Les gros volumes leur avaient semblé un océan…

 

Entre deux langues, les métaphores jouent avec génie. L’exemple est édifiant : il prend en compte l’origine du mot arabe pour désigner le « dictionnaire », al-qâmûs (القاموس).
« Quand les savants d’Orient avaient découvert les dictionnaires grecs, eux dont la langue était restée jusqu’alors essentiellement orale, ils les avaient comparés à ce qu’ils connaissaient le mieux : les mers. Les gros volumes leur avaient semblé un océan, de mots, de sons, de sens, de saveurs, de savoirs, raconte Sophie Chérer en introduction de son beau livre, Renommer (éditions L’École des loisirs). C’est pourquoi, poursuit-elle, le premier auteur connu d’un dictionnaire arabe écrit, Al-Firouzabadi, avait intitulé son ouvrage au XIVe siècle de notre ère, d’après un mot transcrit du grec okeanos : Al uqyanus al-muhrit, littéralement « l’océan qui entoure tout ». Adapté, simplifié, uqyanus est devenu aujourd’hui al qâmûs, le dictionnaire. »
C’est ainsi que la vastitude de la connaissance prit la dimension d’un océan.

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