Le jour de Charlie

 

À l’Université de Genève :

Genève

À Paris, la place de la République est noire de monde. Une foule silencieuse. Une foule compacte qui fait très grand nombre. Un homme monte sur la statue de la République et attache un brassard à son bras de géante. Applaudissements.
Beaucoup sont venus avec l’affichette JE SUIS CHARLIE. Ferveur collective. D’autres brandissent un stylo bien droit dans leur main. Certains essaient de circuler dans la foule compacte. On dirait des ruisseaux humains.
On est venu pour faire nombre, pour respirer le même air, pour garder un peu de cet esprit de liberté qu’on a voulu tuer. On se touche, se faufile, traverse la place.
Une femme agoraphobe essaie de franchir l’espace qui la sépare d’une éventuelle sortie. Du haut d’un promontoire, elle débouche sur un horizon. On lui passe de l’eau. Elle sort une cigarette. C’est une ancienne journaliste culturelle. Elle dit avoir l’habitude des grottes mais pas des foules.
Une ambulance essaie de fendre la foule tous gyrophare et sirène en alerte. Elle va lentement.
Un autre ruisseau humain fend la foule. Chacun porte les lettres allumées N.O.T. A.F.R.A.I.D. Applaudissements.
Je remonte la rue du Faubourg du Temple direction Belleville. Je me réfugie dans un café pour me réchauffer. Au mur est affiché le discours de Martin Luther King : « I have a dream ».

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