Agenda : Paris, 4 février 2011, 18h : cycle Haïti : Lectures d’Avenir (19). Lectures de textes de Michèle Duvivier Pierre Louis, Emile Ollivier, Danièle Magloire, Jean Claude Charles, René Depestre.
Lieu : Bistro « Les P’tits Pères », 4 rue Alexandre Dumas, Paris 11e.
Auteur / Papalagui
Haïku
Au bar de la mairie
des mariés couverts de riz –
Bruit de flipper
Journée Émile Ollivier

Une journée d’étude de l’œuvre d’Émile Ollivier, le 11 février 2011, telle est la proposition de Lise Gauvin, universitaire québecoise, auteur d’un livre récent d’entretiens avec Édouard Glissant, L’imaginaire des langues (Gallimard, 2010).
Cette journée est préparée en collaboration avec le CRILCQ (Centre de recherche interuniversitaire sur la littérature et la culture québécoises). Elle est présentée ainsi :
« Toute l’œuvre d’Émile Ollivier est tendue vers la traversée des frontières, les passages d’une culture à une autre, d’un lieu à un autre, dans un va-et-vient constant entre le connu et l’inconnu, la mémoire et la prospection. Intellectuel passionné par les questions d’identité et d’appartenance, d’exil et de nomadisme, il a toujours fait preuve d’une réflexion originale et nuancée. À ce titre, son œuvre nous apparaît aujourd’hui d’une grande actualité, lui qui n’a cessé de faire d’Haïti le centre autour duquel gravite l’ensemble de ses textes.
Émile Ollivier représente un destin exemplaire d’écrivain « migrant ». Cependant, celui qui a contribué à définir le concept même d’écriture migrante, a aussi été le premier à le faire éclater. Le « schizophrène heureux » qui se disait Québécois le jour et Haïtien la nuit a voulu prendre des distances avec une certaine forme d’enfermement dans la condition d’écrivain migrant. »
Haïku
Qui va triompher ?
s’interrogent le point et la virgule,
virgule, point, à la ligne.
Haïku
L’arbre est nu
une branche, un pigeon
recroquevillé
Haïku
Trottoir mouillé
un homme en chien de fusil
la tête sur son bonnet de laine
Haïku
Pas à pas,
le facteur effeuille son fardeau
en homme de lettres
Haïku
Lumières d’hiver
Des rimes s’arriment, laconiques
Froid polaire
Essais nucléaires français : 45 morts en 2010, selon l’AVEN

A l’occasion de la célébration du 15ème anniversaire du dernier tir des expérimentations nucléaires françaises, le 27 janvier 1996, l’AVEN dresse un triste bilan de leurs retombées, dans un communiqué signé de son président, Jean-Luc Sans : « Essais nucléaires : 45 morts en 2010, près de 800 nouveaux malades, et aucune indemnisation versée ».
A ce constat enregistré pour l’année 2010 auprès de ses adhérents, l’Association des vétérans des essais nucléiares (AVEN) ajoute les morts de Polynésie et d’Algérie, qu’ils soient d’anciens travailleurs sur site ou population locale.
L’AVEN demande à « À quand un suivi médical indépendant permettant aux vétérans d’accéder au principe de
précaution et d’avoir ainsi l’espoir par un dépistage précoce d’une éventuelle pathologie radioinduite d’anticiper les soins et d’allonger leurs espérances de vie ?
A quand la mise en place de la commission de suivi des conséquences des essais nucléaires inscrite dans le décret d’application de la loi Morin du 5/01/2010 permettant aux vétérans d’accéder à l’évolution de ce texte à minima qui ne tient pas compte du nombre de maladies reconnues radioinduites et réduit les zones de retombées au hasard de découpes arbitraires ?
A quand la décontamination réelle et indépendante et le suivi environnemental des sites d’expérimentations nucléaires permettant aux populations locales une vie sereine ?
45 morts, 800 blessés, combien en faudrait-il encore pour que les vétérans aient une réelle reconnaissance du pays pour service rendu à la nation ?
Tout est promis, rien n’arrive ; sauf la maladie, la souffrance, la déchéance et la mort dans l’oubli. »
Au moment où va s’ouvrir le festival international de la bande dessinée à Angoulême, à lire, la BD « Au nom de la bombe », de Albert Drandov et Franckie Alarcon, chroniquée dans Papalagui, 12/04/10
Glissant et le jazz (revue de presse)
« C’est face aux plus grands créateurs que surgit le débat « Est-ce du jazz ? ». Le jazz se moque des étiquettes. Il est un état d’esprit artistique et humain. L’écrivain Édouard Glissant évoque souvent cette question dans ses textes. Il cite le jazz comme un exemple typique du processus de créolisation, c’est-à-dire de l’invention permanente. En jazz, il n’y a pas de frontières qui séparent : elles relient les hommes, grâce aux passerelles qu’on s’attache à élaborer. »
Voir l’intégralité de l’interview dans L’Humanité de Fabien Barontini, directeur de Sons d’hiver, festival organisé dans le Val-de-Marne du 21 janvier au 12 février 2011.
