Alisher Navoï, en langue tchaghataï

page extraite du recueil bilingue d’Alisher Navoï, ”Gazels et autres poèmes”, traduit du turc d’Ouzbékistan par Hamid Ismaïlov, adapté par Jean-Pierre Balpe, éditions La Différence, coll. Orphée, 1991.

Ce poème est de moi 

j’aimerais bien moi-même 

le comprendre

Ce chanteur ne comprend pas le poème qu’il chante et je ne le comprends pas.

Quelqu’un dit : « J’ai appris ce poème par cœur mais je ne comprends pas ce qu’il dit. » 

Moi je dis : « Ce poème est de moi : j’aimerais bien moi-même le comprendre. »

Alisher Navoï [né et mort à Hérat (Afghanistan), 1441-1501], Gazels et autres poèmes, traduit du turc d’Ouzbékistan par Hamid Ismaïlov, adapté par Jean-Pierre Balpe, éditions La Différence, coll. Orphée, 1991.

Jusqu’en 1927, l’ouzbek, qui est une langue turcique, était écrit en caractères arabes. La langue littéraire d’Alisher Navoï est du tchaghataï, proche de l’ouzbek et du ouïghour actuels. À l’origine langue administrative, elle servit de langue littéraire au XVe siècle en Asie centrale.

Le mot gazel est un mot emprunté au persan et désigne, dans les langues perse, arabe, ouzbek, un poème d’amour (”ghazal”, ”gazel”, ”gazal”). On retrouve ce genre poétique en arabe. En français, le mot a donné gazelle

Autre extrait typique du recueil de Navoï :

Quand elle ferme son visage,

les larmes fuient mes yeux comme,

quand le soleil se cache,

apparaissent les astres.

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