Conseiller aux langages

Découvert dans le papier d’Yves-Marie Labé, dans Le Monde du 13 mai, à propos de la BD Quai d’Orsay, signée Christophe Blain et Abel Lansac, ce titre nobiliaire et diplomatique conféré au même Lansac lorsqu’il était responsable des discours au cabinet de l’ancien ministre des affaires étrangères, Dominique de Villepin : Abel Lansac était « conseiller aux langages ».

Ce « conseiller aux langages » prenait-il en compte la langue de bois ? la langue verte ? la langue vivante ? une novlangue ? « Conseiller aux langages », c’est plus précis, et en même temps plus terrifiant que « conseiller en communication », c’est l’éminence suprême des signes. Langages est au pluriel, marquant ainsi une possibilité, un choix. Au singulier, ce serait une simple affaire de savoir-vivre, de maintien.

Conseiller c’est, nous dit le TLF : « Indiquer à quelqu’un ce qu’il devrait faire ou ne pas faire. » Quand dire, c’est faire, nous explique Austin, tant à un certain niveau, dire est un pouvoir.

Dans la Bible, au commencement était le Verbe. Au Quai d’Orsay, à la fin était le conseiller aux langages.

Réseau-Culture-Haïti, lien actualisé

Pour garder le lien avec Réseau-Culture-Haïti, voir sa mise en jour, et ses liens avec la Fokal (Fondation Connaissance et Liberté) :

« Du 16 au 28 avril, cinq experts américains, ingénieurs et architectes, spécialisés dans la conservation du patrimoine, ont parcouru les rues du quartier Bois Verna, Pacot, jusqu’à la rue Capois. Ils ont été accompagnés par des architectes haïtiens et par une importante équipe de FOKAL. L’objectif de cette mission, en partenariat avec le Fonds mondial des monuments, était de réaliser un inventaire de 200 maisons « Gingerbread » à Port-au-Prince dans le cadre du projet de réhabilitation et de mise en valeur du quartier. »

Voir également le Portail qui recense articles et offres d’emplois volontaires de la cellule Patrimoine en danger, opération de sauvetage des Archives publiques d’Haïti.

Melovivi, de Frankétienne, vue par Théodat et les Portauprinciens

« Le spectacle dure deux heures pleines. Le ciel reste menaçant, mais c’est de bonne guerre : entre la crainte perceptible dans l’air d’une énième secousse, et l’habitude vespérale d’une ondée brève et vive, le propos de la pièce est en parfaite résonance avec les préoccupations du moment. Certains ont perdu un parent dans le séisme. Ils sont venus quand même. D’autres ont perdu leur maison, ils sont venus quand même. Certains sont venus de Pétion-Ville et de Carrefour, à l’autre bout de la ville, malgré la pénurie d’essence qui paralyse la circulation automobile. Certains avaient des choses plus urgents à faire, des plaies plus urgentes à panser, des blessures plus graves à soigner. Ils sont venus quand même. Certains enfin ont le cœur si gros que sortir était déjà une gageure…

Ils sont venus écouter le poète, car il est une loi que tout deuil partagé est en partie soulagé. »

extrait du blog de Jean-Marie Théodat, billet du 28 avril.

Jean-Marie Théodat, 48 ans, est professeur agrégé de géographie et maître de conférences à l’Université Paris 1 – La Sorbonne. Après plus de trente ans passés à Paris, il a décidé après le séisme de revenir vivre en Haïti, et d’aider à remettre sur pied l’enseignement supérieur. Il est rentré le 7 avril à Port-au-Prince. Il raconte sa réinstallation au jour le jour.

Haïti à l’Assemblée nationale française

L’Assemblée nationale organise une soirée de soutien au peuple d’Haïti, sous la forme d’une lecture publique le mardi 11 mai 2010 à 19 h 30, à l’Hôtel de Lassay (Paris).

Bernard Accoyer, président de l’Assemblée nationale, le Bureau de l’Assemblée nationale et le groupe d’amitié France-République d’Haïti ont invité les comédiens Mariann Mathéus, Freydelyne Charles et Patrick Karl à lire des textes historiques et des œuvres contemporaines. Ils seront accompagnés à la guitare par Amos Coulanges.

La Fondation de France s’associe à cette soirée.

Source : communiqué.


La résistance des artistes de la Grand’Rue

À suivre l’entretien de Belle Williams, porte-parole de Ti Moun Rezistans, programme d’éducation artistique pour les enfants du quartier de la Grand Rue, réalisé par Georgia Popplewell. Elle revient sur le Ghetto-Biennale de Port-au-Prince… Extrait de Global Voices dont le Sommet se réunit les 6 et 7 mai au Chili. (Global Voices Online est une organisation à but non lucratif de plus de 200 blogueurs du monde entier, fondée au Berkman Center for Internet and Society de la faculté de droit de Harvard. Ils proposent des revues de blogs du monde entier traduites en 18 langues, en accordant une attention toute particulière aux voix absentes des médias traditionnels.)

L’anthographie du 1er mai, une anthologie

La fête du Travail, fête des travailleurs, commémore un 1er mai de 1886 où les syndicats américains appelèrent plus de 400 000 travailleurs à manifester pour l’obtention de la journée de huit heures. En France, la journée de 8 heures a été obtenue en 1919.

Elle était célébrée jusqu’à Pétain avec une fleur d’églantine qui, le 1er mai 1941, lui substitua le muguet, passant du rouge au blanc, l’églantine étant jugée trop à gauche.

En langage des fleurs, l’églantine symbolise un bonheur éphémère, quand les jours passent trop vite. Le muguet de mai, blanc, serait, traditionnellement « le retour du bonheur dans le couple », ou simplement « une coquetterie discrète », ou encore : « rien ne vous pare mieux que votre beauté. » Et dans le contemporain, un signe d’amitié, nous dit un site plein de couleurs.

De la poésie à la science… le langage des fleurs se dit avec tous ses attributs grecs : « anthographie » (fleur + écriture). Mot défini dans le Trésor de la langue française (TLF), qui cite le Larousse du 19e siècle.

L’anthographie nous mène à un notre mot, qui lui place « anthe » (fleur) en suffixe : « protéranthe » (premier + fleur), une plante dont les fleurs naissent avant les feuilles. Mot signalé ce matin par Alain Baraton, dans sa chronique d’Inter.

Extrait du Dictionnaire raisonné, étymologique, synonymique, polyglotte des termes usités dans les sciences naturelles par A.-J-L. Jourdan, Baillière, 1834. Consultable en ligne.

Laissons nous « anther » par les fleurs, en affixe, préfixe, suffixe. Outre anthographie et protéranthe, humons anthophore (qui porte des fleurs), anthèse (floraison, épanouissement de la fleur), anthophage (qui se nourrit de fleurs),  chrysanthème, (littéralement « fleur d’or »), hélianthème (soleil + fleur), de quoi établir une belle anthologie (choix de textes, de poèmes comparés à des fleurs).