La BD « Moderne Olympia » ou comment se faire une toile avec Catherine Meurisse

Moderne Olympia, de Catherine Meurisse, aux éditions FuturopolisMusée d’Orsay, est un brin foutraque, savamment conçu, une alliance de subtilité, de connaissance d’une cinquantaine de tableaux exposés à Orsay et d’un comique à haute déflagration.

Comment Olympia, femme exposée dans sa candide nudité, va-t-elle conquérir le cœur de Romain, et jouer pour de vrai Juliette avec son Roméo ? À cette question banale pour intrigue sentimentale, Meurisse répond par une autre question plus sophistiquée, plus intéressante : et si les toiles étaient des films avec leurs figures-acteurs, leur décor à l’air libre, leurs doublures ? Du coup, Olympia qui appartient au groupe des Refusés (par opposition aux Officiels) aurait toutes ses chances. Meurisse fait naviguer le lecteur dans l’intertexte de l’histoire de l’art au tournant des XIXe-XXe siècles comme s’il écumait les plateaux de tournages, de film en film. Catherine Meurisse tisse ses toiles comme autant de films et le lecteur se déploie en cinéphile, l’amateur d’art en détective, chargé de départager les têtes d’affiche des figurants dans une lutte des classes culturelle.

À travers l’histoire forcément drôle d’une héroïne qui sait quitter la cimaise où Édouard Manet l’a fixée en 1883 pour pérégriner et chercher l’âme sœur, c’est plus qu’un happy-end que nous offre Catherine Meurisse. Elle qui travaille à Charlie Hebdo depuis 2005, convoque la modernité de la BD pour restaurer notre regard sur des grands classiques de la peinture. Elle donne à ce regard un coup de jeune.

Une BD qui fera un tabac auprès des bolosses comme de la racaille tant les niveaux de lecture, les arguments et les registres sont divers.

N.B. : Les Refusés fait allusion aux peintres réunis dans le Salon des Refusés de 1863 : cette année-là, 5 000 œuvres avaient été soumises au jury du Salon [académique, officiel], 3 000 œuvres avaient été refusées. Source : Musée d’Orsay, Courbet, le contexte artistique.

Entretien avec Catherine Meurisse dans BDzoom.com

L’avis du Figaro : « On n’avait pas autant ri avec les classiques de l’histoire de l’art depuis la Rubrique à Brac Gallery de Gotlib (éd. Dargaud 1997). »

L’avis de Libération : « Une occasion marrante de réviser sa culture artistique. »

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