Haïti :  » On ne demande pas réparation à la nature ! « 

En Haïti, le passage de la tempête Hanna aurait fait plus de 500 morts, selon un nouveau bilan délivré par les autorités haïtiennes. C’est le 4e cyclone qui frappe le pays en quelques semaines. Il y a quatre ans, la tempête Jeanne avait fait 3 000 morts en Haïti, très vulnérable aux inondations à cause notamment de la déforestation.

A Paris, on apprend que le secrétaire d’Etat à la Coopération, Alain Joyandet devait quitter Paris lundi à la mi-journée pour se rendre en Haïti, frappée par cette série d’ouragans meurtriers, afin d’évaluer la situation humanitaire. Le ministre français se rendra notamment mardi matin dans la région de Gonaïves, la ville du nord la plus touchée, où des dizaines de milliers de personnes sont sans abri. M. Joyandet doit voir avec les autorités sur place « la manière dont la
France peut aider Haïti  à faire face dans ces circonstances particulièrement difficiles », a indiqué son secrétariat dans un communiqué.
A Port-au-Prince, la Première ministre d’Haïti, Michèle Pierre-Louis, a lancé dimanche un nouvel appel à l’aide internationale et à la solidarité nationale.
En France, signalons également la mobilisation de Pompiers de l’Urgence internationale qui envoie une mission sur place, et de Médecins du monde.

Giscard Bouchotte, réalisateur, adresse cette lettre ouverte :

 » Beaucoup d’entre vous m’ont contacté pour me demander comment faire un geste de solidarité avec Haïti. En effet, le pays entier connaît des heures très sombres avec des cyclones de plus en plus dévastateurs qui s’annoncent. Si on insiste sur la ville des Gonaïves qui se trouve actuellement à moitié sous les eaux, c’est le pays entier qui pleure ses morts et offre un spectacle de désolation générale.

On se souvient de la tempête Jeanne qui avait fait près de 3000 morts, on ne peut que redouter une situation semblable. Selon le Collectif2004 Images, la Protection Civile et la Croix Rouge essayent d’apporter un maximum sur place. Nous pouvons toujours les aider à travers des dons en nous rendant sur le site de la Croix Rouge française qui elle même intervient sur place via le P.I.R.A.C – Plateforme d’intervention Régionale Amérique Caraïbe

A Paris, la communauté et sympathisants du pays cherchent des solutions immédiates et efficaces. L’association CRE-VAL dont je connais le sérieux prépare une cargaison en produits de première nécessité à destination des plus démunis, sachant que l’aide internationale ne sera jamais suffisante. Vous pouvez soutenir cette action comme je l’ai fait en envoyant le peu que vous avez (Un chèque de 50, 100, 200 euros voire plus si vous le pouvez …) à l’ordre de CRE-VAL, en faisant un mandat-compte à la Banque postale ou un virement sur leur compte à la Société Générale  : No du compte = 04230 00037265150 91

Pour le courrier, écrire :
Association CRE-VAL/ NSOLEH
14 rue Victor Schoelcher
94000 Créteil

Outre la possibilité de retrouver un toit, à boire et à manger, votre geste contribuera sans doute à réchauffer un coeur, à remonter leur moral et les aider à retrouver le sourire…. « 

Bateys et braseros à l’affiche, en Haïti, à Paris et en Bretagne

La situation de l’esclavagisme contemporain des coupeurs de canne haïtiens en République dominicaine, à quelques encablures des camps de touristes bon marché, sera au coeur d’un Forum binational sur la traite et le trafic d’êtres humains, ce mercredi 20 août 2008 à Port-au-Prince.(Source : agence AlterPresse).

Ce forum de trois jours est censé marquer la Journée internationale du souvenir de la traite négrière et son abolition, célébrée le 23 août et rappeler le soulèvement général des esclaves de Saint-Domingue dans la nuit du 22 au 23 août 1791.

Il est perçu comme un espace de dialogue avec les autorités haïtiennes et dominicaines pour les encourager à lutter contre le trafic et de la traite de personnes et réfléchir sur les causes de ce phénomène entre Haïti et la République dominicaine.

Pendant ce temps, le film Haïti chérie, de Claudio Del Punta, continue son petit bonhomme de chemin. Il est encore visible non seulement dans une salle parisienne, comme indiqué ici le 11 août dernier, mais le miracle des programmations fait que l’on peut le voir dans plusieurs salles en France (site Allociné.com).

La situation dans les bateys (camps de travail des braseros haïtiens) fait l’objet d’un autre film, Sugar Babies d’Amy Serrano, à l’affiche du Festival du film insulaire de l’île de Groix (Bretagne), le 22 août 2008.

Haïti chérie, un film poignant, toujours à l’affiche

En sortie nationale le 28 mai dernier dans une dizaine de salles françaises, Haïti chérie est toujours à l’affiche, dans deux salles parisiennes d’art et d’essai. Et c’est heureux… L’été, on peut voir de bons films.

La force du film de Claudio del Punta, Haïti chérie, tient dans cet entre-deux : entre la fiction et le documentaire. Haïti chérie est une fiction de 99 minutes, tournée avec des comédiens qui n’en sont pas, qui jouent leur propre rôle, des coupeurs de cannes haïtiens en République dominicaine. Eux-mêmes sont entre-deux : d’origine haïtienne, venus travaillés de l’autre-côté de la frontière et depuis entre deux nationalités, haïtienne (qu’ils n’ont plus) et dominicaine (qu’on leur a refuse). Ils n’ont aucune citoyenneté. Ils sont victimes de sarcasme, de xénophobie et de racisme par leurs gardiens, les policiers et l’Etat.  » Un esclavage d’Etat ? « , pourrait-on se demander.

Cet entre-deux, entre fiction et documentaire, tient tout le film. Le film est tendu dans une tristesse absolue, sans espoir. Mais jamais le spectateur n’oublie qu’il a devant lui des comédiens qui jouent leur vie. Le film commence par la mort d’un enfant, ses obsèques sont volées à ses jeunes parents. Le film raconte la vie de ce jeune couple et son départ pour la frontière haïtienne, mais on est loin d’un Cahier du retour au pays natal. On est dans la désepérance radicale, sans issue.

Dans un des cinq cents bateys de la République dominicaine – un batey désigne en créole une plantation de cannes à sucre -, Claudio del Punta a filmé sans autorisation, ce qui pour le tournage d’un film n’est pas l’idéal. Le réalisateur s’est endetté pour tourner ce film. Il a déjà été récompensé de deux prix.

Haïti comme la République dominiquaine connaissent cette situation d’exploitation, comme le détaille c’est article de l’agence :  Alterpresse, H/RD une étreinte mortelle…

A suivre : Junot Díaz

 » L’île d’Hispaniola, à la fois dominicaine et haïtienne, est le pivot autour duquel le vieux monde a balancé dans le nouveau. Le point de transformation. Le « ground zero » du Nouveau Monde. « , propos de Juno Díaz, 40 ans, Américain d’origine dominicaine, auteur de Los Boys (Drown en V.O.) paru chez 10/18 en 2000 et tout dernier Prix Pulitzer 2008, la plus haute distinction littéraire décernée outre-Atlantique pour son roman The Brief Wondrous Life of Oscar Wao, [La brève et merveilleuse vie d’Oscar Wao] à paraître en traduction française chez Plon en 2009 (cité dans le portrait signé Lila Azam Zanganeh, Le Monde, 8/08/08).

Los Boys, le livre est épuisé. Lire extrait + critique sur le site de L’Œil électrique.

Haïti : Un film de fiction sur Jacques Roumain

Jacques Roumain, la passion d’un pays, le dernier film du réalisateur haïtien Arnold Antonin, sera projeté en avant-première ce lundi 4 août à la Fondation Connaissance et Liberté (Fokal), de Port-au-Prince, nous apprend l’agence en ligne AlterPresse .

Né à Port-au-Prince le 4 juin 1907 et décédé le 18 août 1944 , Jacques Roumain a été une figure intellectuelle majeure de ce pays de la Caraïbe, anthropologue et fondateur du parti communiste haïtien. A l’étranger, il est connu pour son roman Gouverneurs de la rosée. En 2007, des manifestations culturelles ont été organisées pour commémorer le centenaire de sa naissance.


Jean Métellus : Visages de femmes

Jean Métellus, poète haïtien, publie au Temps des cerises, Visages de femmes, dont l’éditeur nous précise :  » Un hommage poétique aux femmes qui ont oeuvré pour l’émancipation humaine, parmi lesquelles : Flora Tristan, Louise Michel, Rosa Luxembourg, Joséphine Baker. «  

L’auteur signera son livre ce vendredi 23 mai à 19h30 à la Librairie  La Lucarne 115 rue de l’Ourcq, Paris 19e. Présentation du poète par Hélène Delprat. Textes lus par l’auteur et des comédiens. 

Jean Métellus dispose d’un site personnel et d’un blog, double adresse donc, ce qui est habile.

Des nouvelles des colloques : Glissant, Frankétienne et Césaire

 » Edouard Glissant ou la poétique de la ritournelle  » est le thème de la conférence d’Aliocha Wald Lasowski, lauréat de la bourse Edouard Glissant 2008, le 23 mai à 15h30, Maison internationale de la Cité internationale universitaire de Paris, Salon David Weill.

Frankétienne est au programme du colloque  » La création face à la langue de bois « , les 19 et 20 juin 2008 à l’Université Paul Valéry – Montpellier III . Colloque pluridisciplinaire de jeunes chercheurs organisé par l’Ecole doctorale « Langues, littératures, cultures, civilisations ». Marie-Edith Lenoble (Université Paris IV – Sorbonne) tiendra son auditoire en haleine, le 19 à 16h avec Les langues totalitaires à l’épreuve de la schizophonie. Etude de L’Oiseau Schizophone de Frankétienne.

Un colloque international Aimé Césaire est organisé par l’université West Indies de Barbade, du 15 au 17 octobre 2008.  » Tout en revisitant l’histoire et les écrits de la négritude, ce colloque vise également à explorer les nouvelles directions des littératures antillaise et africaine », signalent les concepteurs. Annonce détaillée en français sur le site de recherche littéraire Fabula .