Le livre sur Tooy continue son voyage…

Richard Price présentera son livre Voyages avec Tooy à St. Laurent-du-Maroni, librairie « Le Toucan », 5 rue Schoelcher, le 1er décembre à 9h30, et au bar du Toucan à 18h30, une librairie où l’on sait parler chiffres, comme en témoigne ce petit film, tourné lors de l’inauguration de ses nouveaux locaux, en 2009 :

http://vimeo.com/moogaloop.swf?clip_id=4599574&server=vimeo.com&show_title=1&show_byline=1&show_portrait=1&color=ff9933&fullscreen=1&autoplay=0&loop=0La librairie le Toucan inaugure ses nouveaux locaux au 5, rue Schoelcher from mobileric on Vimeo.

Et pour les autres rencontres possibles :

Cayenne, lundi 29 novembre et vendredi 3 décembre, auditorium de l’IUFM, route de Baduel, 18h ;

Mana, bibliothèque, mardi 30 novembre, 17 heures 30 ;

Kourou, librairie Encrage, jeudi 2 décembre, 18 heures ;

Rémire-Montjoly, samedi 4 décembre.

Édouard Glissant, une anthologie, un entretien

http://culturebox.france3.fr/player.swf?video=30211Découvrez Entretien avec Edouard Glissant sur Culturebox !

Lors du salon du livre de Paris, en mars dernier, Édouard Glissant nous avait accordé un entretien à l’occasion de la sortie de son Anthologie de la poésie du Tout-monde, titrée : La Terre, le feu, l’eau et les vents (éditions Galaade).
Les poètes étant reconnus depuis Rimbaud comme étant des voleurs de feu, Glissant aimant dire qu’il écrit en présence de toutes les langues du monde, son Anthologie est un ravissement, chaque écrit renvoyant à un autre, le tout formant une vaste bibliothèque personnelle aux ramifications innombrables :

« Diriez-vous qu’un poème peut être coupé, interrompu, qu’on pourrait en donner des extraits, morceaux choisis et décidés par l’action des vents malins ? Oui, quand les morceaux ont la chance c’est-à-dire la grâce de tant de rencontres, quand ils s’accordent entre eux, une part d’un poème qui convient à un autre poème, à cette part nouvelle, et devient à son tour un poème entier dans le poème total, que l’on chante d’un coup.

Une anthologie de la poésie du Tout-monde, celle que voici, aussi bien ne s’accorde pas à un ordre, logique et chronologique, mais elle brusque et signale des rapports d’énergie, des apaisements et des somnolences, des fulgurations de l’esprit et de lourdes et somptueuses cheminaisons de la pensée, qu’elle tâche de balancer, peut-être pour que le lecteur puisse imaginer là d’autres voies qu’il créera lui-même bientôt. »

En Haïti, étincelles de haine, étincelles d’espoir…

En Haïti, malgré l’épidémie de choléra qui a fait plus de mille morts, les élections sont maintenues pour le 28 novembre : près de 4,7 millions d’Haïtiens vont être appelés à choisir un successeur au président René Préval parmi 19 candidats. Ils devront également élire 11 sénateurs et 99 députés.

Des manifestants réclament le départ de « l’étranger », qui selon la rumeur serait la cause de l’épidémie.

D’autres présages sont alarmants : en Guyane, où l’immigration haïtienne est particulièrement importante (27% de la population immigrée, selon l’INSEE), les interpellations de Haïtiens ont repris. Elles sont suivies d’expulsions, annoncent les associations telles que la Cimade, le Gisti, la Ligue des droits de l’homme, Médecins du monde, ou le Secours Catholique qui rappellent que le gouvernement s’était engagé à suspendre le retour forcé des Haïtiens dans leur pays, après le séisme du 10 janvier.

Il n’y a pas eu une seule expulsion de ressortissant haïtien de Guyane depuis le séisme en Haïti, il y a dix mois et d’autant moins aujourd’hui avec l’épidémie de choléra qui sévit dans ce pays », a déclaré, Philippe Duporge, directeur départemental de la Police aux frontières (PAF). « Nous ne contestons pas le fait de remettre des APRF (arrêté préfectoral de reconduite à la frontière) aux ressortissants haïtiens en situation irrégulière en Guyane, mais nous ne les rendons pas exécutoires », a-t-il précisé à l’AFP le 23 novembre.
Marc Grossouvre, porte-parole de RESF (Réseau Éducation sans frontières) en Guyane a confirmé qu’il n’y avait « pas eu d’expulsions de Haïtiens » depuis le séisme, mais que les remises d’APRF seraient « récentes » et justifient, selon lui, « l’inquiétude » des associations. Le directeur départemental de la PAF affirme, pour sa part, que ce « traitement administratif » des ressortissants haïtiens en situation irrégulière a débuté « dans les semaines qui ont suivi le séisme »

Et pendant ce temps, certains entrevoient une porte de sortie, tel Jean-Marie Théodat, qui dans son blog quotidien, envoie de Port-au-Prince, ses mots à travers le Web :

« Et si je me lève tôt, c’est pour collecter toutes les étincelles d’espoir du jour qui me laissent entrevoir une lueur d’espoir pour sortir de la tente, un jour prochain, ainsi que tous les autres réfugiés qui dorment sous la tente, la tête haute. Alors, on pourra dire, sincèrement, merci à tous les étrangers qui ont voulu, souvent bénévolement, nous aider ! Et moi, je pourrai dormir tout à mon aise, mes quatre heures. Alors, la génératrice du voisin pourra faire son boucan d’enfer toute la nuit, son coq chanter au point du jour et les moustiques attaquer en ordre serré : je m’en fiche comme de ma première vérole. Je dormirai sur mes deux oreilles, car je saurai que dehors, un esprit sain veille sur nous. Dans l’attente, de je m kale nan fènwa a ! Je veille dans la nuit. »

50 000 mots en 3 minutes

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Découvrez Le Dictionnaire historique de la langue française d’Alain Rey sur Culturebox !

(création graphique : Romain Yaïch)

La 3e édition du « Dictionnaire historique de la langue française » (après celles de 1992 et 1998) est publiée sous la forme d’un seul volume. Alain Rey, retraité de 82 ans, retrace la vie des mots du français depuis le premier texte écrit en langue d’oïl en 842 jusqu’à des mots contemporains comme « bling bling ».

Surtout, cette version de 50 000 mots intègre les mots du français hors de Paris et en retrace l’histoire, ou les mentionne comme par exemple les mots « profitation » éclos lors des manifestations en Guadeloupe en février 2009, « ni-vanuatu », habitant du Vanuatu ou « caria » espèce de termite dans l’océan Indien.

Présidentielle : 24h Haïti, antenne spéciale en continu de France-Culture

Vendredi 26 novembre, à partir de 6h du matin (heure de Paris), jusqu’au samedi 27 novembre, 7h, France Culture dédie à Haïti l’ensemble de son antenne, soit 24 heures (plus une !) de programmes et d’information avec les journaux de la rédaction.
Depuis Port-au-Prince et Paris, à la veille des élections présidentielles, dix mois après le séisme, et alors que ce pays est confronté à une épidémie de choléra, France Culture souhaite faire entendre les voix d’Haïti dans leur richesse et leur diversité, et ainsi pouvoir partager la culture, l’histoire, la réalité, les enjeux d’aujourd’hui et de demain d’une société et d’un pays toujou débou !

Consulter le programme.

Elokans causé-croisé !

Un grand coup de bacoua pour saluer la reparution d’Elokans, newsletter mensuelle qui paraît quand elle peut et souvent chaque mois sauf quand Valérie Larose a des problèmes de PC, dont le ton nous affriole grandement, et qui enjolive agenda et calendrier avec ces rendez-vous créolo-culturels souvent à Paris ou couronne, en livre ou en musique, en live ou en soirée causé-croisé, comme ce café littéraire « le Petit Ney », le 26 novembre 2010, 19h, avec au programme une saison conte-conférence de bon augure : « Aux rencontres de l’autre ».
Café littéraire Le Petit Ney 10 av. de la Pte Montmartre 75018 Paris.

Pour s’abonner, c’est gratuit et facile : espwa@hotmail.fr .

17 écrivains haïtiens à Montréal

Haïti Solidarité, sous la présidence de Dany Laferrière (Prix Médicis 2009), mis en place en collaboration avec le Salon du livre de Montréal se déroule du 17 au 22 novembre 2010. Dix-sept auteurs seront présents

L’objectif est de faire connaître la richesse et l’originalité de cette littérature, l’une des plus anciennes des Amériques.

Écrivains présents (Haïti) :

Orcel Makenzy, Les immortelles, roman ; Emmelie Prophète, Le reste du temps, roman ; Lyonel Trouillot, Haïti. Le dur devoir d’exister ; Pierre Buteau, Refonder Haïti, essai, collectif ; Kettly Mars, Saisons sauvages ;

Écrivains haïtiens du Québec :

Stanley Péan, Taximan, nouvelles ; Dany Laferrière, Tout bouge autour de moi, chronique ; Marie-Célie Agnant, Et puis parfois quelquefois, poésie ; Rodney Saint-Éloi, Haïti, Kenbe la!, récit ; Franz Benjamin, Vingt-quatre heures dans la vie d’une nuit, poésie ; Gary Klang, Toute terre est prison, poésie ; Lenous Suprice, Ruminations, poésie ; Joe Jack, L’aveugle aux mille destins, chronique ; Joël Des Rosiers, Gaïac, poésie ;


Pour tous renseignements supplémentaires, veuillez contacter :
Tiphaine Delahaye, Coordonnatrice du pavillon haïtien, Tél. : 514-989-1491 ; Courriel : tiphaine.delahaye@gmail.com.

Source : Mémoire d’encrier.

 

On aime : Kim Thuy, prix du Gouverneur général du Canada pour « Ru »

 

Kim Thuy a remporté le plus convoité des prix littéraires du Gouverneur général du Canada pour Ru (éditions Liana Levi).

« Pas mal pour une jeune fille qui avait été taxée de « débile légère » par un conseiller en orientation à l’école secondaire.

« Mon vocabulaire était encore trop pauvre pour que je puisse trouver les intrus, vous savez, dans les tests (…) et aujourd’hui, si vous regardez la liste des finalistes, je suis clairement l’intruse », a-t-elle lancé, ce mardi, lors de son discours de remerciements à la Grande Bibliothèque de Montréal. »

La suite dans La Presse canadienne.

« L’amour nègre », prix Interallié 2010

J’ai toujours aimé le mot nègre. Il a une longue histoire de crimes. De joies et de douleurs. D’abjection. C’est une musique ancienne à mes oreilles. La couleur de la nuit et de l’encre. Les passions clandestines. La couleur de l’amour. L’amour nègre, évidemment. Certaient l’aboient comme une insulte. Ce n’est pas de leur faute. Ils ont été dressés pour ça. Mais il y a de la fierté sur cette terre à être un nègre. On est toujours le nègre de quelqu’un. Non ? L’inconnu. L’esclave ou le valet. Le travailleur au noir.

Si j’ai une place sur cette terre, c’est celle-là : la place du nègre.

C’est ainsi que l’homme blanc a toujours essayé de nommer l’autre. Son cousin éloigné. Pour mieux le dominer. Le frère qui ne lui ressemble pas. Qui n’est pas blond. Ni blanc de peau. Le frère n’est pas gai comme lui. Ni optimiste. Qui n’a pas toujours le cœur pur.

Le Blanc invente la mélancolie et nous on chante le blues. Mais au fond c’est toujours la même douleur.

Extrait (p. 13-14) du roman de Jean-Michel Olivier, L’amour nègre, Éditions de Fallois / L’Âge d’Homme, récompensé aujourd’hui du prix Interallié, roman qui selon l’AFP est « une fable acide et drôle sur un petit Africain adopté par des stars de Hollywood, qui risque de perdre son âme dans le tourbillon de la vie facile ». Il l’emporte au 4e tour de scrutin par six voix contre cinq à Claude Arnaud pour Qu’as-tu fait de tes frères ? (Grasset).

«Pour un écrivain suisse, c’est historique de recevoir l’un des grands prix littéraires français et je savoure ce grand moment de bonheur», a déclaré l’écrivain et journaliste genevois de 57 ans (Le Temps).

Selon le JDD : « Longtemps critique culturel pour le quotidien La Tribune de Genève, Jean-Michel Olivier laisse parler sa fibre journalistique à travers L’amour nègre, en multipliant les références à l’actualité. Auteur d’une vingtaine de romans, de recueils de poésie et d’essais, ce bloggeur et éditeur actif a toujours voulu encré ses fictions dans la réalité. C’est peut-être ce parti-pris qui lui a valu son prix, seule véritable surprise de la moisson des prix 2010. »

Voir le site de Jean-Michel Olivier.

http://culturebox.france3.fr/player.swf?video=30613Découvrez « L’amour nègre » de Jean-Michel Olivier, prix Interallié 2010 sur Culturebox !

« Peut-on se passer de cette lecture ? se demande Bruno Frappat dans le quotidien La Croix … Oui, mais, dès lors qu’on y est entré, on file jusqu’au bout. Partageant avec Adam l’inquiétude du paradis perdu. »