mérite le détour : le site de Joëlle Ecormier, appréciée il y a peu pour La pêche aux mots, attendue pour un prochain roman, Le petit désordre de la mer (Océan éditions).

mérite le détour : le site de Joëlle Ecormier, appréciée il y a peu pour La pêche aux mots, attendue pour un prochain roman, Le petit désordre de la mer (Océan éditions).

« Sinema anba Zetwal », c’est du cinéma sous les étoiles. À la fois moyen de divertissement, de rassemblement et d’éducation pour un peuple qui doit collectivement se remettre de bien des émotions depuis le tremblement de terre du 12 janvier.
« C’est de la nourriture pour l’esprit, explique Laurence Magloire, Montréalaise à l’origine de l’activité. Ils ont distribué du riz pour nourrir les ventres. Nous, on nourrit les âmes.».
Lire la suite du reportage de Philippe Mercure sur La Presse en ligne.

Les éditions Pages Folles, dirigées par le poète et universitaire Jean-André Constant depuis Hartford au Connecticut, USA, lancent un appel à contributions (textes ou photos) pour un titre à publier, « Demeure », selon les thémes :
Date limite : 14 mars 2010.
Contacts :
Jean André Constant editionspagesfolles@yahoo.com, Martine Milard à tinart2000@yahoo.fr et Saint-John Kauss à johnnnelson57@hotmail.com.

Aider Haïti mais comment ? L’humanitaire doit-il noyer le pays sous des norias de vivres ?
Le coordinateur des Nations unies pour l’aide humanitaire, John Holmes, a dû reconnaître l’authenticité d’un e-mail dans lequel il critique sévèrement les défaillances et le manque de coordination des agences de l’ONU et des ONG destinataires de ces fonds. Dévoilé par la revue Foreign Policy, ce courrier rappelle aux agences humanitaires qu’il reste « des besoins humanitaires énormes non satisfaits ». (Le Monde, 20/02/10)De son côté, dans Le Nouvelliste repris par Courrier international, Gary Mathieu, directeur de la Coordination nationale pour la sécurité alimentaire (CNSA) juge dans le domaine particulier de l’agriculture qu’une « distribution désordonnée ne tient pas compte de la production locale alors que celle-ci est en augmentation constante depuis 2009. » Ce responsable est « persuadé que l’arrivée massive de l’assistance va constituer un frein à la production de légumes » en dehors de la capitale, Port-au-Prince.« Haïti : des milliards et après ? » se demandait dans Le Monde du 17 février, Nesmy Manigat, directeur Amérique Latine-Caraïbes de l’ONG Aide et Action :« On se souvient de l’embargo économique de 1991, imposé par les « pays amis d’Haïti » pour restaurer la démocratie suite au coup d’Etat militaire qui a renversé le gouvernement de Jean-Bertrand Aristide. Cette solution, à l’époque, a fini par tuer un secteur économique déjà très affaibli et fait baisser le niveau de certains indicateurs de développement. Depuis cette période, une « économie de l’humanitaire » s’est substituée peu à peu à l’économie « réelle », d’initiative privée. »Comme disait une conseillère du ministère de la culture haïtien, de passage à Paris il y a deux jours : « il est urgent de penser ».
Les recettes d’une soirée littéraire à la librairie Oliveri, de Montréal, ont totalisé 10 400 $ (7 350 euros). Elles seront versées au Centre d’étude et de coopération internationale (CECI).
Pour la belle relation de cette rencontre avec Dany Laferrière, Stanley Péan, Joël Des Rosier, Rodney Saint-Éloi, etc., lire Mélanie Thibault, dans La Grande Époque : « Cette soirée n’était que la partie visible de l’iceberg de la littérature haïtienne. Pour soutenir réellement Haïti, soutenez ses œuvres artistiques. Ils représentent plus qu’un évènement, une lecture journalistique ou une photo du séisme. Ils sont l’âme de ce pays, son éloquence, sa force, son sourire, ses peurs, sa tristesse et son espoir. »
Lors du lancement officiel du Programme de l’évaluation conjointe des besoins post-séisme (PDNA), à Port-au-Prince,le 18 février, le Premier ministre haïtien Jean-Max Bellerive a appellé à « une refondation d’Haïti axée sur la culture haïtienne » tout en reconnaissant que « le chemin qui permettra de progresser vers cet idéal est empreint de pragmatisme ».
En présence de la coordonnatrice résidente et humanitaire des Nation-Unies en Haïti, Kim Bolduc, du représentant de la Banque mondiale et d’Eduardo Almeida, de la Banque Interaméricaine de développement, le Chef du gouvernement haïtien a exhorté chacun « à travailler de sorte qu’Haïti soit un pays émergeant d’ici 2030, une société équitable, vivant en harmonie avec son environnement, sa culture et une modernité maîtrisée de l’Etat de droit, avec une économie forte et dynamique, où tous les besoins de base de la population sont satisfaits. »
source : Haïti Press Network.
Appris en regardant le journal télé de Saint-Pierre et Miquelon : la Croix Rouge de l’archipel a collecté 16 000 euros pour Haïti. A raison de 6 345 habitants, cela fait une moyenne de 2,5 euros par personne.

« Le Serpent à plumes pour Haïti », recueil de textes d’écrivains haïtiens et de l’ami d’Haïti, Thomas C. Spear, est paru. Tiré à 5 000 exemplaires, vendu 15 euros, la part éditeur (environ 7 euros) doit revenir à l’Hôpital de la Communauté Haïtienne, à Port-au-Prince. En plus de photos de David Damoison et Fred Kœning, on y voit cette superbe toile d’Hervé Télémaque , « Le Voyage d’Hector Hyppolite en Afrique n° I » :

Voici un extrait de la nouvelle de Syto Cavé, Fatras-Bâton :
il décida de se nommer Fatras-bâton. Ce n’était pas une invention. Ce nom appartenait à l’un des héros de l’indépendance haïtienne qui le changea très tôt contre celui de Toussaint Louverture. Il ne ressemblait aucunement à cet homme. Il n’en avait d’ailleurs pas la prétention. Il ressemblait plutôt à son nom, à ce premier nom que Toussaint laissa en route. Ça lui disait quelque chose. Il signifiait pour lui un certain parcours. Dans son oreille intérieure, il sécrétait le sens d’une cassure, d’un chemin coupé. De l’union de ces deux termes naissait un rayonnement, une magie nominale, un rapport idéal entre le mot et la chose, l’être et le nom, au point qu’ils paraissaient ne pouvoir se passer l’un de l’autre, comme prédestinés à se révéler, composantes principales, nécessaires d’un drame.
Qui dira, publiera, transmettra dans le vaste monde tout ce qu’Haïti vit depuis le séisme du 12 janvier ? Déjà des éditeurs fourbissent leur papier pour relayer toute cette littérature, celle des écrivains comme celle des gens du quotidien, sueur au corps, déroulant leur sollicitude dans la solitude multiple, alors que résonne a l’entour une compassion sans fin, sans faim car jamais rasasiée.
Au gré des navigations sur la Toile, des messages, des textes touchent plus que d’autres. Ainsi sur le site de la Fondation Haïti Partage, cette lettre de Mica à Flo. A la découvrir, le lecteur a le sentiment de partager quelque chose. Sur place, dans la régions des Abricots, il y a Jean-Claude Fignolé, écrivain, maire, et sans doute plus que ça alors que sont arrivées et que viennent encore des foules de réfugiés de la capitale.
Ça a commencé comme ça :
« Flo chérie, il faut que je donne des nouvelles un peu à tous les amis qui m’en demandent et qui ne peuvent s’imaginer ce après quoi je cours toute la journée qui me bouffe tout mon temps. Le drame a commencé par une belle journée où au volant de mon pick-up, je suis partie des Abricots vers Jérémie… »
Lisez La vie aux Abricots, c’est dans aucune librairie, c’est comme une littérature de l’urgence.
Lisez Abricots de Jean-Claude Fignolé dans Haïti, un atlas littéraire :

« Penchée à l’avant d’une blanche caravelle, elle se rappelait Heredia en regardant monter vers elle, des profondeurs ignorées, la fantasmagorie des coraux. L’étrave fendait allègrement la mer étale. A l’arrière, le sillage traçait des raies de vaguelettes qui bruissaient, étincelaient sous le soleil… »
Après près de 2 semaines passées à Port au Prince, me voilà de retour en France. Le voyage en minibus (une quarantaine d’haïtiens – j’étais le seul étranger) de Port-au-Prince à Santo-Domingo s’est plutôt bien passé mais j’ai été extrêmement outré par les dix-neuf (19 !!) contrôles des autorités militaires dominicaines pour lesquels il a fallu à chaque fois allonger les billets (et ne se gênant pas pour demander plus lorsque la somme ne leur convenait pas). Cela n’enlève toutefois pas le mérite et la grande générosité des Dominicains, très actifs sur le terrain, envers la population haïtienne.
La suite du témoignage, reportage, d’Olivier sur Le blog du témoin, repris par les habitants du quartier de Delmas à Port-au-Prince (Haïti), (signalé par Dimitri Béchacq).