Avant l’annonce du Nobel de littérature, la liste sur laquelle pariaient les bookmakers anglais atteignait plusieurs dizaines de noms d’écrivains…
Nulle doute qu’ils étaient nombreux à attendre un appel téléphonique. Pas Doris Lessing. A l’annonce de la nouvelle du Nobel de littérature, vers 13h, Doris Lessing faisait du shopping dans Londres. A 88 ans, cette féministe déçue, rebelle aux conventions, militante anti-apartheid, critique de l’Afrique où elle a passé son enfance et de ses dirigeants corrompus, sait profiter des plaisirs de la vie.
Le comité Nobel a choisi de récompenser » la conteuse épique de l’expérience féminine, qui avec scepticisme, ardeur et une force visionnaire scrute une civilisation divisée « , une formule à la densité dont l’Académie suédoise a la secret.
On disait Doris Lessing non politiquement correcte pour obtenir le Nobel.
Paris perdu. Lessing a gagné.
Elle est née et a passé son enfance dans des pays dont les noms ont changé. Née en Perse en 1919, elle s’installe avec ses parents en Rhodésie du Sud à l’âge de six ans.
Sans doute ses livres sont-ils disponibles en persan… Au Zimbabwe, l’ancienne Rhodésie du Sud, ils sont » diffusés » dans leur langue d’origine, l’anglais. Mais personne ne peut les acheter.
En voyage dans son pays d’enfance, en 2000, Doris Lessing racontait (Le Monde diplomatique, août 2003) : » Un homme s’est plaint auprès de moi : « On nous a appris à lire, et maintenant il n’y a plus de livres. » Le prix d’un livre de poche était plus élevé que le montant du salaire mensuel moyen… «

C’est vrai, tous ces pays dont les noms ont changé et qui l’ont vu grandir… Bien noté!
J’aimeJ’aime