Les Passagers des vents (Haïti), Actes II & III

Premier papier d’une série sur la semaine, pour envisager 2012 sous les meilleurs auspices… A tous bonne année !

Des écrivains haïtiens, autour du poète James Noël, ont créé une résidence artistique et littéraire dans le Sud du pays, à Port-Salut. Première résidence du genre, Port-Salut – la bien nommée – pourrait devenir un pôle de décentralisation culturelle et une utopie.

Après une première résidence en avril, la seconde a ouvert ses portes au début du mois de décembre.

La deuxième résidence artistique et littéraire, « Les Passagers des vents », accueillait du 2 au 22 décembre Pia Petersen (Danemark), Tamara Suffren (Haïti), Wilfried N’Sondé (Congo-France) et un récidiviste : Mackenzy Orcel (Haïti).

La prochaine résidence se tiendra en janvier et accueillera Yahia Belaskri, Francesco Gattoni, Julien Delmaire, Georges Castera et Paolo Woods (autre récidiviste).

Voici le documentaire (12′) Haïti, pays réel, pays rêvé inspiré de l’ouverture de la résidence en avril 2011.

Un ministre, les péteurs et les péteux

La presse a fait ses choux gras de cette histoire venue du Malawi où un ministre voulait interdire le pet en public. La proie était d’autant plus tentante que le pays ne défraie généralement pas la chronique et que seule une adoption d’enfant par Madonna semble le tirer épisodiquement de l’anonymat.

George Chaponda, ministre de la Justice et des Affaires constitutionnelles, était, semble-t-il, glorieux comme un pet (la langue française sait naviguer vent debout) quand il a déclaré sur Capital radio Malawi : « C’est le droit du gouvernement de maintenir la décence publique. C’est à nous d’imposer l’ordre. Voulez-vous que les gens pètent n’importe où ? ».

Excepté Pierre-Thomas-Nicolas Hurtaut qui en 1751 publia d’abord anonymement (signe d’une passion inavouable), L’art de péter, personne ne veut que « les gens pètent n’importe où ».

Parti comme un pet sur une toile cirée, l’histoire ne pouvait s’arrêter là. Elle devint fable.

Dans cette ancienne colonie britannique aux lois ultra-conservatrices, le Malawi a par exemple longtemps interdit aux hommes de porter les cheveux longs ou aux femmes de se vêtir de pantalons, sous peine de prison.

Or, une vielle loi coloniale peu banale de 1929, sous le titre de « Souiller l’Air », stipule: « Toute personne viciant l’atmosphère en tout endroit où telle activité s’avèrant nocive pour le public ou pour la santé des occupants du domicile ou des personnes commerçant dans le voisinage ou bien empruntant une voie publique, se rend coupable d’un délit ».

Depuis les premières déclarations de son ministre anti-pets publics, le Parlement a adopté le projet de loi par 103 voix contre 37, rapporte le Ngaza Times.

Pour éviter une amende pour un pet de travers (qui serait bien difficile à prouver par la maréchaussée malawite), les péteurs devront-ils réserver leurs plus beaux effets pour les toilettes ?

A bien examiner les débats, force est de constater que Georges Chaponda doit se sentir un peu péteux.

Anthony Kamanga, qui est Conseiller auprès du ministre de la justice, a porté le pet en déclarant que son ministre « n’avait pas compris le projet de loi « Souiller l’Air » (version 2011) : il s’agit de réglementer le fait de brûler des pneus ou des ordures ».

Morale de la fable : au Malawi, un député a assuré que le cas de ce ministre n’est pas unique. « Beaucoup d’autres n’ont rien dans la tête », a-t-il osé. Autrement dit, quand un ministre malawite a atteint son principe de Peter, tout le monde en parle.

J’te fiche mon affiche

Belle vocation de l’affichiste Michal Batory, dont Libération nous régale d’un entretien à l’occasion de sa rétrospective au musée des Arts décoratifs de Paris à partir du 20 janvier : « Ma galerie, c’est la rue. Je ne pense pas en œuvre, ni en artiste, je pense à ma mission : faire des images pour les gens qui se baladent dans la rue, à qui j’espère donner un peu de poésie, d’intelligence. »

Autre allumeur de beauté urbaine, Cassandre, inventeur de l’indémodable « Dubo, Dubon, Dubonnet », dont Blaise Cendrars assurait qu’il était « le premier metteur en scène de la rue ».

Les affichistes véritables réenchantent un paysage saturé de publicités, système d’images qu’ils nettoient de leurs scories. « Si le but de l’art est de faire réfléchir, celui des publicitaires est de court-circuiter la réflexion pour susciter des réflexes, « fidéliser » les clients », écrit le Groupe Marcuse dans son livre réédité par La Découverte, De la misère humaine en milieu publicitaire.

Dans leur manifeste le Collectif des déboulonneurs oppose la désobéissance civile non violente à l’invasion publicitaire. Avec leurs affiches, les graphistes de la rue obéissent à cette étincelle de talent qui met le feu aux poudres de l’imaginaire.

Miss deux en un

En Côte d’Ivoire, un pays, deux présidents ;

En France, en Navarre et en Aquitaine, un pays, deux miss, mais un seul mister France ;

En Guadeloupe, un archipel, une miss sari, car l’Inde est une longue histoire… et une miss Rondésibel, comme en Martinique et en Guyane !

A Saint-Pierre et Miquelon, un comité miss a été créé en 2008.

En Polynésie française, on élit une miss dragon d’origine chinoise et chaque année a lieu l’élection de miss « vahine tane », ni plus ni moins l’élection des… « hommes-femmes », ou comment « être deux en un ».