Le mot du jour : cluster (Syto Cavé / Alain Blondel)

Alain BLONDEL (Né en 1950)  Cluster Huile sur toile. Signée, datée «2010» et titrée au dos. 100 x 51 cmAlain Blondel, Cluster, huile sur toile. Signée, datée « 2010 » et titrée au dos. 100 x 51 cm

Cluster, le mot du jour, « grappe, groupe, ensemble », disons « agrégat » en français, titre d’une série de toiles d’Alain Blondel, qui aime aussi travailler dans l’écho amical du poète et dramaturge haïtien Syto Cavé, rencontrés tout deux aujourd’hui dans l’atelier du peintre, à Paris. Ces deux-là constituent un beau cluster d’amitiés et de créations, Syto aimant les villes où l’ont s’attache, Alain aimant la proximité de l’ailleurs.

Le poète venait d’émouvoir les quelques trop rares spectateurs du Dansoir, à Paris toujours, où il avait lu l’avant-veille, un extrait d’une belle poésie du mot du macadam et de la belle amour (forcément humaine, hein Lyonel ?), poésie-qui-ne-s’auto-célèbre-en-rien, extraite d’un livre récent, publié par Roger Tavernier chez Zellige, Une rose rouge entre les doigts :

« L’Artibonite est un fleuve… L’Artibonite est une chanson à mort… Il est fleuves comme des villes auxquels un chant redonne une âme : Paris, Syracuse, Port-Salut. »


Les mots de Syto sont comme une Artibonite d’aphorismes que dynamite un phrasé de rocs et de pluies. Son dernier recueil (Une rose rouge…) est bien dans l’esprit « cluster », un agrégat de textes anciens ou récents, un phrasé rocailleux mais plein d’amour, plein de couleur : « Le ciel était tout bleu et ma mangue houlait rouge. Elle faisait flot de lune et roulis d’un grand air, et me venait au cœur, et me prenait au nez, ronde et brune, dansait rouge sur la dune, et me tapait aux yeux, et me brûlait le corps jusqu’à me faire sauter ! Le ciel était tout bleu, mais le sol se fit rouge. Je me suis cassé les os, à cause de la lune, à cause d’un mango, à cause des mamelles de Madame Lopez. » (Voisin-voisine, Une rose rouge… p. 49)

Le mot d’un jour prochain, qui sait : houler.

Dans la chronique Culture du 13 janvier 2012…

Dans la chronique Culture du 13 janvier 2012 (France Ô, 18h30), spéciale Haïti :

. Exposition Haïti 500 ans d’histoire, à l’ENS, Lyon, jusqu’au 24 février ;

. Exposition Haïti, les villes imaginaires, à Bordeaux, jusqu’au 17 janvier ;

. Revue numérique, Intranqu’îllités, en lien sur Papalagui du 12 janvier ;

. Concert de Jowee Omicil au festival Kreol jazz, Neuilly (Hauts-de-Seine), 14 janvier, 19h.

 

Haïti : deux expos, à Lyon, à Bordeaux

A Bordeaux, le Collectif Mémoire a mobilisé des artistes venus des quatre coins de France, de l’Amérique latine et de la Caraïbe. Soixante d’entre eux ont répondu présents, qui montreront leur travail du 4 au 17 janvier, à la Halle des Chartrons, tous les jours de 13h à 19h, sur le thème Mémoire d’un séisme. Haïti : les Villes imaginaires.

Après Paris, Lyon accueille l’exposition de peintres haïtiens « Haïti 500 ans d’histoire » du 9 janvier au 24 février 2012, du lundi au samedi,  à l’Ecole Normale Supérieure, 15 Parvis René Descartes – Lyon 7e

Pépin primé

Ernest Pépin, auteur du roman Le soleil pleurait (Vents d’ailleurs) a été récompensé par l’Académie des Sciences d’Outre-Mer du prix Robert Delavignette.

L’auteur guadeloupéen prend des accents de conteur épique et grand jouisseur-culbuteur de mots pour raconter une histoire d’Haïti quand Régina, une belle mulâtresse, est kidnappée un beau matin à cause de son teint clair : « Sur cette terre sans mercis où les mythes tiennent lieu d’explications, la lutte pour la survie exige des talents hors du commun·! »

Sur Papalagui, (20/03/11) lire la critique et visionner le reportage au Salon du livre de Paris.

 

Perturbations et bifurcations

Lu dans la note d’intention sur l’atelier d’écriture de Marie-Célie Agnant à La boutique d’écriture de Montpellier, le 12 janvier, 20h, sous le titre Perturbations : « Parfois quand on écrit, quelque chose surgit et l’écriture bifurque. Il faut alors la suivre là où l’on ne pensait pas aller. » Et pour la séance du 19, toujours à 20h (Emmène moi) : « Tu parles et nous marchons. Je parle et nous marchons encore. Récit. »

 

Port-au-Prince, 12 janvier, leurs mots pour mémoire (France-Culture)

Port-au-Prince, 12 janvier, leurs mots pour mémoire, une émission de Valérie Marin La Meslée sur France-Culture, 12 janvier 2012, 23h, dans le cadre de L’Atelier de la création.

Deux ans après le tremblement de terre qui a dévasté Haïti et particulièrement sa capitale, la présence encore si manifeste de la dévastation tout autour, et à  l’intérieur de chacun a donné naissance à ce documentaire. Nous y entendrons des extraits de quelques-unes des oeuvres que cette catastrophe a inspirée.

Cette émission, dédiée aux disparus, se veut un moment de partage avec ceux qui vivent toujours dans des conditions tragiques, et un hommage au courage du peuple haïtien qui se réinvente au jour le jour.

 

Hommage à Jacques-Stephen Alexis (revue Intranqu’îllités)

 

Mediapart s’est associé à la revue haïtienne Intranqu’îllités, animée par James Noël, émanation de l’association des Passagers des Vents et de la résidence artistique et littéraire de Port-Salut, et qui publie son premier numéro, pour un hommage exceptionnel à Jacques-Stephen Alexis (1922-1961). Écrivain et révolutionnaire, Alexis l’a payé de sa vie : il fut assassiné à 39 ans par les hommes du dictateur Duvalier.
Dans ce premier numéro d’Intranqu’îllités, à noter les contributions de treize auteurs haïtiens. Cet hommage coïncide avec le deuxième anniversaire du séisme du 12 janvier 2010.

À consulter en ligne : Intranqu’îlités