La vente aux enchères en faveur des artistes haïtiens organisé ce 23 septembre a récolté 100.000 €. Le fruit de la vente Haïti Action Artistes sera destiné à construire une coopérative sur un terrain existant où les artistes pourront travailler, trouver du matériel et recevoir une formation, sous le contrôle de la Maison des Artistes.
Les artistes les plus connus ont fait les prix attendus : Jean Jacques Lebel 6500€, Ernest Pignon Ernest 3400€, Jean Rustin 5000€, Fromanger 4000€, Télémaque 2200€, Antonio Ségui 3500€.
D’autres moins célèbres créaient la surprise telle cette œuvre de Roger Suraud partie à 1500€ sur une estimation très raisonnable de 200€.
L’œuvre d’Elodie Barthélémy qui avait fait la couverture de Libération le 15 janvier 2010 et avait servi au logo de l’opération partait à 3.200€. Elle était achetée par la communauté haïtienne en France très active durant la vente.
Catégorie / Haïti
Théâtre : lectures d’auteurs haïtiens contemporains le 28 septembre 2010
Une pièce pour Haïti !
Entrée libre pour des lectures des textes de trois auteurs dramatiques haïtiens : Charitable Duchens, Jean Durosier Desrivières, Guy Régis Junior.
Un communiqué de d’ETC Caraïbe : « Notre soutien aux auteurs haïtiens ne doit pas fléchir!
Etc-Caraïbe, association d’auteurs dramatiques caribéens, a lancé dès le 14 Janvier un appel de fonds pour aider, sur place en Haïti, ses auteurs victimes du séisme du 12.
Dans le but de poursuivre ce soutien effectif et de remercier ses donateurs Etc-Caraïbe, en partenariat avec les Midis Libres du Théâtre du Rond Point à Paris, donne à entendre trois textes dramatiques haïtiens :
- Acte de citoyen absolu de Charitable Duchens ;
- Paroles en crue de Jean Durosier Desrivières ;
- Le père de Guy Régis Junior.
Textes mis en lecture par François Marthouret et présentés par Mylène Wagram et Jacques Martial. Puis une rencontre-débat aura lieu en présence des trois auteurs.
Rendez-vous : Théâtre du Rond Point, mardi 28 Septembre 2010, 12h30.
James Noël : « J’écris pour avoir de mes nouvelles… »
« J’écris pour avoir de mes nouvelles, me convoquer en un tour de main. Et aussi répondre à chaque fois, comme par erreur, aux chants du cygne de ma terre malade ! La poésie me permet de partir, partir sans me fuir. »
Ainsi clôt l’excipit du recueil de James Noël, écrit avant le séisme du 12 janvier 2010, Des poings chauffés à blanc, l’un des quatre premiers titres des toutes nouvelles Éditions Bruno Doucey , ancien directeur éditorial de Seghers.
Ce poème « Dernière phase » donne le titre au recueil :
Je te tends mes poings
chauffés à blanc
des poings d’émeutier de la langue
des poings d’émeutier de la fin
la faim du monde
qui parle en langage
dans le ventre de la terre
etc.
Une poésie traversée par l’urgence de dire, car « ce n’est pas avec des gants roses qu’on assassine la mort et ses suppôts ».
Maryse Condé, un quart de siècle après « Ségou »
Maryse Condé, entretien (8’15)
En Haïti comme en RD Congo, des viols collectifs et… le théâtre
En Haïti comme dans l’Est du Congo, les femmes violées essaient d’exorciser leur souffrance infinie par le théâtre. Le festival de cinéma des minorités de Douarnenez présentait il y a quelques jours « Les enfants du coup d’Etat » de Rachel Magloire (2001).
En Haïti, des femmes victimes des viols collectifs durant la période du coup d’Etat militaire de 1991 à 1994, décident de monter une pièce de théâtre pour exorciser les démons qui les habitent, et réclamer une justice qui tarde à être rendue. Documentaire troublant où dominent la personnalité et le témoignage de d’Iphémie Jean-Pierre et de ses enfants.
Coïncidence, le neuropsychiatre Boris Cyrulnik vient de rentrer d’une mission auprès des femmes violées dans l’Est du Congo: A la rencontre de femmes violées en RDC, avec Boris Cyrulnik. Il dit dans « Le Monde » la quasi-impossibilité de la résilience (surmonter le traumatisme), mais aussi l’espoir que suscite le passage par le théâtre… comme en Haïti.
En Bretagne, la fête des minorités et de leurs cinémas
Films d’Haïti au festival de Douarnenez (Bretagne)

Des films récents sur Haïti sont programmés au festival de cinéma de Douarnenez, spécial Caraïbes pour cette édition du 21 au 28 août 2010, avec le Collectif 2004 images et Gens de la Caraïbe :
Chronique d’une catastrophe annoncée, d’Arnold Antonin (2010) – 20’
Déportés d’Haïti, de Rachèle Magloire et Chantal Regnault (2010) –
La sculpture peut-elle sauver le village de Noailles? d’Arnold Antonin (2009) – 36’
ou des classiques, tels que :
Divine Horsemen, de Maya Deren (1977) – 50’
L’homme sur les quais, de Raoul Peck (1993) – 105’
Gouverneur de la rosée, de Maurice Failevic (1975) – 107’
ou de bons films (fiction ou documentaire) :
Haïti Chérie, de Claudio Del Punta (2008) – 99’
Haïti la fin des chimères, de Charles Najman (2004) – 70’
Des hommes et des dieux, d’Anne Lescot et Laurence Magloire (2002) – 52
Haïti, le chemin de la liberté, d’Arnold Antonin (1974) – 92’
L’agronome, de Jonathan Demme (2003) – 91’
Les enfants du coup d’Etat, de Rachèle Magloire (2001) – 52’
Les illuminations de Mme Nerval, de Charles Najman et Emmanuelle Honorin (1999) – 75’
Madame Ti Zo, de David Belle (2004) – 64’
Moloch Tropical, de Raoul Peck (2009) – 107’
Port-au-Prince ma ville, de Rigoberto Lopez (2000) – 52’
Tiga rêve, possession, création, folie, d’Arnold Antonin (2001) – 52’
et le très attendu travail du Ciné Institut de Jacmel .
En présence de : Arnold Antonin, Rachèle Magloire, Anne Lescot, Jean-Bernard Bayard, Donald Charles, Charles Najman (réalisateurs), Gary Victor (écrivain), Chantal Regnault (photographe), Carlton Rara (musicien), Laennec Hurbon (sociologue), etc.
En Belgique, Ewa Aytiti !
L’automne 2010 devait montrer la création haïtienne en Belgique. Mais le 12 janvier, un séisme a ravagé Port-au-Prince. En attendant les Belges et leurs voisins se consoleront avec « Ewa Ayiti ! », c’était le nom de la manifestation, de se donner un rendez-vous théâtral (Ayiti de Daniel Marcelin) et musical (Ti-Coca) les 18 et 19 septembre à la Ferme du Biéreau, avenue du Jardin botanique, 1348 Louvain-la-Neuve, et du 15 septembre au 17 octobre 2010 avec une exposition de l’œuvre de Mario Benjamin, en résidence d’un mois au Botanique de Bruxelles. Exposition également à la galerie Nomad de la capitale belge, jusqu’au 13 novembre.
Haïti par la photo et par l’étude
Pour tous les amateurs d’Haïti, à consulter avec profit cet atlas photographique des lieux de mémoire haïtiens, en anglais (Stephanie Curci parcourt le pays depuis 1978 à la recherche des ruines coloniales), extrait d’une source de référence, le Journal of Haitian Studies. Traduction en français et créole à venir.
