Édouard Glissant (Martinique 1928 – Paris 3 février 2011)

http://culturebox.france3.fr/player.swf?video=32476Découvrez La mort de l’écrivain Edouard Glissant chantre de la créolisation sur Culturebox !

La mort de l’écrivain martiniquais Edouard Glissant ce matin à Paris, à l’âge de 82 ans, ne doit pas nous laisser sans voix. Ses livres, leur lecture, l’extrême souplesse de ses pensées, en chanson, en actes poétiques, en références, ici et ailleurs montrent la pertinence d’une pensée toujours en mouvement, hors des dogmes figés.

Ce déparleur fouaillait un mondé incréé issu de la cale négrière. Anticolonialiste, il militait pour une décolonisation des imaginaires.

« L’amateur de contes, driveur d’espaces, qui n’estime la parole qu’à ce moment où elle chante et poursuit, peut-être se devrait-on de lui trouver un autre nom que celui de poète : peut-être chercheur, fouailleur, déparleur, tout ce qui ramène au bruissement, dévergondé du conte. Déparleur, oui, cela convient tout à fait.» Tout-monde, p. 279, cité par Dominique Chancé, Édouard Glissant, Un traité du « déparler », Karthala.

« Agis dans ton lieu, pense avec le monde »

« L’uniformisation des cultures est une gigantesque tentative de stériliser les imaginaires individuels et collectifs. La loi du profit tue autour de nous les arbres, les fleuves, les forêts, et par conséquent les humanités. Mais une fois ces constats faits, faut-il, pour lutter, se replier sur son lieu, refuser ce mouvement du monde? Évidemment non ! C’est seulement un imaginaire du monde, c’est-à-dire une conception de la mondialité, qui nous permettra de lutter contre les aspects négatifs de la mondialisation.
Je crois qu’il faut adopter le principe: agis dans ton lieu, pense avec le monde. C’est cela la mondialité. Une politique du monde qui s’oppose aux aspects négatifs de la mondialisation. » (Entretien dans Rhizome et créolisation, une poétique, Revue lacanienne, L’unebévue n°26 : Rhizome, carte, nœud bo, 2009.)

Parmi les premières réactions, celle d’Emmanuelle Colas, présidente et directriuce éditoriale des éditions Galaade , éditrice des petits livres d’intervention de Glissant, dont celui avec Patrick Chamoiseau, Quand les murs tombent :

« Depuis 2007 et Quand les murs tombent. L’identité nationale hors la loi ?, puis en 2009 L’Intraitable Beauté du monde. Adresse à Barack Obama jusqu’au « bouleversement » qu’est le poème total, généreux et organique qu’il a inventé dans La Terre, le feu, l’eau et les vents. Une anthologie du Tout-Monde, Édouard Glissant a scandé, entre poétique et politique, entre mesure et démesure, dans une relation qui lui ressemblait, entière, difficile, incroyable, et toujours créatrice, les jours et les nuits de Galaade. Poète d’un monde « en devenir », inlassable combattant à l’imaginaire flamboyant, il était « une sorte de survivant du cercle des poètes disparus ». Au rythme de nos échanges entre Paris, la Martinique et New York, d’un bateau l’autre, avec toujours la présence fortifiante et parfois désastreuse des éléments, en étroite collaboration avec l’Institut du Tout-Monde, le Fonds de dotation Agnès b., la Maison de l’Amérique latine, ensemble, nous avons travaillé. Et ce fut une histoire merveilleuse que nous poursuivrons car « Rien n’est vrai, tout est vivant / Rien n’est vrai : Il n’y a que suspens entre un passé / et un avenir ».

http://culturebox.france3.fr/player.swf?video=30211Découvrez Entretien avec Edouard Glissant sur Culturebox !

A suivre dans les jours qui viennent :

Agenda :

L’archipel Glissant Journée spéciale et veillée en hommage à Edouard Glissant  France Culture qui a accompagné la vie et l’œuvre d’Edouard Glissant pendant près de 40 ans, dispose d’archives exceptionnelles. Qu’il s’agisse du dernier entretien accordé par l’écrivain à Laure Adler le 3 décembre 2010, ou de la soirée que France Culture et l’Odéon-Théâtre de l’Europe lui ont consacré en sa …

Le laboratoire “littératures et études postcoloniales” de l’École normale supérieure organise à Lyon le 9 février un colloque consacré à l’œuvre de Glissant, intitulé : “De la mise en mots à la mise en œuvre : la pensée et l’écriture de Glissant en contexte”. Quatre chercheurs sont invités : Célia Britton, Romuald Fonkoua, Alain Ménil et Lambert-Félix Prudent. Programme et contact sur le site d’Africultures.

Les périphériques vous parlent invitent à une projection (suivie d’un débat) du film Les attracteurs étranges de Federica Bertelli, sur « la pensée du tremblement chez Edouard Glissant », qui aura lieu le 10 février à 20h à l’auditorium de l’Hôtel de ville de Paris. La réservation est impérative au 01 42 76 67 20 ou par mail à genevieve.theraulaz@paris.fr

La revue Cassandre/Horschamp fêtera le 13 février les 25 ans du Lavoir Moderne Parisien (35 rue Léon 75 018 Paris), avec une rencontre sur les « cultures transfrontalières », Par delà les frontières. « Pour ce qui est de la circulation de la langue française à travers le monde, Cassandre/Horschamp ne cesse de faire vivre un regard ouvert sur une langue et une culture en mouvement perpétuel en donnant la parole aux plus grands artistes de l’outre-mer, de Patrick Chamoiseau à Édouard Glissant en passant par Mimi Barthélémy et bien d’autres.»

Les Îles jamais trouvées, exposition au Musée d’Art Moderne de Saint-Etienne jusqu’au 17 avril 2011 s’inspire du concept de « la pensée rhizomique de Gilles Deleuze, reprise et augmentée avec merveille par Edouard Glissant. Ce dernier comprend le monde comme un archipel, où chacun d’entre nous serait une île. Les îles sont connectées entre elles grâce aux échanges et aux déplacements. Deux connecteurs sur lesquels travaillent Barthélémy Toguo, Kimsooja et Latifa Echakhch, dont les œuvres poétiques/politiques nous confrontent aux failles de notre société. » (source Africultures).

Revue de presse récente sur la poétique de Glissant :

Edouard Glissant ou la créolisation comme nouvel idéal humain – Adieu la négritude. A propos du livre d’entretiens avec Lise Gauvin, L’imaginaire des langues (Gallimard, 2010), Tirthankar Chanda (RFI) écrit : »La « relation » est la clef de voûte de cette pensée prophétique du devenir humain. Dans le monde « archipélisé » qu’elle met en scène, les diversités civilisationnelles coexistent, sont mises en relation et en réseau pour mieux s’influencer tout en préservant leurs spécificités. C’est une vision originale car elle n’est pas réductible à la pensée de l’universel qui est trop souvent synonyme d’occidentalisation pure et simple. Dénonçant l’universel comme la volonté d’imposer les valeurs particulières (en l’occurrence les valeurs occidentales) en valeurs valables pour tous, le philosophe martiniquais plaide pour un monde réellement pluriel, « au carrefour de soi et des autres » (…)

Cet entretien a aussi un côté prophétique car il annonce la fin d’un monde ancien fondé sur des notions de la hiérarchie des langues et des cultures, de l’universel, et surtout de l’identité définie comme une essence. »

Le lien, Glissant et Internet :

Pour Edwy Plenel, le fondateur et directeur de Médiapart, Glissant est un visionnaire : « L’univers du lien, substrat de la vitalité démocratique », écrit-il dans une série d’articles consacrés à Wikileaks :

« Nul hasard si l’on doit à Edouard Glissant, avec cette acuité visionnaire propre aux poètes, quelques fulgurances sur Internet dans un passage anticipateur de son Traité du Tout-Monde, publié en 1997, à une époque où le Net balbutiait encore. Toute l’œuvre de ce grand voyant est en effet ancrée sur une «philosophie de la Relation», où s’entrecroisent et s’enrichissent mutuellement poétique et politique. La Relation comme antidote à la domination et comme apprentissage de l’incertitude… Loin de certaines crispations académiques face aux ébranlements numériques, Glissant pressentait dans Internet le surgissement de l’imprévisible et du discontinu, ruptures qu’il accueille volontiers :

« Si les sciences classiques avaient pour fin l’infiniment petit et l’infiniment grand, nous devinons que la science informatique ne considère que l’infiniment mouvant. […] Internet déroule le monde, il l’offre tout dru. »

À lire également (en anglais) « Le Web et le Traité du Tout-monde« , analyse de Kathleen Gyssels (Mots pluriels, août 2001, en anglais).

Glissant inspire la chanson, exemple avec l’auteur-compositeur cap-verdien Mario Lucio et de son album « Kreol », qui, résume La Croix, parcourt en dix-sept chansons, et sept pays, la route du commerce des esclaves d’antan.  Dédié à l’océan Atlantique, qualifié par l’artiste de « matrimoine de l’humanité », « Kreol » est tout entier l’expression du métissage des peuples de l’Atlantique. : « A l’image de Cesaria Evora autre avocate des musiques cap-verdiennes élargies au vaste monde et le malien roi de la kora Toumani Diabaté. Le chant des îles et le tour des émotions. »

Glissant inspire les chercheurs, exemple avec cet appel à contributions pour un « livre collectif sur la littérature-monde ». Date limite de la soumission des articles : le 1 avril 2011.

Extrait de l’appel de Cécilia W. Francis, professeure agrégée du Département de langues romanes de St. Thomas University Fredericton (Canada) : « À la suite du colloque « Trajectoires et dérives de la littérature-monde. Poétiques de la relation et du divers dans les espaces francophones » qui s’est déroulé à Fredericton du 21 au 23 octobre 2010, les organisateurs invitent tout chercheur intéressé par la littérature-monde à soumettre un article en vue de la publication d’un livre sur le thème de la littérature-monde.

La littérature-monde s’inspire de la poétique de la relation telle que développée par Édouard Glissant. Ce dernier décrit le changement de civilisation qui se manifeste à travers le  monde comme le passage du Même au Divers. D’un humanisme universel où les différences sont sublimées, nous sommes passés à une conception du monde comme un « faisceau de relaté ». »

Pour approfondir la pensée d’Édouard Glissant, voir les séminaires de l’Institut du Tout-monde, animés par le philosophe François Noudelmann.

Édouard Glissant, la créolisation du monde, est un documentaire de la collection Empreintes (France 5), réalisé en 2010.

Sur Outre-mer 1ère, plusieurs vidéos sont en ligne.

Glissant et le jazz (revue de presse)

« C’est face aux plus grands créateurs que surgit le débat « Est-ce du jazz ? ». Le jazz se moque des étiquettes. Il est un état d’esprit artistique et humain. L’écrivain Édouard Glissant évoque souvent cette question dans ses textes. Il cite le jazz comme un exemple typique du processus de créolisation, 
c’est-à-dire de l’invention permanente. En jazz, il n’y a pas de frontières qui séparent : elles relient les hommes, grâce aux passerelles qu’on s’attache à élaborer. »

Voir l’intégralité de l’interview dans L’Humanité de Fabien Barontini, directeur de Sons d’hiver, festival organisé dans le Val-de-Marne du 21 janvier au 12 février 2011.

La pensée et l’écriture de Glissant en contexte

Le laboratoire « littératures et études postcoloniales » de l’École normale supérieure organise à Lyon le 9 février un colloque consacré à l’œuvre de Glissant, intitulé : « De la mise en mots à la mise en œuvre : la pensée et l’écriture de Glissant en contexte ».

Quatre chercheurs sont invités : Célia Britton, Romuald Fonkoua, Alain Ménil et Lambert-Félix Prudent.

Programme et contact sur le site d’Africultures.

Edouard Glissant au théâtre de l’Odéon

Pour la première fois depuis quatre mois sans apparition publique (pour cause de maladie), Edouard Glissant devrait être présent pour cette soirée consacrée à son anthologie des poètes du Tout-monde, forte bibliothèque de livres aimés et de textes choyés… C’est au Théâtre de l’Odéon, mercredi 3 novembre à 20h.

Lectures en français, anglais, arabe, espagnol par Marianne Basler, Sophie Bourrel, Alex Descas, Behi Djanati-Atai, Greg Germain, Charles Gonzales, Tcheky Karyo, Mike Ladd, Denis Lavant et Sapho, et les auteurs Abdelwahab Meddeb, Pierre Oster et Antoine Raybaud.
Oratorio à partir de poèmes d’Édouard Glissant par Jacques Coursil, accompagné de Yann Joussein aux percussions, Fanny Lasfargues à la contrebasse et Romain Clerc-Renaud au piano et clavier.
Mise en espace de Razerka Ben Sadia-Lavant.
Organisé avec le Fonds de Dotation agnès b. et Galaade Éditions.

Ecrivains mexicains, un documentaire de 13′

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Découvrez Carlos Fuentes, Martin Solares, rencontre avec des écrivains mexicains sur Culturebox !

A l’occasion du Salon du livre de Paris de l’an dernier, Christian Tortel proposait un documentaire de 13’, Écrivains mexicains 2009.

Carlos Fuentes, le doyen, l’ambassadeur, et Paco Ignacio Taïbo II, le biographe et l’auteur de polars, nous ont ouvert leur bibliothèque. Avec trois jeunes auteurs, ils sont nos guides dans un pays soumis à l’hyperviolence des narcotrafiquants, héritier de hautes cultures (olmèque, maya, aztèque, toltèque), où bouillonne une littérature solaire mais désenchantée, aux richesses méconnues.

Cette balade littéraire, mise en images par Jean-Pierre Magnaudet, nous emmène à Tampico, sur le Golfe du Mexique, en face des Caraïbes. Martín Solares s’est inspiré de sa ville natale pour écrire un roman policier aux résonances dans la terrible actualité du pays, Les minutes noires (Christian Bourgois éditeur, réédité en poche 10/18 en mai 2010).

A Coyoacán, quartier paisible d’une capitale démesurée, Guadalupe Nettel, grande lectrice d’Octavio Paz, raconte son goût pour toutes les formes de beauté, projet développé dans son recueil de nouvelles, Pétales et autres histoires embarrassantes (Actes Sud).

Plus au Sud, à Oaxaca, la rebelle, se rejoignent les traces des Codex, grands récits aztèques, et le tout premier recueil de poèmes en langue mazatèque, Tatsjejín nga kjabuya (« La mort n’est pas éternelle », bilingue espagnol). Juan Gregorio Regino nous dit ce qui change quand il écrit dans une langue
indienne, l’une des 65 du Mexique de 2009.

Écrivains mexicains 2009 s’inscrit dans une série de grands reportages littéraires : Écrivains voyageurs au Mali (2003), Écrivains mauriciens (2004), Écrivains et artistes haïtiens (2007).

« La littérature-monde est indienne, centrale pas périphérique »

« Ils chahutent les frontières géographiques, nationales, intellectuelles. Ils bousculent les certitudes. Que faire de ces écrivains indiens, ou d’origine indienne, tous anglophones, cosmopolites, qui, après Salman Rushdie, après Arundhati Roy, lauréate du Booker Prize en 1997 pour le Dieu des petits riens, ont en quelques années conquis la scène littéraire mondiale ? se demande Ève Charrin, auteure de l’Inde à l’assaut du monde, (Paris, Grasset, 2007, rééd. Poche Pluriel, 2009.) dans le numéro d’août-septembre 2010 de la revue Esprit.

Vikram Seth, Amitav Ghosh, Jhumpa Lahiri, Kiran Desai, Aravind Adiga, Suketu Mehta, Lavanya Sankaran, Pankaj Mishra, Tarun Tejpal, Abha Dawesar, et d’autres : que faire de ces plumes qui ont émergé, à peu près en même temps que l’Inde, depuis le tournant du siècle ?

Bien sûr, il faut les lire, avant toute chose. Ces auteurs ont amplement mérité leur succès critique, leur reconnaissance mondiale, leurs traductions, leur moisson de prix littéraires prestigieux, Pulitzer et Booker compris. Mais ce n’est pas par goût de l’exotisme qu’il faut les lire : à cette aune on serait parfois déçu, et de toute façon ce serait un malentendu. Certes, ces écrivains parlent de l’Inde, toujours, que ce pays constitue ou non le lieu de leurs récits.

Mais d’où qu’on la regarde, l’Inde n’est plus (seulement) exotique, en tout cas elle n’est plus du tout périphérique : elle est devenue centrale. Il faut donc lire Lahiri, Desai, Adiga, Mehta et les autres, parce qu’ils n’ont pas leur pareil pour dire le monde d’aujourd’hui, un monde de déplacements, un monde de mobilité et de résistances, à la fois géographiques et sociales. Ils parlent d’émigration, d’ambitions sociales, de fuite, de révolte, de survie, d’échappées. Ils parlent, mieux que personne, de mondialisation. Ce n’est donc pas un hasard si, justement, on ne sait pas où les mettre. »

Rappel : plusieurs articles de référence sont en accès libre sur le site d’Esprit, de Paul Riœur (Le scandale du mal, juillet 2005), Michel Foucault (Luttes autour des prisons, novembre 1979), Claude Lévi-Strauss (Réponses à quelques questions, novembre 1963), Léopold Sedar Senghor (Le français, langue de culture, novembre 1962), Albert Memmi (Portrait du colonisé, mars 1957) et Frantz Fanon (Antillais et Africains, février 1955).

La République des lettres et ses périphéries (Dominic Thomas)

Florence Noiville (Le Monde, 25/03/10) : Que pensez-vous de la « littérature monde » en français ?

Dominic Thomas, directeur du département d’études françaises et francophones à l’université de Californie à Los Angeles (UCLA : Le projet d’ouvrir les institutions littéraires paraît essentiel, ainsi que le fait de reconnaître que les écrivains d’expression française ne sont pas tous français. Pour cette raison, les signataires du Manisfeste pour une littérature monde (Le Monde, 19 mars 2007) ont été applaudis. Pourtant, ce texte n’a pas suffisamment poussé l’argumentation sur la marginalisation de ces auteurs. Il ne suffit pas de demander pour eux l’accès au « centre », afin qu’ils aient leur place chez les éditeurs de Saint-Germain-des-Prés. Il faut aussi s’interroger sur les structures en place, à savoir cette « République des lettres » qui a établi ce rapport centre/périphérie. La question ne devrait donc pas être celle de l’intégration/marginalisation, mais la remise en question de ces institutions qui ont créé et entretenu ces hiérarchies.

Attendue, une anthologie de la poésie du Tout-monde (Edouard Glissant)

 

« Diriez-vous qu’un poème peut être coupé, interrompu, qu’on pourrait en donner des extraits, morceaux choisis et décidés par l’action de vents malins ? Oui, quand les morceaux ont la chance c’est-à-dire la grâce de tant de rencontres, quand ils s’accordent entre eux, une part d’un poème qui convient à un autre poème, à cette part nouvelle, et devient à son tour un poème entier dans le poème total, que l’on chante d’un coup.

Une anthologie de la poésie du Tout-monde, celle que voici, aussi bien ne s’accorde pas à un ordre, logique ni chronologique, mais elle brusque et signale des rapports d’énergie, des apaisements et des somnolences, des fulgurations de l’esprit et de lourdes et somptueuses cheminaisons de la pensée, qu’elle tâche de balancer, peut-être pour que le lecteur puisse imaginer là d’autres voies qu’il créera lui-même bientôt. » – Édouard Glissant

La Terre, le Feu, l’Eau et les vents, cette anthologie est attendue pour le Salon du livre de Paris (Porte de Versailles, Pavillon des 30 ans), avec deux moments, annoncés par son éditeur Galaade :

Le 26 mars à 14h, discussion entre Edouard Glissant et Edwy Plenel autour de l’Anthologie de la poésie du Tout-Monde.

Le 31 mars à 18h, Récital avec les comédiens Marianne Basler, Michael Lonsdale, Alexandra Fournier, Sophie Bourel et Greg Germain ainsi que les poètes Pierre Oster, Antoine Raybaud, André Velter et Elias Sanbar vous présenteront en avant-première des extraits du livre.

Une lecture par Michel Herland, professeur de sciences économiques à l’Université des Antilles et de la Guyane, Martinique, Antilles françaises, sur le blog de Mondes francophones : « Les curiosités contenues dans ce recueil ne sont pas que poétiques, au demeurant. E. Glissant s’est autorisé des incursions dans des genres littéraires divers : le roman (Joyce…), la nouvelle (Faulkner…), l’essai (Elie Faure, Antonin Arthaud…), le témoignage historique (Inca Garcilaso…), etc. En définitive, l’anthologie du Tout-Monde est passionnante au premier chef parce que, n’ayant pas d’autres partis-pris que ceux de son auteur, elle autorise les rencontres les plus inattendues. »