في عينها حرب
حلب
عاصمة الألم
Dans son œil une guerre
Alep
capitale de la douleur
Dans son œil une guerre
Alep
capitale de la douleur
Trop de sel
dans l’univers
pour faire un universel
Des pur-sang galopent sur Paris
(une publicité dans le métro)
dessous un homme recroquevillé
Dans la brume
un paysage de collines
un son
Entre Créteil et Balard
l’accordéoniste a triste mine
mais une musique de rêve
La longue marche des migrants
passe-frontières qui espèrent
un monde sans bombe
Les pleurs du monde
comme un linceul de vagues
plage de Bodrum
À la piscine
Des bulles dans son sillage
Champagne sur toute la ligne
Dans la lumière verticale
l’hiver tardif
et la découpe de Montréal
Sur une saillie rocheuse
on voit la fissure du mur des trolls.
Le rêve, un iceberg.
La Grande Énigme : 45 haïkus, Tomas Tranströmer, poète suédois, Prix Nobel de littérature, mort à l’âge de 83 ans. Édition française : Le Castor Astral (adaptation Jacques Outin), qui a réagi ainsi à la mort de son auteur : « C’est avec une profonde tristesse que Le Castor Astral éditeur a appris la disparition de Tomas Tranströmer, âgé de 83 ans, ce vendredi 27 mars 2015. La maison a eu la fierté de publier les livres de celui qui, traduit en plus de soixante langues, a reçu le prix Nobel de Littérature en 2011. De Baltiques (1989) à la parution de ses Œuvres complètes (1996), en passant par La Grande Énigme et Les souvenirs m’observent (2004), Tomas Tranströmer n’a eu de cesse d’imposer une poésie visionnaire marquée par une impressionnante richesse métaphorique. Grâce à lui et à son traducteur en langue française, Jacques Outin, nous n’oublierons jamais que « l’éveil est un saut en parachute hors du rêve ».