L’artisan

« J’arrive ! »
Toujours affairé
Mon cordonnier
Même le dimanche
Son mot d’accueil
Ne varie jamais
Doigts noueux comme des racines
Ongles noircis par le labeur
Il a toujours un soulier entre les mains
Le marteau sur le billot
Ses crépins à portée de main
Quand il s’occupe de vous
Ça ne dure pas longtemps
L’œil est comme la main
Précis et sûr
Le diagnostic tombe à chaque fois juste
Jamais je ne demande le prix
La réparation sera toujours impeccable
Au jour dit, la paire est prête
« Voilà, elles sont comme neuves. »
Une semelle, un talon, une boucle
Quel que soit le travail
On paye, on prend, on se salue
À chaque fois c’est pareil
À chaque fois, j’en ressors admiratif
Je repars avec mes chaussures parfaites
Retapées, restaurées, requinquées
Soignées
Pleinement en forme
Et le sentiment d’emporter un peu
Pour moi seul
La certitude
D’avoir côtoyer
Un homme et son métier
D’emporter avec moi
Son geste et son art
Sa justesse et sa noblesse
Et ça, ça n’a pas de prix.

 

Étymologie : Mot né vers 1255 ; de cordoan, cordouan «  de Cordoue  », ville célèbre pour ses cuirs, et -ier, avec une altération due à l’influence de cordon (Le Grand Robert de la langue française)

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