De proche en proche
poèmes en poche, il poursuit
le même rêve
De proche en proche
poèmes en poche, il poursuit
le même rêve
Au marché, vocalise
un vendeur de fruits et légumes
voix d’opéra.
Viens l’ami, j’t’invite
à déjeuner, manger, boire,
parler.
Implacable et
brutal, le métro pile
à Saint-Placide.
Sous la pluie,
des arbres nus où tremblotent mille et un points
de suspension.
Dans l’encadrement
du crépuscule, une lumière
qui a été.
OU :
Castagnettes et tambourins
les humérus et clavicules
encouragent les entrechats
des désenterrés de l’année
(Michel Butor, Une nuit sur le mont Chauve, Éd. de la Différence)
Paquet cadeau,
le clochard bivouaque dans le doré
d’une couverture de survie.
Dans une foire d’art contemporain
Un passant honnête confie au vestiaire sa pelure —
Peu après, il la retrouve exposée.
Choisi par la romancière Amélie Nothomb, organisatrice avec France-Inter d’un concours, ce haïku d’Araceli Sanchez :
La trace d’argent
Déposée par l’escargot
Mérite une lecture.
Des chauves naissent coiffés
se dit le philosophe
en coupant les cheveux en quatre.