Haiti: Mon Pays a un caillot de sang dans la gorge (Anthony Phelps)


lundi 1er février 2010

Par Anthony Phelps Nous n’irons plus jouer à la marelle et lancer nos pions par-dessus le ciel de terre. Nous n’irons pas pêcher la lune au Quai Christophe Colomb.Lorsque que j’ai appris qu’un tremblement de terre avait détruit ma ville natale, plusieurs passages de mon recueil : Mon Pays que voici, me sont revenus à la mémoire. Je ne me doutais pas, en 1965, qu’en écrivant cette marche poétique à l’intérieur de l’Histoire d’Haïti, je décrivais le drame qui frappe aujourd’hui mon Pays.La suite sur le site AlterPress.

Prix essai France Télévisons (sélection 2010)

Vingt-et-un lecteurs-télespectateurs choisiront entre ces six essais le 25 mars, veille du prochain Salon du livre de Paris (26-31 mars) :

Didier Eribon, Retour à Reims (Fayard)Guillaume de Fonclare, Dans ma peau (Stock)

Christine Jordis, L’aventure du désert (Gallimard)

Marie-Dominique Lelièvre, Saint Laurent, mauvais garçon (Flammarion)

Michelle Perrot, Histoire de chambres (Seuil)

Ivan du Roy, Orange stressé (La Découverte)

  

À Paris, lancement du Réseau Culture Haïti le 14 février 2010

Lancement du Réseau Culture Haïti à l’occasion du Bal créole spécial Haïti, à la Bellevilloise, Paris, le 14 février 2010 à partir de 17h.

La tragédie haïtienne a bouleversé le monde entier. Mais au-delà de l’urgence humanitaire des premières semaines pour apporter les secours aux victimes, l’appui à Haïti doit se manifester sur le long terme. Parallèlement à la reconstruction des infrastructures et des bâtiments, la renaissance d’Haïti réclame une action d’envergure dans tous les domaines de la création afin d’appuyer l’énergie et la vitalité d’un peuple qui déjà se relève.
Ce travail de soutien doit plonger ses racines au plus profond de la culture haïtienne, et cette contribution, basée sur le partage, doit être à la hauteur de la force créatrice d’Haïti.
Haïti se reconstruira grâce à l’aide de tous, mais aussi et avant tout par elle-même. Haïti se reconstruira par sa culture.
C’est pourquoi, le Réseau Culture Haïti, structure indépendante, s’est mise en place sous l’impulsion de différentes associations et acteurs culturels haïtiens et français, de personnalités et d’artistes, pour soutenir la culture haïtienne et ses créateurs.
Le Réseau se fixe cinq objectifs :
• Initier, relayer et soutenir les actions culturelles de solidarité avec Haïti en France sur le long terme à travers des festivals, concerts, spectacles, projections de films, expositions, rencontres… destinées à lever des fonds ou sensibiliser aux nouveaux défis auxquels est confronté le secteur culturel haïtien.
• Inventorier les dégâts subis par le patrimoine culturel. Participer à l’état des lieux et de la situation des artistes haïtiens touchés par le séisme, afin d’évaluer les besoins immédiats, à moyen et long terme.
• Favoriser les partenariats entre structures haïtiennes, françaises, européennes et internationales afin de tisser un réseau de résidences de création, de formations, de bourses…
• Soutenir la circulation en France et en Europe des artistes venant d’Haïti.
• Travailler en lien avec les institutions haïtiennes, françaises et internationales, également engagées dans un processus de soutien au secteur culturel haïtien, dans le but de mutualiser les énergies pour un objectif commun.
Les bénéficiaires des fonds récoltés ou gérés par le Réseau Culture Haïti seront présentés sur notre site Internet, ainsi que toutes les initiatives de solidarité culturelle associées au Réseau Culture Haïti.
Lors du Bal créole, le Réseau Culture Haïti présentera la liste de ses premiers membres ainsi que son comité de parrainage. À cette occasion, une levée de fonds sera mise en place pour contribuer à la restauration du péristyle vodou de Mme Nerval à Jacmel.
La Bellevilloise – 20 rue Boyer – 75020 Paris – Tél : 01 46 36 07 07

Les membres fondateurs :
Régine Cuzin, Commissaire d’exposition
Emmanuelle Honorin, Journaliste, Programmatrice musique
Anne Lescot, Réalisatrice
Anne Louise Mésadieu, Comédienne
Charles Najman, Réalisateur

Les premiers membres du réseau :
Action pour Haïti représenté par Anne-Louise Mésadieu
Collectif 2004 Images représenté par Anne Lescot
Editions Vents d’Ailleurs représenté par Jutta Hepke
FASTFORWARD Haïti représenté par Laurence Magloire
Gens de la Caraïbe représenté par Karole Gizolme
Géomuse représenté par Charles Najman
Karlex
La Maison des Artistes représentée par Rémy Aron
Le Tarmac de la Villette représenté par Valérie Baran
Mondomix représenté par François Mauger
OCEA – Organisation et conception d’évènements artistiques représentée par Régine Cuzin

http://www.reseau-culture-haiti.org Ouverture du site internet le 14 février.

Haïti : « Mon avenir… Je ne le vois pas… » (Archibald, 10 ans)

Archibald, 10 ans, restavec… Propos recueillis par Dorothée Ollieric et Yves Moine, envoyés spéciaux de France 2 à Ganthier (Haïti), sujet diffusé dans le journal de 20h du 4/02/10 :

– Tu le vois comment ton avenir ?

– Mon avenir… Je ne le vois pas… parce que mon pays est détruit. Je ne peux plus allé à l’école ni apprendre rien. Toutes les écoles sont détruites, même mes professeurs sont morts, les élèves sont morts, je ne peux rien faire.

Cités dans le reportage : Gertrude Séjour, Fondation Maurice Sixto et le Père Joseph Simon, Fondation Timkatec.

Je pense à Gary Victor, surpris au moment du séisme du 12 janvier à son bureau, travaillant à la traduction en créole du Petit prince.

A sa manière, Archibald est un Petit prince se réveillant dans une ville de larmes et de ruines. Il nous reste à souhaiter que Gary achève bientôt sa traduction et que son livre parvienne à Archibald.

Liste des traductions du Petit prince ici.

« C’est le rôle des artistes et des écrivains que de dire qu’Haïti est à tous » (Lyonel Trouillot)

J’aime cette phrase de Mahmoud Darwich  : « Aucun peuple n’est plus petit que son poème. » On ne peut imposer un thème aux écrivains haïtiens mais je pense qu’ils ont la responsabilité de dire ce pays, à la fois dans ses difficultés et dans sa viabilité. Je pense que la plupart le font. Il faut également un discours humaniste qui, à l’intérieur d’Haïti, touche l’ensemble de la population, et affronte le discours sur les origines sociales et les préjugés de couleur qui travaillent la société. C’est le rôle des artistes et des écrivains que de dire qu’Haïti est à tous. Il faut que tous puissent l’habiter dans le respect des droits et dans la satisfaction des besoins.

Entretien de Lyonel Trouillot avec Cathy Ceïbe, L’Humanité, 4/02/10

Haïti …en toute modestie (Monique Chénard Lavigne)

Haïti …en toute modestie

L’Île secouée à outrance
Sacrifie sa vie à son bourreau
Flottant sur des ravines morbides
Telle une morte trempée du sang de son malheur

Une craie blanche marque un tableau noir
Dans des mots de silence
Tracés sur des corps
Immortalisant le cercueil des âmes ensevelies

Le crayon maléfique
Rature les écrits de vie
Sur la peau indignée
À la poussière de ciment soumise

Relevez-vous bon peuple
Redonnez-vous votre île
La Perle des Antilles

Plongez dans le regard d’autrui
Yeux tournés vers l’espoir
La foi en soi bien en vue

Rallumez vos étoiles !
Haïti est en vous ! Haïti c’est Vous !

 

 

Monique Chénard Lavigne
Notre-Dame-de-Ham QC

Poètes pour Haïti, « livre humanitaire en ligne »

Khal Torabully écrit :

Chers amis,

Enfin, pour aider Haïti, Poètes pour Haïti, le tout premier livre humanitaire en ligne, est né.

Il regroupe des textes de plusieurs poètes du monde.

Nous citerons quelques 50 contributeurs généreux qui ont livré des textes forts, emplis de chaleur et d’espérance pour Haïti :

Xavier Bordas, Arnaud Delcorte, Kenzy Dib, David Giannoni, José Lemoigne, Jean-Yves Loude, Alain Mabanckou, Paul N’Zo Mono, Ernest Pépin, Dana Shismanian, Julienne Salvat, Philippe Tancelin, Erkut Tokman, Khal Torabully, Farah Willem…

Il est important que vous en preniez connaissance et de le diffuser auprès de vos amis et dans vos réseaux.

Merci de participer, par le biais de la littérature, au secours et à la reconstruction de ce pays éprouvé.

Cantate pour Haïti (Khal Torabully)

« In the heart of darkness »

Joseph Conrad

Haïti, je técris cette cantate ultime
Car il ny a pas dhomme éternel
Pour veiller au carrefour des tremblements.
Le ciel ne s
est pas fissuré, le vent
Ne sest pas jeté dans les bras de labîme –
La lumière pourtant sest noyée dans le miel.

            CANTATE POUR HAÏTI
            Port-au-Prince sest penché
            Sur sa faille redoutable, infinie,
            Jacmel a fui les corps des damnés.

 

            CANTATE pour les enfants malaimés
            Du prodigieux Toussaint Louverture..
            Le regard de lenfant senfonce dans le plancher,
            L’oeil du mourant sest écrasé sur lazur.

 

Haïti, il ny a pas que la terre qui tremble.
Ma colonne vertébrale vacille, il me semble.
Ma conscience blessée saigne au plafond de la parole.
Partout des visages hagards rôdent, une folle
Me regarde, me demande où se trouve Haïti,
Son Haïti créole, son Haïti toujours indéfinie…

 

            CANTATE POUR HAÏTI,
            Que dire dun pays à terre
            Qui maintes fois senterre
            Pour se signer au seuil de lenfer ?

 

           CANTATE POUR HAÏTI
Nous t’offrons le chant des versets remués.
Nous mains sont offertes, évincées, lacérées,
Le soleil à genoux, pour toi, supplie.

          

            CANTATE POUR HAÏTI,
            Mes mots tremblent aussi,
            Mon inspiration anéantie,
            Mon poème sest trahi.

 

Haïti, la fente de lAtlantique se réveille.
Partout la poussière balaie où la mort veille.
Une femme accouche de lombre dun enfant
Et son cri se fracasse en stupeurs et tremblements.
Que l
aveugle oublie sa cécité pour te voir en face,
Que la parole qui sefface te laisse son ultime trace !

 

CANTATE POUR HAÏTI
POUR TOI, LE MOT TREMBLE A LINFINI !

Khal Torabully

15/1/2010

Bourgeon n’est pas esclave de la BD

Comment et pourquoi représenter la traite négrière en BD ? Sur quelles sources s’appuyer ?
François Bourgeon évoque l’esclavage dans la BD aux côtés d’un historien et d’un scénariste…

Le musée de la Marine propose une rencontre sur le thème de l’esclavage, qui est au cœur des Passagers du vent de François Bourgeon, dont le dernier tome paru en janvier avec La petite-fille de Bois-Caïman sera bien le dernier de la série.

Aux côté de François Bourgeon, l’historien Jean-Marc Masseaut et le scénariste Sébastien Floc’h s’expriment sur le traitement de ce sujet, entre fiction et réalités historiques.
Musée de la Marine, à Paris 3 février de 19 h à 20 h 30.