« Une existence surabondante jaillit de mon cœur », Rilke par Terzieff

Sur France-Culture, la voix de Laurent Terzieff lit Rilke ce dimanche, 20h50 : « Une existence surabondante jaillit de mon cœur. » Dans la semaine, quelques hommages à l’acteur et metteur en scène :

« Les tricheurs », film de Marcel Carné sera diffusé sur France 3 le mardi 6 juillet à 22h45.

Mercredi à 22h10, France 2 diffusera « L’Habilleur » de Ronald Harwood, une de ses dernières pièces, qu’il a mise en scène et dans laquelle il jouait le rôle d’un comédien au soir de sa vie.

De son côté France Culture diffusera le mardi 13 juillet à 20h « Philoctète », son tout dernier succès au théâtre qui avait été enregistré pour la radio et consacrera plusieurs émissions à Laurent Terzieff.

Au programme aussi, un extrait de Tête d’Or (1959) de Paul Claudel et Zoo story d’Edward Albee (1966, jamais diffusé).

Dès dimanche, dans Les Retours du dimanche à 18h10, la radio évoquera son parcours et rediffusera à 20h l’émission Affinités électives, dont Laurent Terzieff était l’invité en 2004.

Lundi à midi, une émission sera consacrée à Laurent Terzieff. Et du lundi 5 au vendredi 9 juillet à 20h30, sera rediffusée la série d’entretiens A voix nue donnés en 1997 à Bernard Bonaldi.

(source AFP).

A Port-au-Prince, un paysage de « chancre visuel » (J.M. Théodat)

« Juillet est là, avec ses pluies et ses plaintes, ses tas de boues et de galets dans tous les quartiers de la ville. Lorsqu’il pleut, c’est un vrai déluge : anba pa monte anho pa desann lanmitan rete sou kote, dit le poète. Coupe Cloue a su dire dans des vers exacts la réalité d’un certain Bel Air que j’ai connu et dont le séisme du 12 janvier a définitivement rayé les traces de la ville. Chaque orage est suivi du décompte douloureux des morts, de scènes de deuil et de prière (…)

L’envasement progressif de la baie a créé cette langue de terre qui croît vers le large et où s’établissent au fur et à mesure de nouvelles demeures, de nouvelles baraques en bois, en carton en plastique, etc. Cela a fini par composer dans le paysage une sorte de chancre visuel qui ourle de corridors insanes et de venelles obscures l’avenue du Bicentenaire, censée être le signe d’une première renaissance de la ville en 1949.(…)

Port-au-Prince est devenue l’une des villes insalubre et les plus chères de la Caraïbe. Depuis que les dollars tombés de l’aide internationale ont donné aux opérations immobilières un coup de fouet artificiel qui a fait grimper considérablement les prix pour les locations et les ventes, la ville est devenue le lieu d’un face à face extrême entre les have et les have not. La hausse des prix pèse sur les plus vulnérables et les chasse de plus en plus loin du centre. »A lire dans son intégralité sur le blog de Jean-Marie Théodat, depuis Port-au-Prince.

Éloge de la lecture, par Hubert Védrine

Hubert Védrine, ancien Secrétaire général de l’Élysée (1991) et ministre des affaires étrangères (1997), interviewé par Marie-Laure Delorme pour Le Journal du dimanche, 20/06/10.

Extrait :

« Les hommes politiques sont aujourd’hui, en moyenne, peu cultivés. Ils ne lisent pas parce qu’ils ne trouvent pas le temps. Mais à quoi passent-ils leur temps ? Ils jugent que ce n’est pas prioritaires, pas utile de lire. Cela légitime une sorte d’acculturation moyenne dont aucun écran ne peut combler le vide. Moins ils lisent, moins ils sont capables de faire passer des messages essentiels. Cela contribue à la perte de sens. Si l’on constate comment marche la fabrique des hommes politiques, on n’est pas étonné du résultat. Il n’est pas indispensable d’être très cultivé pour faire l’ENA, encore moins pour être communiquant ! Cela n’a rien à voir avec Normale sup.(…)

Les nouvelles générations ne lisent pas.

Elles passent de plus en plus de temps devant les écrans, où tout déferle en vrac, et ignorent la littérature, raccourci magique vers les compréhensions de l’âme et le sens de la vie. Paradoxe de la communication : des gens, qui passent leur temps à communiquer partout dans le monde par écrans interposés, ne se saluent pas dans l’ascenseur. C’est plus que de l’acculturation, c’est de la barbarisation. On est hystérisés. La lecture est un antidote à cela. Il existe dans la lecture une lenteur et une densité nécessaires à la construction de l’homme. (…) Je crois sincèrement qu’il faut réintroduire l’éblouissement de la lecture dans les vies d’aujourd’hui.