Théâtre : lectures d’auteurs haïtiens contemporains le 28 septembre 2010

Une pièce pour Haïti !

Entrée libre pour des lectures des textes de trois auteurs dramatiques haïtiens : Charitable Duchens, Jean Durosier Desrivières, Guy Régis Junior.
Un communiqué de d’ETC Caraïbe : « Notre soutien aux auteurs haïtiens  ne doit pas fléchir!
Etc-Caraïbe, association d’auteurs dramatiques caribéens, a lancé dès le 14 Janvier un appel de fonds pour aider, sur place en Haïti, ses auteurs victimes du séisme du 12.
Dans le but de poursuivre ce soutien effectif  et de remercier ses donateurs Etc-Caraïbe,  en partenariat avec les Midis Libres du Théâtre du Rond Point à Paris, donne à entendre trois textes dramatiques haïtiens :

  • Acte de citoyen absolu de Charitable Duchens ;
  • Paroles en crue de Jean Durosier Desrivières ;
  • Le père de Guy Régis Junior.

Textes mis en lecture par François Marthouret et présentés par Mylène Wagram et Jacques Martial. Puis une rencontre-débat aura lieu en présence des trois auteurs.
Rendez-vous : Théâtre du Rond Point, mardi 28 Septembre 2010, 12h30.

James Noël : « J’écris pour avoir de mes nouvelles… »

« J’écris pour avoir de mes nouvelles, me convoquer en un tour de main. Et aussi répondre à chaque fois, comme par erreur, aux chants du cygne de ma terre malade ! La poésie me permet de partir, partir sans me fuir. »
Ainsi clôt l’excipit du recueil de James Noël, écrit avant le séisme du 12 janvier 2010, Des poings chauffés à blanc, l’un des quatre premiers titres des toutes nouvelles Éditions Bruno Doucey , ancien directeur éditorial de Seghers.
Ce poème « Dernière phase » donne le titre au recueil :
Je te tends mes poings
chauffés à blanc
des poings d’émeutier de la langue
des poings d’émeutier de la fin
la faim du monde
qui parle en langage
dans le ventre de la terre
etc.
Une poésie traversée par l’urgence de dire, car « ce n’est pas avec des gants roses qu’on assassine la mort et ses suppôts ».

En Haïti comme en RD Congo, des viols collectifs et… le théâtre

En Haïti comme dans l’Est du Congo, les femmes violées essaient d’exorciser leur souffrance infinie par le théâtre. Le festival de cinéma des minorités de Douarnenez présentait il y a quelques jours « Les enfants du coup d’Etat » de Rachel Magloire (2001).

En Haïti, des femmes victimes des viols collectifs durant la période du coup d’Etat militaire de 1991 à 1994, décident de monter une pièce de théâtre pour exorciser les démons qui les habitent, et réclamer une justice qui tarde à être rendue. Documentaire troublant où dominent la personnalité et le témoignage de d’Iphémie Jean-Pierre et de ses enfants.

Coïncidence, le neuropsychiatre Boris Cyrulnik vient de rentrer d’une mission auprès des femmes violées dans l’Est du Congo: A la rencontre de femmes violées en RDC, avec Boris Cyrulnik. Il dit dans « Le Monde » la quasi-impossibilité de la résilience (surmonter le traumatisme), mais aussi l’espoir que suscite le passage par le théâtre… comme en Haïti.

 

Films d’Haïti au festival de Douarnenez (Bretagne)

Des films récents sur Haïti sont programmés au festival de cinéma de Douarnenez, spécial Caraïbes pour cette édition du 21 au 28 août 2010, avec le Collectif 2004 images et Gens de la Caraïbe :

Chronique d’une catastrophe annoncée, d’Arnold Antonin (2010) – 20’
Déportés d’Haïti, de Rachèle Magloire et Chantal Regnault (2010) –

La sculpture peut-elle sauver le village de Noailles? d’Arnold Antonin (2009) – 36’
ou des classiques, tels que :

Divine Horsemen, de Maya Deren (1977) – 50’
L’homme sur les quais, de Raoul Peck (1993) – 105’
Gouverneur de la rosée, de Maurice Failevic (1975) – 107’
ou de bons films (fiction ou documentaire) :

Haïti Chérie, de Claudio Del Punta (2008) – 99’
Haïti la fin des chimères, de Charles Najman (2004) – 70’
Des hommes et des dieux, d’Anne Lescot et Laurence Magloire (2002) – 52
Haïti, le chemin de la liberté, d’Arnold Antonin (1974) – 92’
L’agronome, de Jonathan Demme (2003) – 91’
Les enfants du coup d’Etat, de Rachèle Magloire (2001) – 52’
Les illuminations de Mme Nerval, de Charles Najman et Emmanuelle Honorin (1999) – 75’
Madame Ti Zo, de David Belle (2004) – 64’
Moloch Tropical, de Raoul Peck (2009) – 107’
Port-au-Prince ma ville, de Rigoberto Lopez (2000) – 52’
Tiga rêve, possession, création, folie, d’Arnold Antonin (2001) – 52’

et le très attendu travail du Ciné Institut de Jacmel .

En présence de : Arnold Antonin, Rachèle Magloire, Anne Lescot, Jean-Bernard Bayard, Donald Charles, Charles Najman (réalisateurs), Gary Victor (écrivain), Chantal Regnault (photographe), Carlton Rara (musicien), Laennec Hurbon (sociologue), etc.

En Belgique, Ewa Aytiti !

L’automne 2010 devait montrer la création haïtienne en Belgique. Mais le 12 janvier, un séisme a ravagé Port-au-Prince. En attendant les Belges et leurs voisins se consoleront avec « Ewa Ayiti ! », c’était le nom de la manifestation, de se donner un rendez-vous théâtral (Ayiti de Daniel Marcelin) et musical (Ti-Coca) les 18 et 19 septembre à la Ferme du Biéreau, avenue du Jardin botanique, 1348 Louvain-la-Neuve, et du 15 septembre au 17 octobre 2010 avec une exposition de l’œuvre de Mario Benjamin, en résidence d’un mois au Botanique de Bruxelles. Exposition également à la galerie Nomad de la capitale belge, jusqu’au 13 novembre.

Le créole en Haïti, c’est la langue d’avenir (J.M. Théodat)

« Le créole en Haïti, c’est la langue d’avenir, le parler de demain et le terrain de notre créativité la plus riche et la plus imaginative. Je n’en dirais pas autant du français, même si nos écrivains sont très habiles à manier la langue de Racine. Il y a toujours cette épée de l’Académie française, gardienne de la langue, suspendue comme celle de Damoclès au-dessus de nos lettres. Nous avons des relations adultères avec le français lorsque nous l’écrivons, et des rapports de travers avec le créole lorsqu’il s’agit de l’écrire. »

La suite du billet de Jean-Marie Théodat, Kreyò la, sur son blog .