En Nouvelle-Calédonie, les îles Loyauté (Maré, Lifou, Ouvéa et Tiga) organisent du 4 au 21 août, leur première Fête du livre pour trois mille deux cents scolaires inscrits.
« Notre objectif, c’est bien sûr de démocratiser la lecture mais aussi de privilégier l’échange et le partage à travers les trois jours d’animations par île qui seront proposées, annonce Sophie Zongo, chef du service de la culture à la province des Îles. L’idée, c’est de donner l’envie de lire, d’éveiller de nouvelles perspectives et curiosités. »
« Tous les vecteurs sont bons pour démontrer les mille facettes du livre, affirme Mireille Lopez-Aguilera, présidente de l’association Lire en Nouvelle-Calédonie. Notre idée, c’est vraiment de faire une fête autour du livre, de faire découvrir tout ce qui va aboutir à une histoire, à l’imaginaire, à l’écriture, à l’envie de lire. » La lecture se vit aussi par la parole, le slam ou l’écriture d’un scénario de court-métrage. Près de dix-huit intervenants de Nouméa se déplaceront dans une caravane, dont Paul Wamo, Pierre Gope ou encore Emmanuel Tjibaou. Ils accompagneront les animateurs loyaltiens, comme ceux de l’association Tapene, de Maré, pour aller à la rencontre des tribus et des scolaires.
« Nous sommes dans une optique pays. Notre but est de placer le livre au centre des enjeux de la Calédonie. Par le livre, c’est l’échec scolaire que l’on combat », souligne Juliette Maes, présidente d’honneur de Lire en Nouvelle-Calédonie. La fête s’achèvera le 21 août, à Lifou, par une rencontre-débat sur les signes identitaires. C.L. Les Nouvelles Calédoniennes.
Auteur / Papalagui
Le créole en Haïti, c’est la langue d’avenir (J.M. Théodat)
« Le créole en Haïti, c’est la langue d’avenir, le parler de demain et le terrain de notre créativité la plus riche et la plus imaginative. Je n’en dirais pas autant du français, même si nos écrivains sont très habiles à manier la langue de Racine. Il y a toujours cette épée de l’Académie française, gardienne de la langue, suspendue comme celle de Damoclès au-dessus de nos lettres. Nous avons des relations adultères avec le français lorsque nous l’écrivons, et des rapports de travers avec le créole lorsqu’il s’agit de l’écrire. »
La suite du billet de Jean-Marie Théodat, Kreyò la, sur son blog .
Avignon Off : pour l’outre-mer, bilan contrasté
http://culturebox.france3.fr/player.swf?video=26212Découvrez Bilan positif pour le festival d’Avignon 2010 sur Culturebox !
Après décompte, la Chapelle du verbe incarné (13e édition des Théâtres d’outre-mer en Avignon) a enregistré un taux de fréquentation de 54%, loin de son record de 70% en 2003 ou 2005 avec Bernarda Alba et La Mouette.
Seule la pièce Les Monologues voilés a refusé du monde à chaque représentation (la jauge est de 110 places). La première chorégraphie de Soraya Thomas (J’ai pas cherché…) a attiré les spectateurs, ainsi que Makak janbé Croco, de la compagnie Difé Kako, qui a su conquérir le jeune public progressivement. D’autres pièces, les plus littéraires (adaptées de M. Duras, M. Darwich, A. Césaire, J.Glowacki) n’ont pas suscité l’engouement, pour diverses raisons, dont la sévère concurrence d’un festival off qui présentait plus de mille spectacles pendant trois semaines.
Dans d’autres espaces que la Chapelle du verve incarné, les compagnies réunionnaises semblent avoir attiré plus les profesionnels que les amateurs, gage de tournées ultérieures (Sakura, du théâtre des Alberts) ou continuer à attirer un public de fidèles (Mâ Ravan de Taliipot).
Les Comoriens du Boutre de la parole pourraient revenir en 2011, avec une préparation spécifique.
On attend impatiemment cette prochaine édition, où devrait se produire la Compagnie du Caméléon, de Polynésie. Ainsi que (si le calendrier et les producteurs leur permettent) les créations de Jean-René Lemoine (Erzuli Dahomey) et Alain Foix (Rue-Saint-Denis).
Avignon : deux ans après, Taliipot revient avec Mâ Ravan’
Sakura : la quête de liberté d’une marionnette espiègle
L’instant parfait, instantané
L’instant parfait : la fragilté et la nudité, selon Katia Ramos, danseuse
Le « Cahier », version Sylaire
En Avignon, le sorcier Sylaire
http://culturebox.france3.fr/player.swf?video=25972Découvrez Festival d’Avignon Off: Interview de Ruddy Sylaire, comédien haÏtien sur Culturebox !
Ruddy Sylaire, comédien et directeur de la compagnie Wabuza (Martinique), interprète Cahier d’un retour au pays natal d’Aimé Césaire à la Chapelle du Verbe incarné (7-31 juillet 2010).
Ruddy Sylaire est né en 1965 à Port-au-Prince (Haïti) d’un père médecin, d’une mère criminologue, « une famille de vaudouïsants ».
En 1977, il a 12 ans, vit à Kinshasa (République populaire du Congo à l’époque) et lit Cahier d’un retour au pays natal, le poème fondateur de la négritude, écrit et publié dans sa première version en 1939 à Paris.
En 1986, année du départ de Jean-Claude Duvalier pour l’exil, il est en 3e année de médecine dans un pays où « les cadavres coûtent moins cher, ce qui fait de meilleurs chirurgiens », dit-il dans un souffle d’amère ironie.
En 1989, Ruddy Sylaire vit la campagne présidentielle d’Aristide « dans la voix, la parole et les gens derrière lui ». Mais déjà Haïti contient les germes de troubles : « Haïti est le prototype de ce que sera la guerre de l’eau », prophétise le médecin.
En 1992, il quitte Haïti après le scandale de la caserne Dessalines, alors que des enfants meurent à l’hôpital faute d’électricité, comme il le raconte dans l’interview qu’il nous a accordée au festival d’Avignon.
En 1993, il s’installe en Martinique, « le pays de Césaire ».
En 2002, il crée sa compagnie, Wabuza théâtre, « wabuza » signifiant « sorcier » en langue lingala du Congo, qu’il parle depuis son enfance.
Après ce festival d’Avignon, il créera un « Cahier » en version anglaise pour les îles anglophones de la Caraïbe, puis travaillera sur le texte d’un auteur uruguayen « pour se rapprocher de l’Amérique latine. »
Lire la biographie théâtrale de Ruddy Sylaire sur Africultures.
Ruddy Sylaire, à propos du Cahier…
http://www.dailymotion.com/swf/video/xe1s05?additionalInfos=01. Aujourd’hui le pays natal, c’est la planète ;
2. Aujourd’hui, on n’a pas le temps d’être raciste.
itw Ruddy Sylaire pour Cahier d’un retour au pays natal
envoyé par toma-adoc. – Films courts et animations.

