Prix du roman Fnac 2012 (sélection)

Premier prix littéraire de la rentrée, le prix du roman Fnac 2012 sera choisi le 28 août prochain parmi ces quatre titres :

  • Peste et choléra de Patrick Deville (Seuil)
  • La Déesse des petites victoires de Yannick Grannec (Anne Carrière)
  • Lame de fond de Linda Lê (Bourgois)
  • Le terroriste noir de Tierno Monénembo (Seuil).

eux-mêmes sélectionnés parmi trente nouveautés de la rentrée de septembre.
Lauréate 2011 : Delphine de Vigan, pour Rien ne s’oppose à la nuit (Lattès)

Au festival d’Avignon, « Very Wetr », «cet exotisme de pacotille», dit le site Evene

Lire sur le site Evene la critique comparatiste d’Etienne Sorin et Patrick Sourd (« Cherkaoui, Chopinot, Bel, Belaza… La danse dans tous ses états ») :

« La chorégraphe nous donne sur un plateau du Y a bon Banania en invitant le groupe Wetr (on prononce Ouetch), découvert lors d’un voyage en Nouvelle-Calédonie-Kanaky (…) Super Régine, mais est-ce une raison pour les exhiber hors de l’environnement de cette rencontre, donc dans un autre contexte forcément ridicule et se contenter de les regarder danser ou jouer au foot depuis le bord du plateau, un sourire ravi digne d’une touriste attendrie prenant des photos ? Pour être tout à fait honnête, quand elle ne lit pas sur son Ipad des textes, elle danse en solo dans un costume signé Jean-Paul Gaultier qui lui donne une allure de sauvage punk. Bref, un foutage de gueule dans la joie et la bonne humeur. Sauf qu’on avait oublié de prendre un acide pour tripper sur cet exotisme de pacotille. »

Au festival d’Avignon, « Very Wetr déconcertant » dit le site mlactu.fr

Nouveau site d’information culturelle en Provence-Alpes-Côte d’Azur et Languedoc Roussillon, mlactu.fr juge le spectacle de Régine Chopinot et Umuissi Hnamano « déconcertant » (article de Maud Fontanel) :

« Ne sommes-nous pas en train de nous extasier d’un certain exotisme ? Bien sûr Régine Chopinot n’a pas voulu cela et nous croyons en l’honnêteté de sa démarche ; d’ailleurs comme pour s’en prémunir, une chanson est alors entonnée par les artistes du Wetr : « Very Wetr n’est pas folklorique, Very Wetr n’est pas exotique ! ». Un pied de nez justement, comme pour clarifier les choses. »

Au festival d’Avignon : « Very Wetr », dit L’Humanité

Lire dans L’Humanité, la critique de Marie-José Sirach, « La danse sacrée et libre initiée par Régine Chopinot » : « Very Wetr ! c’est la rencontre, l’humilité, le partage, l’écoute, la joie, le jeu. Avec Régine Chopinot, parée d’une coiffe monumentale en raphia aussi blond platine que ses cheveux, onze danseurs, musiciens et chanteurs kanak. Jean-Paul Gauthier, qui signe les costumes, a dessiné des tutus à la fois respectueux de la tradition et d’une modernité flamboyante, utilisant les matériaux de l’île et autres peintures à même la peau. »

Au festival d’Avignon : ce n’est pas « Very Wetr » disent certains critiques

Au festival d’Avignon, les premières critiques négatives sur Very Wetr, la création de Régine Chopinot et Umuissi Hnamano [que j’ai personnellement appréciée], annoncent la couleur d’une polémique.

Deux quotidiens établissent des parallèles entre des spectacles où il est question d’altérité : Very Wetr, d’une part et Disabled Theater (chorégraphie Jérôme Bel) avec des comédiens handicapés mentaux, d’autre part.

La critique du Monde est signée Rosita Boisseau : « Vues l’une à la suite de l’autre, ces deux pièces, qui mettent chacune un artiste seul face à un groupe d’interprètes radicalement autres, voire une minorité, provoquent un malaise. (…) Chopinot raconte à la première personne son voyage en lisant son iPad. [Ce qui est faux puisque le dit de la chorégraphe reprend les paroles de Hnamano]  (…)

Le sentimentalisme de Régine Chopinot flirte avec la naïveté. La froideur de Jérôme Bel qui refuse la pitié – et c’est une bonne chose – prend une connotation clinique. (…) Régine Chopinot et Jérôme Bel n’évitent aucun des pièges de l’exercice périlleux qu’ils se sont imposé. Contrairement à la chanson scandée par les Kanak, Very Wetr (pays en kanak) est exotique – évidemment ! [ce qui n’est pas le cas, évidemment] Mais Disabled Theater est atrocement voyeur. » [Pour information, le Wetr est un district, une chefferie de l’île de Lifou]

Pour Libération et Marie-Christine Vernay,  même démarche comparatiste, en ajoutant un troisième spectacle : « Les spectacles de Jérôme Bel, Régine Chopinot et Steven Cohen se contentent d’exhiber la différence, au détriment de tout travail chorégraphique et au mépris des festivaliers.
Qui aurait pu prévoir qu’à Avignon une si navrante série chorégraphique attendrait le public ? Il ne s’agit même pas de savoir si l’on aime ou non les spectacles, s’ils ont des défauts ou des qualités. Les trois que nous avons vus coup sur coup, jusqu’à en déprimer, sont tout simplement inacceptables. Le Festival envisagé comme une exposition universelle, on ne l’aurait jamais pensé. »

Enfin, pour Pascal Bély du blog du Tadorne la création Very Wetr est qualifiée en titre de « triste colonie de vacances » : « Rarement la danse n’est allée aussi loin dans un propos aux relents colonialistes, voire racistes. (…) Il n’y a rien de ce qui fait un spectacle au Festival d’Avignon : une création, une prise de risque, une esthétique innovante au service d’un propos lisible et assumé. Rien. Juste une danse métamorphosée en folklore où ressurgissent nos relents colonialistes. »

Au festival d’Avignon : « Very Wetr », dit Télérama

Lire la critique de Télérama : « Régine Chopinot fait résonner à Avignon le charme tellurique des danses kanak », signée Emmanuelle Bouchez : « Plus qu’à un spectacle, c’est à un moment partagé et rituel auquel on assiste. Régine Chopinot y accomplissant sa part dans une offrande dansée, image en contrepoint de ce qu’elle a vécu : elle dessine dans l’air, pointe du doigt l’ailleurs, accomplit des équilibres, puis vient se lover dans le giron de la dame chanteuse… Nous sommes charmés. »

Au festival d’Avignon : « Very Wetr », dit La Provence

Lire la critique de La Provence, intitulée « Very Wetr ! » et plus que ça » par Olga Bibiloni : « Étrange et séduisante cette intrusion des danses traditionnelles sur un plateau que partage l’une des papesses du contemporain. Étrange mais pas dérangeante. On sent cet infini respect avec lequel Régine Chopinot a approché ces artistes qui n’ont pas conscience de l’être et qui sont les relais d’une culture qui lutte pour ne pas s’éteindre. »