
« Le monde ne repose sur rien et c’est là le plus vif de son sens. », L’Adoration, Jean-Luc Nancy. Lu dans Libé du jour, « Jean-Luc Nancy, philosopher à Strasbourg », Le Mag, p. IX.

« Le monde ne repose sur rien et c’est là le plus vif de son sens. », L’Adoration, Jean-Luc Nancy. Lu dans Libé du jour, « Jean-Luc Nancy, philosopher à Strasbourg », Le Mag, p. IX.

« C’est ça la vie : posez-vous des questions devant les choses », Christiane Desroches Noblecourt, Égyptologue, disparue le 23 juin à 97 ans. Extrait du documentaire de la collection Empreintes sur France 5, Christiane Desroches Noblecourt, réalisatrice : Olga Prud’homme Fargues ; production : Catherine Dussart/France Télévisions/CDP (2009).
Le jour où François Weyergans entre à l’Académie française, un autre écrivain — Dany Laferrière — entre lui au Petit Larousse illustré. L’édition 2012 qui présentait aujourd’hui son garde-mots passablement refondu (3 000 mots nouveaux, tirage de 750 000 exemplaires sur les 7,5 millions de dictionnaires en circulation en France selon Isabelle Jeuge-Maynart, PDG), fait donc une place à l’heureux élu, entre Madame de Lafayette et Monsieur de La Fontaine, parmi 60 personnalités nouvelles. Ce n’est pas rien ! Intégralement citée la notice qui lui est consacrée — c’est bien le mot — se lit ainsi :
LAFERRIÈRE (Windsor Klébert, dit Dany), Port-au-Prince 1953, écrivain canadien d’origine haïtienne. Ses romans, restituant la sensualité et la violence de son île natale, sont l’expression d’une quête identitaire nourrie par l’expérience de l’exil (Comment faire l’amour avec un nègre sans se fatiguer, 1985 ; le Cri des oiseaux fous, 2000 ; l’Enigme du retour, 2009).

Dany Laferrière rejoint les écrivains haïtiens Jacques Stephen Alexis, René Depestre, Jacques Roumain.
On ne sait ce qui prit un responsable de Larousse de lui demander « Quel mot de la langue française exprime le mieux selon vous la manière de vivre l’exil ? » Mais sa réponse fut belle :
« On ne vit pas l’exil. Je l’ai changé immédiatement avant d’arriver à Montréal par le mot voyage. Parce que l’exil fait référence au dictateur. Alors que le voyage ne concerne que moi. Je suis en voyage depuis longtemps. Et dans le voyage je peux éliminer facilement l’espace pour habiter le moment. Comme celui-ci. Je profite d’ailleurs pour proposer au Larousse une définition entendue en France par une petite fille de huit ans qui avait défini l’écrivain. Elle m’a dit : « Un écrivain, c’est quelqu’un qui après sa mort va vivre à la campagne. »
Sur le site de Radio-Canada : Le Petit Larousse ouvre ses pages à Dany Laferrière et Charlotte Gainsbourg.
Voir Dany Laferrière et René Depestre dans ce reportage :
http://culturebox.france3.fr/player.swf?video=31693
Découvrez «Tout bouge autour de moi» le nouveau livre de Dany Laferrière sur Culturebox !
Voir Chamoiseau et Confiant « robertisés », pas Condé (Papalagui, 5/09/07)
Le conducteur d’un métro à l’arrêt :
« Profitez-en pour adresser un sourire à votre voisin ! »
Le métro repart :
« Merci de tous ces sourires qui enjolivent ma journée. »
Extrait du livre de Tiraogo Maxime Ily, Maximes africaines, éditions Jouvence .


Le Petit Larousse illustré est né en 1905. Cent ans plus tard, une version Internet est née et consultable en ligne… Elle sera l’une des attractions de la Journée des dictionnaires ce 16 mars à l’université Cergy-Pontoise.

Si, tout comme Papalagui, la brièveté vous fascine, voyez cette curiosité que le grand Raymond n’aurait pas reniée… 99 formes brèves, de Roger Berthet, dont le tourment l’amène à un joli paradoxe… une liste de listes.
Une marotte qui entraîne François Quet à un « toujours plus », comme cette bibliographie.
Les passants honnêtes doivent ainsi reconnaître que les formes brèves comme la longue histoire des formes brèves sont sans fin. Ou qu’elles peuvent dégénérer, comme marionnettes ou quatrain des Robâiyât de Khayyâm, ce qui, convenons-en, nous entraînerait assez loin…


On se retrouve avec ces dix mots, qui sont proposés pour une Semaine officielle de la langue française, du 13 au 20 mars, « Dis-moi dix mots qui nous relient ».
Les heureux élus sont :
complice, fil, avec, cordée, harmonieusement, agapes, réseauter, chœur, accueillant, main.
Par quelle subtilité, un mot comme « réseauter » est-il parvenu à se hisser au plus près des petits fours ? Serait-ce avec dans la main du complice, tendu comme un fil sinon en cordée comme pour réseauter accueillant en chœur une promesse d’agapes ?
Tout cela serait-il cousu de fil blanc ?
Quel est le mot de l’année 2010 ?
Le quotidien Le Monde demande à ses lecteurs de voter entre :
rétrocommission, rilance, Eyjafjöll, WikiLeaks, niqab, sexe par surprise, flotille, fadette.
Le site bibliobs du Nouvel Observateur, sous la haute autorité d’Alain Rey, demande lui aussi de choisir dans une liste où chaque mot a été sélectionné par un écrivain :
Bettencourt, bureau, crise, dette, fellation, gérer, identité, invisible, maître d’hôtel, nettoyage ethnique, outrance, voilà, zélateur, zinzolin.
Pour le site Bondyblog, le mot de l’année est banques, ce qui rejoint le mot de l’année des internautes chinois qui ont choisi inflation.
Dans la famille « la crise-c’est-le-mot-fétiche-de-l’actu »… austérité a été distingué comme mot de l’année par l’éditeur américain de dictionnaires Merriam-Webster, car ce mot a été recherché plus de 250 000 fois dans le dictionnaire en ligne. Le mot dette avait déjà été désigné par les amateurs de bons mots réunis en mai à La-Charité-sur-Loire pour le Festival du mot.
Aux Etats-Unis, le mot de l’année est un néologisme forgé par Sarah Palin, ex-candidate à la vice-présidence, le mot réfudier, forgé de réfuter et répudier, trouvaille qui se réfère au projet controversé de mosquée près du site de Ground zero.
Au Japon, alors que l’on attend le traditionnel mot de l’année, Japonation décrit la mentalité de l’année selon les 60 mots qui ont marqué l’année au Japon.
The Big Society (la grande société) est le mot de l’année selon les lexico-mots d’Oxford, un « concept politique créé par les Conservateurs visant à laisser une plus grande responsibilité aux communautés locales et volontaires ». Un mot choisi parmi 13, dont vuvuzela, cité également par Japonation et los 33 une expression spanglish (très utilisée par les médias britanniques) désignant les célèbres mineurs chiliens restés plus de deux mois coincés à 700 mètres sous terre au fond d’une mine d’or et de cuivre à San José, à 800 km au nord de Santiago, dans le désert de l’Atacama.
En Haïti, c’est bien sûr le goudougoudou, le mot de tous les maux.
http://culturebox.france3.fr/player.swf?video=30040Découvrez Le Dictionnaire historique de la langue française d’Alain Rey sur Culturebox !