Ô pluie d’automne
quand filtre, avant le gris d’hiver,
la lumière des arbres aux feuilles d’or.
Ô pluie d’automne
quand filtre, avant le gris d’hiver,
la lumière des arbres aux feuilles d’or.
Le soleil bascule à l’horizon
Les couleurs de l’air s’épuisent dans la vitesse d’un train
Crépuscule.
—–
Dans l’obscur de la nuit
le temps se dilate
Train météoritique.
Un oiseau jaillit
crissements
des mots sur le tableau
Ul lapous o tiflukañ
war an daolenn zu
gerioù iwe o strinkañ
(Alain Kervern, L’Archipel des Monts d’Arrée, photographies Gabriel Quéré, La Part commune, 2006)
[À gauche, la comédienne Mireille Fafra ; à droite, la chanteuse Brigitte Kloareg]
Le site de l’association Tro Menez Are.
Les livres d’Alain Kervern sont sur le site des éditions La Part commune, car les haïku japonais peuvent aussi s’écrire en breton :

De proche en proche
poèmes en poche, il poursuit
le même rêve
Au marché, vocalise
un vendeur de fruits et légumes
voix d’opéra.
Viens l’ami, j’t’invite
à déjeuner, manger, boire,
parler.
Implacable et
brutal, le métro pile
à Saint-Placide.
Sous la pluie,
des arbres nus où tremblotent mille et un points
de suspension.
Dans l’encadrement
du crépuscule, une lumière
qui a été.
OU :
Castagnettes et tambourins
les humérus et clavicules
encouragent les entrechats
des désenterrés de l’année
(Michel Butor, Une nuit sur le mont Chauve, Éd. de la Différence)
Paquet cadeau,
le clochard bivouaque dans le doré
d’une couverture de survie.