À force de penser à Alep, je suis devenu un autre homme

#Alep #حلب « La seule chose au monde qu’il vaille la peine de commencer :
La Fin du monde parbleu. »
Césaire, Cahier d’un retour au pays natal

À force de penser à Alep, je suis devenu un autre homme, dévasté, déflagré, un migrant de moi-même, un Alepin errant, orbites vides, fenêtres trouées, aux murs chicots, façades cramées, ses alignements de calcaleums, ses prurits de galeries gercées d’impacts, ses démangeaisons purulentes, la peau en lambeaux, ses hardes en charpie d’hommes, son psoriasis, sa liberté asphyxiée, ses scrofules infréquentables, à force de penser à Alep, je suis devenu cette poussière, cette lie de mémoire confite dans son souvenir glorieux, simple homoncule d’un passé étouffé, naguère de magnifique fraternité, ô Mutanabbī : المتنبّي aujourd’hui ‬ dans l’étranglement catarrheux de son dernier souffle, gésine putride de mon humanité perdue.

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