiques des sciences sociales.
On lira donc tout à la fois l’essai de l’anthropologue haitien spécialiste des religions et le catalogue de la bibliothèque virtuelle dont le département « sociétés créoles » est très fourni.
Songeons à l’intéret d’un essai publié au lendemain de la fuite de Baby Doc et de ce qui s’ensuivit, l’éradication des tontons macoutes, autrement dit leur déchouquage, et ce que cela signifie dans sa dimension religieuse, en particulier vodouïsante :
Extrait p. 138 :
« Mais on hésite devant le vodou, car il donne lieu aux attitudes les plus contradictoires : il est appréhendé comme la base, l’allié par excellence de la dictature duvaliériste : plus d’une cinquantaine de prêtres-vodou (ougan et manbo) ont subi le sort du déchouquage réservé aux tonton-macoutes ; des dizaines de personnes déclarées loups-garous ou sorciers ont été
lapidées et tuées en pleine rue. Le même vodou auquel recourait la dictature réapparaît à la source des réactions populaires, au matin du 7 février. C’est qu’il doit représenter pour la société haïtienne la question du Sphynx : Dis-moi ce que tu penses du vodou et je te dirai qui tu es.
Cerner le rôle du vodou dans le contexte du changement politique actuel, caractérisé par la volonté populaire d’instaurer la démocratie dans le pays, c’est éclairer en même temps les rapports du vodou avec le macoutisme, puis avec la sorcellerie. C’est précisément ce double problème qui se trouve enveloppé d’un certain nombre de préjugés, de schémas préétablis dont on peu repérer les traces à travers l’histoire du vodou, ou plus exactement à travers les différentes positions occupées par le vodou dans l’évolution politique du pays. »
Ne le citons pas plus. Quoique l’épigraphe choisie par Laënnec Hurbon place son travail à l’aune des Affres d’un défi, ouvrage célèbre de Frankétienne. Mais je vous laisse le découvrir, puisqu’il suffit de cliquer pour que s’ouvre cette caverne de forte sapience.

Parmi la section contemporaine de la Bibliothèque virtuelle, les sociétés créoles constituent l’un des sept sous-ensembles. Cette collection est dirigée par Jean Benoist, spécialiste d’anthropologie médicale. On consultera donc son livre publié par Ibis rouge, L’Inde dans les arts de la Guadeloupe et de la Martinique aussi bien que le Code noir de 1680… Contacts de civilisations en Martinique et en Guadeloupe, écrit par Michel Leiris en 1955, que le titre du célèbre intellectuel haïtien Jean Price-Mars, Ainsi Parla l’Oncle, publié en 1928.
« À l’heure où les interpénétrations culturelles nées des migrations internationales et de la mondialisation sont souvent désignées comme une « créolisation » de nos sociétés, il est instructif de mieux connaître les sociétés créoles elles-mêmes. », telle est l’humble profession de foi de nos archivistes du savoir.
Quel travail que ce Google québécois des cultures créoles ! Sans pillage mais avec autorisation des auteurs et éditeurs. Admirable.