[Congo, J-24] : l’homme, ce lumineux désir de chant

À quelques jours d’une Rencontre internationale d’art contemporain, organisée aux Ateliers Sahm de Brazzaville et avant de s’embarquer le 4 septembre, donc dans 24 jours, retrouvons Édouard Glissant, qui écrivait à 20 ans, Laves, dont voici un extrait :

Or je suis dans l’histoire ce monstre jusqu’à la moindre moelle de sureau. Séculairement installé : en ce midi que je disais fort comme l’ignorance : elle roule en moi ses graviers. J’attends, mangeaison du poème, les roses   Oui
je suis morcellement
dans la musique
nocturne !
Homme Coulie marin Mer mousse Ah ! la rosée de mes cheveux que tu as crus une poussée de coraux morves   Non pas voix mais rumeur  Forée bâtie  Les nègres
non pas tués incinérés décapités mais lynchés   Je circule dans les houilles   Ma force plaquée aux forces !   (Des amuseurs et voici qu’ils se lèvent ! Un beau scandale ! Au nom ici du démarquage poétique, et pour témoigner d’une splendeur morale. Je m’oblige dès lors à saluer : l’homme, ce lumineux désir de chant. Vocatif, trop.)
Édouard Glissant, Le sang rivé, Présence africaine, 2012, p. 28, [Laves (1948, Éléments, V)].

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