La littérature comme nettoyage en règle

Le recueil de nouvelles :

Skull Fragments, de Michael A. Arnzen (61 p., édition bilingue, Les Perséides, coll. art bref), traduit de l’américain par Jérôme Charlet. Première traduction de cet auteur en français.

L’incipit :

Plonger

Un jour, vous emmenez votre fille au fast food à côté de chez vous.

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Vous, vous mangez votre hamburger, comme d’habitude. Mais cette fois, soudain, vous l’entendez crier. Crier pour de vrai.

Signe particulier :

Écrivain la nuit, professeur d’anglais le jour à l’université catholique de Seton Hill, où il enseigne aussi  » l’écriture des fictions populaires « .

Voir son film Cadavre exquis (2006) :

Lieu de naissance probable : 

Amityville (sic).

Chaperon rouge, suédois et infographique

Les textes classiques sont d’inépuisables usines à produire des formes. Les contes et leurs mille versions en témoignent. J’avais déjà évoqué ici Le Petit Chaperon rouge de Joël Pommerat, celui de Pierre Jourde et Le Petit Chaperon vert de Pascale Pibot .

Pour enrichir la factory du petit Chaperon rouge, on ne peut s’empêcher de penser à la « culture » dessinée d’Ikéa, un Chaperon résumé en trois minutes d’infographie par le Suédois Tomas Nilsson et visible sur YouTube, commenté par 1772 internautes à ce jour :

Madame Bovary dans le texte

http://culturebox.france3.fr/player.swf?video=35821

Découvrez Sur Internet, Madame Bovary ne s’ennuie plus sur Culturebox !Dans les liens à disposition sur cette page du blog Papalagui, cliquez sur Gustave Flaubert. Depuis le 15 avril, le centre Flaubert de l’université de Rouen met en ligne l’ensemble du manuscrit de Madame Bovary accompagné de sa version dactylocraphiée. C’est un bonheur de naviguer dans les méandres de la création d’un des écrivains les plus importants de la langue française. La check-list du Monde du jour en parle en ces termes (extraits) :

 » Le manuscrit de Mme Bovary déchiffré…
Le chef-d’œuvre de Gustave Flaubert vient enfin de révéler une partie de ses secrets. Aboutissement d’un travail de longue haleine qui a nécessité deux ans et demi, la transcription des 4 500 feuillets manuscrits du célèbre roman est enfin en ligne sur le site bovary.fr. Présenté d’une manière ingénieuse, le mode de lecture associe dans une même interface les feuillets d’origine numérisés et leur transcription. Cet imposant chantier, piloté par l’université de Rouen en partenariat avec la bibliothèque municipale, a été réalisé selon une méthodologie précise, suivie à la lettre par près 130 bénévoles. Ces passionnés des lettres issus de divers horizons et d’une douzaine de pays ont été recrutés pour disséquer chacun une partie du roman fleuve de Flaubert, qui avait demandé à son auteur cinq ans de labeur (de 1851 à 1856). Une belle aventure collective qui a permis de rendre cette copie dans un laps de temps plus court que si dispensée d’une seule main. En annexe, L’atelier Bovary également créé par l’université de Rouen, propose la génétique du texte, index, comparaisons et cartes.  »

Angola, inventaire d’Appollo

L’inventaire n’est pas désordre, pas au sens commun du terme (fouillis, fatras) mais foisonnement. Donc après Désordre (note du 23/01/09), et à propos d’Inventaires (Papalagui, 02/01/09), lire celui que poste sur son blog Grand Hôtel Luanda, Appollo, le bédéiste réunionnais (et les commentaires qui valent le détour) :

« Un sac de cours, une sacoche d’ordi portable, un étui de ukulélé, un fétiche à clous Kongo, une pile de livres (un dico portugais, deux méthodes de portugais, un livre de grammaire portugaise, un guide Bradt sur la Zambie, un cahier à spirales, un manuel scolaire « Iniciação à historia »), une tasse de café (vide), un cendrier blanc, une rangée de livres (Equador de Tavares, La nuit du désert de Del Castillo, Le livre de la Jamaïque de Russel Banks, L’Usage du monde de Bouvier, L’Ange sur le toit de Russel Banks, La Mort à Venise de Thomas Mann, Les petits-fils nègres de Vercingétorix de Mabanckou, Aspects du Mythe de Mircea Eliade, La Ferme africaine de Blixen, Wilt 1 de Tom Sharpe, Sous le règne de Bone de Russel Banks, Les Boulevards de ceinture de Modiano, Les Fleurs du Mal de Baudelaire, La Ferme africaine encore, Saga de Benacquista, Les Petits garçons naissent des étoiles de Dongala, L’Organisation de Rolin), la boite vide d’un modem Movinet, un paquet de marlboros, un ordi portable Asus (connecté sur la page du Monde), un tapis de souris Tintin, un aérosol Raid (mouches-moustiques), une mag-lite, une carte allemande de l’Afrique coloniale (enroulée), des jumelles, un porte-feuilles « doc martens », un carnet de chèques Crédit Agricole, un gobelet en plastique contenant des stylos dont aucun ne marche, un étui vide à ray-bans, une vieille paire de lunettes de soleil, deux étuis vides à cigarillos, une boite vide de téléphone portable Nokia, une paire de Ray-Ban, un « colon » en bois, coiffé d’une casquette blanche frappée du sigle MPLA, une statuette kongo, un disque dur externe Lacie, la télécommande d’un ampli pour Ipod, une pile de dossiers surmontée de briquets vides, d’une raquette de ping-pong, d’un petit carnet en moleskine, et d’un disque dur externe, des papiers en vrac sur une pile de livres (Bescherelle Conjugaison, Roméo et Juliette de Shakespeare, Dom Juan de Molière, Les Liaisons dangereuses de Choderlos de Laclos, plusieurs études scolaires sur ce dernier ouvrage, un manuel de grammaire pour la classe de 3ème), elle-même posée sur deux paquets de copies non corrigées, un modem MoviNet, une grande statue Yaka, un siège en plastique bleu, un bureau avec un tiroir ouvert, un ventilateur en fer, une grande carte de l’Angola. »

Ecrire sur les films

Vu au Forum des images un classique du cinéma, Les Enfants terribles, adaptation du roman de Cocteau par Melville. Film choisi par Marie Anne Guérin, critique, pour un stage  » Ecrire sur les films « .

Bonne démarche pédagogique. Après visionnage, chacun des dix-sept participants donne son point de vue.  » Envoûtant  » ou  » décalé « ,  » psychomagique ce film d’artiste « , ou  » le film n’a pas besoin d’être vraisemblable « , ou encore  » grandiloquent, mythologique « .

Sauf exception, on aime ce film de 1950 où deux frères et soeurs jouent le jeu de l’amour ambigu dans une chambre en désordre, chambre qu’ils transportent avec eux, qu’ils aillent au bord de la mer ou déménagent place de l’Etoile. Qu’on aime ou pas le film, la comédienne Nicole Stéphane est admirable de présence hypnotique, superbe manipulatrice des sentiments amoureux.

Demain, écrire sur le film, en poursuivant la démarche :

1. On aime, on n’aime pas le film ;

2. On en parle, on s’écoutent les uns les autres ;

3. Ecrire à partir d’une impression, d’une scène, d’un détail, etc.

Dix clics du jeudi : les poncifs de mots croisés

Une variante de l’inventaire, comme vu jeudi dernier, ou du compotier de friandises littéraires, ajoutons la liste de  » poncifs de mots croisés « .

 » Fraindises littéraires « , titre emprunté au livre de miscellanées de Joseph Vebret, publié par Ecriture :

Auquel nous devons ajouter le déjà cité de Charles Juliet, Ces mots qui nourrissent et qui apaisent (P.O.L)

Aux livres de listes qui puisent dans les bibliothèques (de Perec à Dantzig), les poncifs de mots croisés seraient les friandises du pauvre, un genre à part entière… Vous savez ces mots rares que l’on retrouve fréquemment dans ces jeux de grilles sans graisse (il passe à Saint-Omer —› Aa). Et même si l’on est pas cruciverbiste, on appréciera le site mots-croisés.ch.

Incipit de ce dictionnaire farfelu mais utile pour les amateurs :

aa Coulée de lave à Hawaï
Aa Fleuve côtier du Nord
Il passe à Saint-Omer
Premier cours de géographie
Aar Fleuve suisse
Affluent du Rhin
Cours et massif
Aare Variante de « Aar »
Aaron Grand prêtre Hébreu
Frère aîné de Moïse
ab Bonne note
Mention honorable
abc Première connaissance élémentaire
Enfance de l’art

Dix clics pour écrire (n° 2 : Dresser un inventaire)

L’écriture prolifère quand elle énumère. L’inventaire facilite cette profusion. Dresser une liste sinon exhaustive, du moins minutieuse et personnelle, c’est se libérer de la fâcheuse posture de  » faire des phrases « , au sens de phrases ornées d’adjectifs ou d’adverbes.

L’inventaire nous évite de succomber à écrire selon un modèle extérieur, par exemple la phrase scolaire, apprise. L’inventaire est avant le style, dans la description, son quotidien. Dans l’écriture, dresser un inventaire c’est faire ses gammes.

Nous avons en tête le succès de librairie des Miscellanées de Mr. Schott, livre de listes singulièrement étonnantes dans leur diversité. Le plaisir de sa lecture tient à un côté amélipoulain, à une possibilité de jouer à peu de frais avec l’infini et de recomposer le puzzle du monde.

La rentrée littéraire de ce début d’année 2009 nous propose un essai qui fait de l’inventaire un plaisir : Encyclopédie capricieuse du tout et du rien, de Charles Dantzig (Grasset), qui s’amuse et amuse le lecteur de ses 268 listes !

A ce jeu, un maître : George Perec. Dans Tentative d’épuisement d’un lieu parisien, il décrit par le menu ce qu’il voit de son poste d’observation, place Saint-Sulpice… Dans Je me souviens, il s’adonne à un autre inventaire, que le titre indique. Dans Penser/Classer (Hachette Littératures, 1985), il nous donne une clé (p.62) :  » Je pose au départ comme une évidence cette équivalence de la parole et de l’écriture, de la même manière que j’assimile la feuille blanche à cet autre lieu d’hésitations, d’illusions et de ratures que fut le plafond du cabinet de l’analyste. « 

L’inventaire relève donc de l’insconscient, et l’écriture automatique en est un bon révélateur ; mais l’inventaire érige le quotidien en fête. Citons encore Perec (p.69), qui continue le questionnement à propos de son analyse :  » En même temps s’instaura comme une faillite de ma mémoire : je me mis à avoir peur d’oublier, comme si, à moins de tout noter, je n’allais rien pouvoir retenir de la vie qui s’enfuyait. Chaque soir, scrupuleusement, avec une conscience maniaque, je me mis à tenir une espèce de journal : c’était tout le contraire d’un journal intime ; je n’y consignais que ce qui m’était arrivé d’ « objectif » : l’heure de mon réveil, l’emploi de mon temps, mes déplacements, mes achats, le progrès – évalué en lignes ou en pages – de mon travail, les gens que j’avais rencontrés ou simplement aperçus (…). Cette panique de perdre les traces s’accompagna d’une fureur de conserver et de classer. « 

Donc, commençons par dresser un inventaire. Ceci nous affranchit du penchant à faire des phrases. De dit-on pas de manière péjorative :  » il fait des phrases « , fustigeant par là un supposé style ampoulé. Dresser un inventaire nous éloigne du verbe et du… verbeux. Et nous plonge à notre corps défendant… dans l’écriture.

Deux exemples dont l’idée est empruntée à Perec :

Inventaire des lieux où j’ai dormi. En atelier d’écriture, Séverine Reymond écrit :

« Lit douillet, couette chauffante et coussins moelleux : mon lit.

Chambres luxueuses dans un hôtel rue du Pont Neuf : confortables.

Chambre minuscule dans un hôtel 1er prix : formule économique.

Hôtel introuvable dans une bourgade vendéenne.

Suite grand luxe au cœur d’une demeure vénitienne.

Table de massage confortable lors d’un soin « escapade » : idyllique.

Nuit blanche dans un hôtel miteux : problèmes de voisinage.

Nuit agitée dans le salon haussmannien : enterrement de vie de jeune fille.

Petit lit dans la chambre de mon enfance chez mes parents : mon cocon.

Clic-clac en vrac chez un copain toulousain.

Pouf de salon lors d’une soirée trop arrosée.

Hôtel kitch à en pleurer dans un coin de France paumé.

Matelas gonflable dans un minuscule studio parisien.

Rien ne remplace mon lit, mon île. Vivement demain soir ! »


Second exemple : Inventaire des objets de mon bureau (à ce propos François Bon, établit sur son blog  » la liste de son bureau « . Epoustouflant !)

Consigne précise :  » Dresser l’inventaire des objets de mon bureau en terminant par un objet qui évoque un souvenir « .

Séverine Reymond écrit :

« Un ordinateur portable, mon compagnon de tous les instants.

Un écran plat 15 pouces.

Un agenda en cuir ouvert sur la semaine 50.

Deux colonnes d’une dizaine de livres.

Gros livres professionnels, romans primés, livres de poche à peine entamés.

Le dernier numéro du magazine Stratégies.

Un crayon à papier, une gomme usagée.

Un surligneur jaune, un surligneur orange.

Trois blocs de Post-it vierges et multicolores.

Des dizaines de Post-it gribouillés collés de ci-de là.

Une boîte en carton rempli de mouchoirs en papier « ultra doux ».

Un flacon de verre rempli d’huile parfumée au tiaré.

Des bâtons d’encens japonais.

Un bouquet de rose défraichies.

Une lampe de bureau en métal, noire, en forme de balancier, mais que je n’allume jamais.

Une boule rose et molle à écraser entre ces doigts en cas de stress oppressant.

Un petit animal fétiche en céramique, un cochon, souvenir d’une galette des rois déguster il y a deux ans. Souvenir d’un moment émouvant passé en famille. Cadeau du petit dernier, l’ « enfant roi », que je ne vois, malheureusement, pas assez suivant. »

L’inventaire nous entraîne à écrire et nous aide à bon compte à composer un puzzle personnel.
Dans cet esprit d’inventaire, on consultera avec profit le site de l’exposition de Yann Artus-Bertrand 6 milliards d’autres, on visionnera le court métrage sélectionné au Festival de Clermont-Ferrand 2008, J’aime, film de Yvon Marciano (extrait sur le site de Libre court de France 3) et on ira glaner quelques fortes impressions dans le long métrage autobiographique de Mme Varda, Les Plages d’Agnès…

Ceci nous conduira, tout naturellement, à évoquer jeudi prochain, un troisième clic qui fait déclic… le collage.

Libé, inventaire littéraire

En feuilletant Libération du jour, je relève l’inventaire impressionnant des livres et des auteurs cités, transformant le journal en catalogue de références, en bibliothèque à lire ou à redécouvrir, fin de semaine oblige :

Gilles Dostaler, Bernard Maris, Capitalisme et pulsion de mort : Freud et Keynes, Albin Michel ;

Ma Thanegi, Tiane Doane na Champsak (trad. Isabelle Bouan), Birmanie, voyage intérieur, éd. Le Bec en l’air ;

suivis d’une liste de titres de bandes dessinées, en lice pour le Prix BD 2009 des lecteurs de Libération (le Festival d’Angoulême se tient à la fin du mois) :

Guillaume Bianco, Billy Brouillard, Le Don de trouble vue, Soleil ;

Boulet, Notes T.1 : Born to Be a Larve, Delcourt ;

Emile Bravo, Le Journal d’un ingénue, Dupuis ;

Jean-Yves Ferri, De Gaulle à la plage, Dargaud ;

Manfredi-Frisenda, Esprit du vent T.5 : « La Bête », Mosquito ;

Mezzo-Pirus, Le Roi des mouches, T.2 : « L’origine du monde », Drugstore ;

Tony Millionaire, Sock Monkey : « Oncle Gabby », Rackham ;

Dash Shaw, Bottomless Belly Button, Çà et là ;

Thouron-Aranega, Casiers judiciaires, Dargaud ;

Bastien Yvès, Le Goût du chlore, Casterman.

Dans l’enquête bilan d’une année d’interdiction de fumer dans les cafés, bars et restaurants, Yann Saint-Sernin cite une serveuse, au Ritz, du bar… Hemingway :  » Quand même, pour l’Hemingway, eu égard à la tradition du lieu, il pourrait y avoir une dérogation !  » ;

Laurence Pernoud, qui vient de mourir à 90 ans, est l’auteur de J’attends un enfant et J’élève mon enfant, traduits dans 40 langues (!) ;

Dans la rubrique  » Week-end « , les livres sont en tête d’affiche, et les auteurs ont tapis rouge, les morts comme les vivants :

Un Barrage contre le Pacifique, de Marguerite Duras est adapté au cinéma par Rithy Panh, avec Isabelle Hupert, sortie le 7 janvier. Entretien où le cinéaste assure : « L’utopie de Mme Donnadieu et la manière dont sa fille lui a donné forme dans le Barrage a transformé la vie des paysans (cambodgiens). » ;

Dans sa chronique hebdomadaire, l’écrivain espagnol Vicente Molina Foix, auteur de La Communion des athlètes, La femme sans tête, retrace la vie et l’exil en Espagne et à Londres du romancier cubain Guillermo Cabrera Infante, auteur de la trilogie Trois tristes tigres, La Havane pour un infante défunt et La Nymphe inconstante :  » Il vécut presque quarante années sans jamais perdre sa résidence imaginaire à La Havane, écrit VMF, cette ville réelle devenue, grâce à ses romans, un des territoires de fiction les plus fascinants du XXe siècle.  » ;

Christophe Ayad rend compte du « meilleur du journalisme américain sur les conflits en Afghanistan et en Irak, avec deux essais. Celui de Dexter Filkins, La Guerre sans fin (Albin Michel) : « Il ne juge rien, se contente de raconter avec un talent exceptionnel cette occupation surréaliste, qui détruit occupants comme occupés (…) » et celui de Lawrence  Wright, La Guerre cachée (Robert Laffont), qui « peut se lire comme un long polar se terminant par les attentats du 11 Septembre ».

La  » Semaine  » de Catalin Dorian Florescu, nous apprend que son premier roman à paraître en France, chez Liana Levi, a pour titre Le Masseur aveugle : « Je le dis clairement et en roulant le R : je suis l’Eurrrrrope. Je le revendique, même si je viens d’un pauvre trou perdu du continent, la Roumanie, et si je vis dans un riche trou perdu, la Suisse. »

Avec la disparition à 75 ans de Donald Westlake, auteur d’Adios Shéhérazade et du Couperet, disparaît, écrit Sabrina Champenois,  » une figure majeure du roman noir américain (…), capable de filer la farce comme le thriller, l’odyssée exotique comme la love story crève-coeur (…) Imagination délirante, goût illimité pour le rocambolesque, sens du tempo (du mélancolique à l’endiablé), amplitude stylistique caméléonesque, il aura maintenu tou ça de bout en bout. «  Pour François Guérif, qui publie Westlake en France depuis 1986, c’est  » le plus grand des auteurs de la deuxième génération du roman noir américain, celle qui a succédé à celle des Hammett, Chandler, Irish… « 

Rivages publie en février son prochain thriller Envoyez les couleurs.

Avec cette note en bas d’article :  » J.P. Manchette est l’auteur d’un essai intitulé :  » Notes sur l’usage du stéréotype chez Donald Westlake « , paru dans la revue Polar ;

Dans la rubrique  » Culture « , le poche de la semaine est Ralentir Spider, de Véronique Pittolo, aux éd. de l’attente (une exploration du monde des héros de BD et jeux vidéo) ;

Ce n’est pas un peplum… Les mémoires d’Hadrien, roman culte de Marguerite Yourcenar, en cours d’adaptation au cinéma par John Boorman, a trouvé son héros : Danie Craig, alias James Bond 007…

En revanche, Les chroniques de Narnia, succès de librairie dela fantaisy adolescente, n’aura pas d’adaptation au cinéma de son tome 3, faute de budget suffisant…

Dans la rubrique  » Voyages « , consarée à Tanger, c’est un florilège de titres et une ribambelle d’auteurs et d’artistes qui ont traversé  » ce paysage mental « , selon le mot de William Burroughs, qu’ils y soient nés ou qu’ils l’aient fréquentée en pélerinage littéraire :

Mohammed Choukri, Le Pain nu ; Jean Genet, enterré à 60 km au Sud ; on y retrouve Marguerite Yourcenar et un buste d’Hadrien, découvert par le gérant de l’époque de la librairie des Colonnes. Le libraire actuel, Simon-Pierre Hamelin   » se refuse à la voir sombrer en un cimetière littéraire « , écrit François Musseau, et publie une revue trimestrielle, Nedjma, du nom du roman de Kateb Yacine. S’ensuivent les évocations de Paul Bowles, Jack Kerouac, Mohammed Mrabet, Tennesse Williams, Truman Capote, Juan Goytisolo, etc.

Enfin, le portrait de la Der,  » Junior production « , qui revoit « l’année via des personnages décalés », fait la part belle, à travers le producteur Thomas Langmann, fils cadet de Claude Berri et Anne-Marie Rassam, au livre de Jean-Pierre Lavoignat et Christophe d’Yvoire, Mesrine, 30 ans de cavale au cinéma, éd. Sonatine.