La pensée et l’écriture de Glissant en contexte

Le laboratoire « littératures et études postcoloniales » de l’École normale supérieure organise à Lyon le 9 février un colloque consacré à l’œuvre de Glissant, intitulé : « De la mise en mots à la mise en œuvre : la pensée et l’écriture de Glissant en contexte ».

Quatre chercheurs sont invités : Célia Britton, Romuald Fonkoua, Alain Ménil et Lambert-Félix Prudent.

Programme et contact sur le site d’Africultures.

J’te fiche mon affiche

Belle vocation de l’affichiste Michal Batory, dont Libération nous régale d’un entretien à l’occasion de sa rétrospective au musée des Arts décoratifs de Paris à partir du 20 janvier : « Ma galerie, c’est la rue. Je ne pense pas en œuvre, ni en artiste, je pense à ma mission : faire des images pour les gens qui se baladent dans la rue, à qui j’espère donner un peu de poésie, d’intelligence. »

Autre allumeur de beauté urbaine, Cassandre, inventeur de l’indémodable « Dubo, Dubon, Dubonnet », dont Blaise Cendrars assurait qu’il était « le premier metteur en scène de la rue ».

Les affichistes véritables réenchantent un paysage saturé de publicités, système d’images qu’ils nettoient de leurs scories. « Si le but de l’art est de faire réfléchir, celui des publicitaires est de court-circuiter la réflexion pour susciter des réflexes, « fidéliser » les clients », écrit le Groupe Marcuse dans son livre réédité par La Découverte, De la misère humaine en milieu publicitaire.

Dans leur manifeste le Collectif des déboulonneurs oppose la désobéissance civile non violente à l’invasion publicitaire. Avec leurs affiches, les graphistes de la rue obéissent à cette étincelle de talent qui met le feu aux poudres de l’imaginaire.

Haïti, heure H

12 janvier en Haïti,
Douze et un mille travaux d’Hercule
Jour J, Heure H
Hadriana hachée
H, huitième lettre,
Colonnes en H
du marché de fer,
dit Hyppolite,
Debout,
Hommes-Kenbé-la !
Herculéenne tendresse
Hachures verticales
Horst de hâbleries héroïques
Rouges haillons haillonneux
Halètements d’enfants sans havre
Hapax, dit Depestre d’Haïti
et de son hiatus qui harponne de ses hardiesses
Hébétudes des humanitaires héliportés
Hep ! stoppent les feuilles d’herbes d’Haïti

qui hérissonnent, qui papillonnent

Houle hargneuse du monde vivant.

(photo Jordi Cohen)

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Pourquoi Haïti ? (Chantal Guy)

« Je n’ai pas envie de vous parler du 12 janvier parce que, depuis trois semaines, j’ai fait le plein d’autres images. La beauté, je l’ai vue partout sur mon chemin. Dans la vitalité formidable des Haïtiens, sans cesse en mouvement malgré le piétinement généralisé. En mangeant du lambi sur une route congestionnée sans autre lumière que celle des étoiles. Dans les tap-tap bondés où votre présence de Blanc suscite le fou rire. Dans les couleurs éclatantes des toiles d’art qui jurent contre les murs fissurés. »

Extrait de l’article de Chantal Guy, La Presse (Montréal)